Validé par la Métropole, le tramway du 4-Septembre franchit une nouvelle étape. Le projet de parking souterrain prévu au bout de la ligne est quant à lui revu à la baisse.
Ça y est. Le bureau de la Métropole Aix-Marseille-Provence a validé le 15 octobre dernier la déclaration de projet qui ouvre la voie à l’extension du tramway vers la place du 4-Septembre. « La prochaine étape maintenant, c’est la déclaration d’utilité publique par le préfet », nous confirme l’intercommunalité qui ne sait pas encore dans quel délai elle sera prononcée.
Pour l’heure, le calendrier que nous vous dévoilions à la fin de l’été est maintenu. Les travaux sur les réseaux doivent débuter en 2027, suivis de la réalisation des infrastructures en 2028 et 2029, avant une mise en service espérée courant 2030.
Si tout se passe bien, dans un peu plus de trois ans, les Marseillais devraient donc pouvoir se rendre aux Catalans depuis la Blancarde en empruntant la ligne T2. Elle bifurquera désormais de la rue de Rome pour rejoindre le cours Puget, le boulevard de la Corderie et l’avenue de la Corse sur 2,1 kilomètres. Quatre nouvelles stations sont prévues : place Estrangin, place de la Corderie, Saint-Victor et place du Quatre-Septembre.

Le coût de l’opération pourrait être « actualisé »
Si le coût de cette extension est toujours estimée à 75 millions d’euros hors taxe, le montant final pourrait être « actualisé », souligne la Métropole. L’institution peut en tout cas compter sur le concours de l’Etat qui contribue à hauteur de 19 millions dans le cadre du plan Marseille en grand.
Un argument qui a convaincu Benoît Payan de soutenir le projet, après s’y être longtemps opposé au motif qu’il souhaitait prioriser l’extension du réseau vers le nord de la ville. Dans une lettre adressée à la Métropole en juillet, le maire de Marseille notait qu’il s’agissait d’un « accompagnement financier majeur » et que ces fonds sanctuarisés n’étaient « pas transférables sur un autre projet ».
L’avis favorable émis par la commissaire enquêtrice, suite à l’enquête publique qui a mobilisé plus de 3000 citoyens, semble avoir également pesé dans la réflexion de l’édile.
100 places en moins pour le futur parking souterrain
Dans sa délibération, la Métropole répond point par point à la signataire du rapport d’enquête, qui avait assorti ses conclusions d’une réserve et de quelques recommandations. La réserve concernait la réalisation en bout de ligne du parking Dessemond de 220 places. Elle enjoignait le maître d’ouvrage à « démontrer [son] utilité ».
Après avoir réalisé une étude complémentaire, l’intercommunalité estime que cette infrastructure souterraine « conserve un fort intérêt, au regard de sa localisation stratégique dans un secteur dépourvu de parking public » mais aussi de « son engagement pris de restituer l’ensemble des places de stationnement impactées par le projet ».
Elle propose cependant de réduire de moitié la capacité du futur équipement. Pour compenser, 100 places supplémentaires doivent être réservées aux résidents au sein du parking Estienne d’Orves.
Trois points de vigilance
La commissaire enquêtrice a également émis des points de vigilance concernant la végétation, l’utilisation des pavés sur les voies de circulation et l’information du public. Dans sa réponse, la Métropole s’engage à privilégier des essences végétales adaptées au climat méditerranéen, tout en protégeant les platanes existants lors des travaux. Les plantations feront l’objet d’un suivi pendant cinq ans.
L’intercommunalité rappelle par ailleurs que « le recours ponctuel à des revêtements pavés répond aux prescriptions formulées par l’Architecte des Bâtiments de France, compte tenu des enjeux d’insertion patrimoniale ». Elle assure toutefois que leur utilisation restera limitée et tiendra compte des nuisances sonores et vibratoires.
Enfin, concernant le dispositif d’information mis en place durant le chantier, la Métropole promet des réunions, des communications régulières et la présence d’un médiateur. « Une attention particulière sera portée aux commerçants, aux établissements de santé et aux établissements scolaires », promet l’intercomunalité.
Les opposants ne désarment pas
Ces clarifications n’ont pas permis de dissiper les inquiétudes du collectif « Un tramway nommé délire » dont les membres s’opposent toujours à la concrétisation du projet, préférant la mise en place d’un bus à haut niveau de service. La perte de places de stationnement, la modification de la trame circulatoire et les trois années de travaux annoncés constituent les principaux points de friction.
« Nous organisons une manifestation le 6 novembre à 17h30 à l’angle de l’avenue de la Corse et de la rampe Saint-Maurice, fait savoir Peggy Delhomme qui a pris la tête du collectif. Nous démontrerons comment la circulation se fera si ce projet ubuesque venait à se réaliser ».
La présidente du collectif indique avoir missionné un avocat pour « faire un recours contentieux administratif ». Elle conteste notamment « les délibérations relatives aux marchés et travaux préparatoires qui ont été votées avant que le projet ne soit acté officiellement ». Pour financer cette action en justice, le groupe de riverains envisage la mise en place d’une cagnotte en ligne. Si le projet est aujourd’hui acté par les institutions, la fronde d’une partie des habitants ne semble pas prête de retomber.