Reprise en 2013 par le groupe familial Prodef, la Savonnerie du Midi fabrique les savons de la marque La Corvette. L’entreprise marseillaise s’apprête à accueillir le siège national du groupe et à lancer une gamme dédiée à l’hôtellerie.
Aux Aygalades, dans le 15e arrondissement, 700 tonnes de savon de Marseille sont produites chaque année. Sur ce site historique, la Savonnerie du Midi fabrique le traditionnel savon labellisé, cuit au chaudron, et des savons parfumés bio.
Fondée en 1894, l’entité figure parmi les derniers établissements à perpétuer la fabrication du savon de Marseille sur la commune et selon la recette traditionnelle. Sa maison-mère – le groupe Prodef – entend consolider son ancrage dans la ville au point de transférer son siège national de Paris à Marseille, en novembre prochain. « Il est primordial d’avoir un siège au plus proche des activités industrielles », confie Guillaume Fievet, président du groupe Prodef (Produits d’Entretien Français).
Un ancrage marseillais avec un rayonnement international
Si le transfert du siège de Prodef renforce son implantation dans Marseille, l’activité de La Corvette s’étend bien au-delà du territoire local. La marque dispose de deux points de vente physiques dans la ville : la boutique-musée de la Savonnerie du Midi aux Aygalades et une seconde située au bord du Vieux-Port, place aux Huiles (1er).
Elle est également commercialisée dans les magasins bio, les pharmacies et les jardineries spécialisées. Mais la région Provence-Alpes-Côte d’Azur représente seulement entre 5 et 7 % de son chiffre d’affaires. En réalité, La Corvette s’appuie sur une distribution à l’échelle nationale et exporte à l’international environ 20 % de ses ventes, notamment en Europe via Amazon et en Asie grâce à son réseau de distributeurs traditionnels.
Au premier semestre 2026, son chiffre d’affaires a progressé de 7 % par rapport à la même période en 2025, soit 800 000 euros supplémentaires. Après un exercice annuel autour de 9 millions d’euros, l’entreprise viserait 9,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026.
Le commerce en ligne contribue à cette progression. Lancé il y a près de dix ans, le site marchand de La Corvette complète les ventes réalisées sur Amazon. Ces canaux représentent désormais 10 % du chiffre d’affaires de la Savonnerie. « Pour une PME comme la nôtre, se développer dans l’e-commerce nous a demandé de faire preuve d’agilité », soulève Guillaume Fievet.
Une nouvelle gamme hôtellerie en janvier 2027
Pour poursuivre sa croissance, La Corvette prépare une nouvelle gamme destinée au secteur de l’hôtellerie. Quatre produits liquides sont actuellement en cours de fabrication au sein de l’unité industrielle de Dijon : un soin douche, un shampoing, une crème pour les mains et un produit trois-en-un. Leur formulation affiche 95 % d’ingrédients d’origine naturelle.
La marque cible en priorité les hôtels indépendants et les maisons d’hôtes, notamment ceux qui souhaitent valoriser une offre plus naturelle. « Nous ne cherchons pas à conquérir les grandes chaînes internationales, même si ses produits ont déjà été proposés ponctuellement dans certains établissements marseillais », décrit Guillaume Fievet.
« L’objectif est de proposer une offre premium sans se positionner sur le luxe. Répondre aux attentes d’établissements attentifs à la composition des produits et à la réduction des emballages individuels », précise-t-il.
Présentée en novembre 2026 lors du salon professionnel national Equip Hotel, la gamme doit être commercialisée à partir de janvier 2027. À l’horizon de trois ans, l’entreprise espère que cette activité représentera entre 5 et 10 % de son chiffre d’affaires.
La hausse des matières premières pèse sur les coûts
Cette diversification intervient dans un contexte de hausse du coût des matières premières. Entre mars et juillet 2026, le prix des huiles végétales, qui entrent dans la composition des savons de La Corvette, a augmenté de 20 à 25 %.
Cette hausse pèse directement sur les coûts de production. Selon les références, le prix de revient des produits concernés a progressé d’environ 7 % en un an.