Les élections sénatoriales ont livré leur verdict ce dimanche 27 septembre dans les Bouches-du-Rhône. La gauche décroche trois sièges et l’extrême droite envoie deux nouveaux élus au Palais du Luxembourg. La droite divisée en deux listes réussit à décrocher trois sièges. Le président de la Région Sud, Renaud Muselier est désormais sénateur.

Le scrutin des élections sénatoriales 2026 s’est déroulé ce dimanche 27 septembre. Pour élire les huit nouveaux sénateurs des Bouches-du-Rhône, près de 3 659 « grands électeurs » du département, représentant principalement les conseils municipaux, sont allés voter. Soit un taux de participation de 99,5%.

Les résultats définitifs :

  • La liste de l’union de gauche récolte 1008 voix soit 27,78 % des suffrages exprimés, ce qui lui permet de conserver ses trois sièges : Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (Les Écologistes)
  • La liste d’extrême droite décroche 685 voix soit 18,88% des suffrages exprimés avec deux sénateurs : Marie-Pierre Callet (RN) et Fabien Bravi (RN)
  • La liste divers droite et centre fait 581 voix soit 16,01% des suffrages exprimés et décroche deux
    sièges : Brigitte Devesa (UDI) et Renaud Muselier (Renaissance)
  • La liste de droite menée par Valérie Boyer (LR) récolte 395 voix soit 10% des suffrages exprimés soit un seul siège

Renaud Muselier réussit son pari sur le fil et décroche un siège de sénateur. Il va donc devoir quitter ses fonctions de président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. En tant que premier vice-président de la collectivité, Christian Estrosi devrait assurer l’intérim et aura la tâche d’organiser l’élection du nouveau président prévue mi-octobre. François de Canson est le candidat déclaré à la succession de Renaud Muselier;

Les sénateurs sortants

À droite : Valérie Boyer (LR), Stéphane Le Rudulier (LR), Brigitte Devesa (UDI)

À gauche : Guy Benarroche (Les Écologistes), Mireille Jouve (Le 13 en tête), Marie-Arlette Carlotti (Parti socialiste), Jérémy Bacchi (Parti communiste français)

À l’extrême droite : Stéphane Ravier (ex RN et Reconquête)

À gauche, les trois sortants réélus

La liste d’union de gauche présentait à sa tête trois sénateurs sortants : le communiste Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (Les Écologistes). Tous les trois ont été réélus sans grande surprise.

En effet, cette liste semblait partir avec les faveur des grands électeurs de gauche du département, dont près de 800 voix issues du Printemps marseillais.

Sénatoriales, Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : Muselier élu avec Devesa, trois sièges pour la gauche, deux pour le RN, Made in Marseille

« Le rassemblement de la gauche a gagné cette élection sénatoriale ce soir », insiste Benoît Payan. Arrivée en tête dans les Bouches-du-Rhône, la liste laisse néanmoins échapper un quatrième siège à quelques voix près.

Pour le maire de Marseille, les divisions à gauche en sont responsables. « Si certains n’avaient pas joué les apprentis sorciers à gauche, on en aurait quatre », regrette-t-il, en visant Jean-David Ciot et LFI.

Jérémy Bacchi retient lui aussi la progression par rapport à 2020, malgré les divisions. Il revendique une victoire « en sièges et en voix » et voit dans la gauche le « meilleur rempart contre l’extrême droite ». Il appelle désormais à reconstruire dans le département et à parler à tous pour alerter sur ce « danger réel ».

Au centre-droit, derrière Brigitte Devesa, Renaud Muselier file au Sénat

À la suite de l’échec de la droite et du centre à Marseille, Renaud Muselier (Renaissance), puissant président de la Région Sud, avait annoncé à la surprise de tous vouloir quitter la tête de la collectivité pour rejoindre le Sénat. Il a toutefois dû se résoudre à accepter la seconde place sur la liste d’union de centre-droit menée par l’aixoise Brigitte Devesa (UDI), et soutenue par Renaissance et Les Républicains avec l’appui du président du Sénat, Gérard Larcher (LR).

L’essai est transformé de justesse pour Renaud Muselier, qui accède donc à la chambre haute du Parlement français, après une carrière politique qui sera passée par la municipalité marseillaise, l’Assemblée nationale, le conseil régional, le Parlement européen ou encore le ministère des Affaires étrangères.

« Chacun veut s’attribuer la victoire dans cette élection sénatoriale. Les chiffres, eux, parlent d’eux-mêmes.
Nous avions trois sièges. Nous en conservons trois, malgré la division. La gauche, divisée elle aussi, passe de quatre à trois sièges. Le siège perdu revient au Rassemblement national. Le total de nos voix est clair : unis, nous remportions ce quatrième siège (…) La droite et le centre gagnent quand ils sont rassemblés : c’est la leçon de toutes les élections, et ce soir encore ! » a réagi Renaud Muselier.

Valérie Boyer réélue

La sénatrice sortante Valérie Boyer (LR) avait fait le choix de se présenter en tête sur sa propre liste, soutenue par Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains et candidat déclaré pour l’élection présidentielle. Elle avait refusé la proposition de rejoindre les rangs du rassemblement de centre-droit en troisième position.

Un choix payant. Elle est parvenue à convaincre assez des grands électeurs pour garder son siège au Sénat. L’autre candidat encarté chez Les Républicains, le maire de Gardanne Hervé Granier, ne parvient pas à accéder au palais du Luxembourg.

« J’aurais aimé qu’on soit plus nombreux », reconnaît Valérie Boyer ce soir. Elle défend néanmoins une campagne menée sur ses « valeurs et convictions », loin des accords entre partis, rappelant au passage le soutien de Bruno Retailleau et de David Lisnard, « sans compromission avec le parti macroniste ».

Sénatoriales, Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : Muselier élu avec Devesa, trois sièges pour la gauche, deux pour le RN, Made in Marseille

Marie-Pierre Callet (RN) remporte la bataille à l’extrême droite face à Stéphane Ravier

La bataille était ouverte à l’extrême droite avec deux listes. Candidat malgré l’absence de soutien des grands partis après avoir claqué la porte du RN et de Reconquête, le sénateur sortant Stéphane Ravier, figure historique de l’extrême droite à Marseille, espérait garder son siège.

Mais c’est la candidature de Marie-Pierre Callet (RN) qui a eu la faveur des voix d’extrême droite. Sa liste était soutenue par le Rassemblement national et l’UDR (Union des droites pour la République), le parti d’Éric Ciotti. Derrière elle, Fabien Bravi (RN), réussit également à décrocher un siège au sénat.

Avec deux sénateurs élus, Franck Allisio, le patron de l’extrême droite locale, savoure une « victoire historique » pour le RN et une « grande victoire pour Marine Le Pen ». Il remercie les élus locaux pour leur confiance et présente ce résultat comme une première étape vers la présidentielle. Il affirme aussi avoir obtenu confirmation de la constitution d’un groupe RN au Sénat.

Même son de cloche chez les deux nouveaux sénateurs. Marie-Pierre Callet salue une « victoire collective » et un « signal fort des grands électeurs pour 2027 ». Jérémy Bravi se projette également vers la prochaine échéance : « On a réussi ce dernier défi avant la présidentielle ».

Sénatoriales, Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : Muselier élu avec Devesa, trois sièges pour la gauche, deux pour le RN, Made in Marseille

Bouton retour en haut de la page