Après un premier data center ouvert à Marseille en 2025, Phocea DC accélère son développement. L’opérateur local annonce une nouvelle levée de fonds et plus de 120 millions d’euros d’investissements pour déployer son réseau de data centers urbains.
Un an et demi après l’ouverture de son premier data center dans le 3e arrondissement de Marseille, le jeune opérateur local, Phocea DC, annonce une deuxième levée de fonds auprès du fonds d’infrastructure paneuropéen Marguerite (soutenu par l’UE) et un plan d’investissement de plus de 120 millions d’euros.
Fondée en 2023 par le Marseillais Damien Desanti, l’entreprise avait levé 5 millions d’euros auprès de Reflexion Capital pour financer l’ouverture de son premier data center à Marseille, inauguré en janvier 2025. Son site de 1 700 m2, a été installé dans un ancien entrepôt logistique près du boulevard National. À l’époque, ce centre de données était le septième de Marseille, après les cinq sites de Digital Realty (ex-Interxion) et celui de FreePro à l’Estaque.
Un maillage de petits data centers urbains
Phocea DC indique que son nouveau financement doit permettre de déployer un réseau de data centers « Edge » répartis dans Marseille, avec un deuxième site déjà en cours de développement. En plus de cibler les entreprises, collectivités et établissements de santé du territoire, Phocea DC entend miser sur plusieurs data centers urbains implantés au cœur de la ville.
Ce réseau de centres de données atteindrait une consommation totale estimée autour de 12 mégawatts (MW). « Il faut des campus hyperscale [de grande taille], personne ne le conteste, mais il faut aussi des data centers urbains », défend Damien Desanti, dans le communiqué de presse.
L’entreprise mise notamment sur « la réhabilitation de bâtiments industriels existants plutôt que l’artificialisation de nouveaux terrains, ainsi que sur un refroidissement sans consommation d’eau. Ses futurs sites doivent fonctionner avec une énergie a minima décarbonée et, autant que possible, renouvelable », précise-t-elle. Phocea DC prévoit également de valoriser la chaleur produite par ses serveurs en alimentant des réseaux de chaleur à proximité.
La multiplication des centres de données pose question sur le territoire
Ces arguments mis en avant par le groupe ne sont pas anodins. En effet, les débats font rage concernant l’impact foncier, environnemental et énergétique des data centers. D’autant plus à Marseille où ils poussent comme des champignons. La ville est devenue une zone d’implantation stratégique grâce aux 16 câbles de données qui arrivent par la mer en provenance de toute la planète, faisant du territoire le 6e hub numérique mondial.
Aux alentours du port de commerce, dans les quartiers Nord, des habitants, associations et personnalités politiques demandent un débat public sur la question et un moratoire sur les nouveaux projets.
Fin juin 2025, la métropole Aix-Marseille-Provence a adopté des « orientations stratégiques territoriales pour l’accueil des data centers ». La collectivité souligne qu’« il est nécessaire d’identifier et d’encadrer ces impacts environnementaux et énergétiques » de ces infrastructures. Le document prévoit également d’encadrer et d’accompagner les implantations en tenant compte de leurs impacts sur le foncier.
Dans les Bouches-du-Rhône, Digital Realty, se prépare à mettre en service son cinquième data center à Marseille, et se projette sur un sixième à Bouc-Bel-Air : le futur campus MRS6. Le permis de construire, obtenu en mars 2026, prévoit 26 000 m² dédiés notamment aux besoins croissants liés à l’intelligence artificielle.
