Après un été 2026 marqué par une sécheresse exceptionnelle, l’automne ouvre une période particulièrement sensible aux pluies intenses sur le pourtour méditerranéen. À Marseille, deux ministres lancent une nouvelle campagne de prévention face au risque d’inondation.

Avec ses 53 jours de vagues de chaleur cumulés, l’été 2026 a atteint un niveau national de sécheresse jamais enregistré par Météo France depuis 1900. Un record du réchauffement climatique alors que s’ouvre désormais une autre période à risque en Provence, celle des épisodes méditerranéens.

De septembre à la mi-décembre, de l’air chaud et humide remontant de la Méditerranée peut rencontrer de l’air froid en altitude et provoquer des orages particulièrement violents, parfois stationnaires. Plus de 200 millimètres d’eau peuvent alors tomber en une seule journée, soit 200 litres par m2. Lors des épisodes les plus intenses, plus de 100 mm peuvent même s’abattre en seulement une ou deux heures.

Dans ce contexte, Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, et Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, lancent ce vendredi à Marseille de nouveaux moyens pour prévenir ces risques méditerranéens.

inondation, Deux ministres à Marseille pour présenter la stratégie de l’État face aux risques d’inondation, Made in Marseille
Le Vieux-Port inondé en octobre 2024

À Marseille, le risque du ruissellement urbain

Dans une ville dense et largement imperméabilisée comme Marseille, ces quantités d’eau peuvent rapidement poser problème. Routes, trottoirs, parkings et bâtiments limitent l’infiltration de l’eau dans le sol et augmentent le ruissellement.

Le risque marseillais ne se limite d’ailleurs pas au débordement de l’Huveaune. La Ville identifie trois principales menaces : les crues torrentielles de l’Huveaune et de cours d’eau comme le Jarret ou le ruisseau des Aygalades, le ruissellement urbain lors de pluies intenses, particulièrement dans le centre-ville, et la submersion marine sur le littoral.

Lors d’un épisode violent, l’eau peut ainsi dévaler rapidement les rues en pente avant de s’accumuler dans les points bas, les tunnels ou les parkings souterrains. Un phénomène régulièrement observé à Marseille lors de fortes précipitations.

Plus largement, plus de 9 millions d’habitants sont exposés aux phénomènes méditerranéens intenses sur le pourtour méditerranéen. Entre 1995 et 2022, trois communes sur quatre de cette zone ont connu au moins un sinistre lié aux inondations indemnisé au titre du régime des catastrophes naturelles.

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Fréquence d’apparition d’épisodes pluvieux de plus de 150 mm en une journée sur la période 1976-2025. Source : Météo-France (Edition de juillet 2026)

Deux ministres lancent la campagne depuis Marseille

Face à ces risques, Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, et Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, ont choisi Marseille pour lancer, ce vendredi 11 septembre, la nouvelle campagne nationale de prévention

Les deux ministres se sont notamment rendus au Centre zonal opérationnel de crise (CeZOC), dans le 10e arrondissement. La campagne est déployée jusqu’à fin novembre dans 15 départements particulièrement exposés, dont les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et les Alpes-Maritimes.

Une carte de vigilance plus précise

L’une des principales nouveautés intervient du côté de Météo-France qui lance une carte de vigilance infra-départementale permettant de mieux localiser les zones à risque. Elle repose sur quatre paramètres (vent, orages, inondations et verglas).

L’objectif est notamment d’éviter qu’une vigilance concernant une partie seulement des Bouches-du-Rhône soit interprétée de la même manière dans l’ensemble du département. Cette précision supplémentaire doit permettre de mieux identifier les territoires réellement concernés par un phénomène dangereux, même si une incertitude demeure pour les événements très localisés.

Déployée jusqu’à fin novembre dans 15 départements dont les Bouches-du-Rhône, la campagne de prévention mise sur une diffusion multicanale. Elle passera notamment par des spots vidéo et audio sur les plateformes à forte audience, et un site dédié.

« On parle beaucoup des gestes mais peu des réflexes qui sauvent », insiste Jean-Didier Berger, citant l’exemple de ne pas aller chercher ses enfants à l’école ou de se réfugier en hauteur plutôt que dans une cave, en cas de crue.

Les actions de sensibilisation doivent se poursuivre cet automne avec comme temps fort la Journée nationale de la résilience, organisée le 13 octobre, en écho à la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes de l’ONU.

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