Le Cri du Peuple fusionne plusieurs associations implantées dans le quartier de la Belle de Mai. L’objectif est d’abandonner leurs locations éparses pour acheter un grand espace accessible à tous.
Le collectif Le Cri du Peuple a lancé fin juin une campagne de financement participatif pour acquérir un bâtiment dans le 3e arrondissement de Marseille. Les associations porteuses du projet interviennent auprès des habitants du quartier.
Réunies sous le même toit, elles souhaitent développer un lieu partagé consacré aux permanences, formations et actions collectives.
À ce jour, la cagnotte a permis de récolter plus de 16 000 euros sur les 100 000 euros recherchés, complétant les 270 000 euros de prêts solidaires. Ce financement doit permettre au Cri du Peuple d’acheter un local d’environ 300 à 500 m2.
Un lieu commun pour plusieurs associations
Créée officiellement en avril dernier, l’association Le Cri du Peuple regroupe trois structures. CHO3 milite contre les injustices sociales des habitants. Mot à Mot enseigne le français aux allophones. Et le collectif Sensé organise des permanences pour l’accès aux différents droits des personnes étrangères.
Les Compagnons Bâtisseurs Provence et The Noble participent également au projet, seulement en tant que partenaires. Tous occupent actuellement des locaux distincts ou réquisitionnent ponctuellement des salles mises à disposition.
« Certaines actions sont compliquées à mettre en place dans notre local actuel, notamment pour les personnes en fauteuil roulant ou les familles avec de jeunes enfants. Avec un lieu commun, on pourrait accueillir davantage de monde et créer de nouvelles activités », explique Wafa, coordinatrice du CHO3.
Pourquoi acheter plutôt que louer ?
Les porteurs de cette initiative expliquent avoir étudié plusieurs options avant de privilégier l’acquisition d’un espace. Selon eux, devenir propriétaire pérenniserait leurs activités sans dépendre du renouvellement d’une convention d’occupation ou d’un bail.
« Face à la gentrification du 3e arrondissement, on souhaite devenir autonomes. Car si on continue de louer, le propriétaire peut toujours décider de le reprendre. Acheter, c’est donc sécuriser notre projet sur le long terme », résume Alexine, responsable administrative et financière du CHO3.
Plusieurs autres biens immobiliers repérés ces derniers mois ont finalement été vendus à d’autres acquéreurs. La prospection se poursuit donc, même si les offres correspondant à leurs critères restent très rares. « Des bâtiments vides, il y en a beaucoup. Mais des bâtiments à vendre, il y en a très peu », constate Wafa.
Une campagne de financement toujours ouverte
La foncière solidaire Antidote accompagne la démarche, assurant le portage juridique de la collecte. Si la cagnotte n’atteint pas ses objectifs estivaux, une nouvelle campagne de financement devrait être relancée à l’automne, en parallèle des recherches immobilières.
Malgré une superficie correspondant à leurs besoins, Le Cri du Peuple indique à notre rédaction ne pas envisager une candidature à l’appel à manifestation d’intérêt que la Ville prévoit de lancer pour l’occupation du Couvent Levat à partir de 2027.
