Dans les Bouches-du-Rhône, où l’activité industrielle est importante, la prévention des risques professionnels passe aussi par la biologie. À Marseille, Inovie analyse le sang et les urines des salariés pour détecter des expositions à des substances chimiques avant qu’elles ne présentent un risque pour leur santé.

Dans le 14e arrondissement de Marseille, à proximité de l’Après M, le siège d’Inovie Labosud Provence (groupe Inovie) concentre une importante partie des activités d’analyse du réseau. 7 jours sur 7, de 7 heures à 23 heures, son plateau technique analyse les échantillons envoyés par les 700 laboratoires d’analyses du groupe.

Si les biologistes, techniciens et ingénieurs traitent différentes analyses biologiques, dont la plus courante est le bilan sanguin, vingt personnes travaillent sur un domaine moins connu du grand public : la surveillance biologique des expositions professionnelles.

Portuaire, pétrochimie… Quels sont les secteurs visés ?

Tout peut commencer par une simple visite auprès du médecin du travail. Le salarié ne ressent pas forcément de symptômes, mais son poste ou les produits manipulés peuvent justifier une analyse.

Dans les Bouches-du-Rhône, territoire marqué par une forte activité industrielle, notamment autour du Grand port maritime de Marseille (GPMM), de Gardanne et de l’étang de Berre, les équipes de biologie d’Inovie Labosud Provence travaillent directement avec les médecines du travail des entreprises pour rechercher, chez certains salariés exposés, les traces de substances chimiques susceptibles d’avoir pénétré dans l’organisme. C’est ce que l’on appelle la surveillance biologique des expositions professionnelles.

Dans les secteurs portuaire, pétrochimique, métallurgique, de la maintenance ou encore de la réparation navale, certains métiers peuvent exposer à des fumées, poussières, vapeurs ou métaux sans que ces contacts soient immédiatement perceptibles. Soudeurs, chaudronniers, peintres industriel ou agents de réparation navale peuvent ainsi être concernés.

Mais l’exposition ne dépend pas uniquement du métier exercé. « Tous les salariés d’un secteur industriel ne sont pas exposés : ce sont les tâches, les procédés et les conditions de travail qui déterminent le niveau de risque. Et deux salariés exerçant le même métier peuvent présenter des niveaux d’exposition très différents selon le procédé utilisé, la durée d’intervention, la ventilation, les protections collectives, les équipements de protection individuelle et les gestes de travail », précise Jenny Becam, médecin biologiste au laboratoire Inovie de Marseille.

Une expertise développée localement

« La surveillance biologique ne vise pas à inquiéter, mais à objectiver une exposition pour mieux prévenir. Grâce à la surveillance biologique, les biologistes recherchent dans le sang ou les urines des marqueurs témoignant du passage de certaines substances dans le corps », explique Jenny Becam, médecin biologiste au laboratoire Inovie de Marseille.

Selon les activités concernées, les analyses peuvent rechercher différentes substances. Des métaux comme le plomb ou le cadmium, mais aussi des solvants comme le benzène, le toluène, les xylènes ou le styrène.

Le laboratoire s’appuie notamment sur une technologie spécialisée, l’ICP-MS. Cette machine permet de détecter des quantités infimes de métaux dans le sang ou les urines et d’analyser 360 échantillons dans la journée.

Marseille, À Marseille, un laboratoire aide à prévenir les risques liés aux métiers industriels, Made in Marseille

Plusieurs fois par an, les médecines du travail demandent aux entreprises de revoir les mesures de prévention. Dernièrement, un salarié dont le métier est exposé à des produits chimiques a changé de combinaison de travail, prend en exemple Jenny Becam.

Un cas de figure qui peut également se présenter pour les réparateurs navals ou encore les agents de maintenance industrielle.

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