Alors que la Métropole Aix-Marseille-Provence traverse une crise budgétaire et institutionnelle inédite, le gouvernement lance une mission spéciale « d’analyse et de prospective ».
La Métropole Aix-Marseille-Provence n’a toujours pas de budget voté pour 2026. Une situation inédite, avec un déficit de 144 millions d’euros, qui a vu la chambre régionale des comptes et le préfet prendre la main sur le budget de l’intercommunalité. Avant le vote de ce dernier, attendu autour du 10 septembre, une guerre froide est en cours entre les 92 communes pour savoir où les économies seront faites.
Mais peu importe comment les élus décideront d’équilibrer les finances pour l’exercice 2026, la situation témoigne d’une crise plus profonde, financière et institutionnelle, qu’il faudra résoudre sur les moyen et long terme. Dans ce sens, le gouvernement lance « une mission d’analyse et de prospective sur la Métropole Aix-Marseille-Provence ».
Une mission confiée à « deux personnalités indépendantes » : l’ancien ministre (budget et transports) Dominique Bussereau et le président du Comité des finances locales, Jean-François Debat. Leurs travaux et investigations doivent débuter « fin septembre ». Soit après le vote du budget métropolitain 2026. Les propositions seront remises au gouvernement « en fin d’année », indique le ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.
Les attributions de compensation dans le viseur
« Cette mission a pour objet d’évaluer sa situation et de formuler des propositions quant à son devenir », pose clairement le ministère. Cet audit devrait questionner le fonctionnement de la Métropole tous azimuts : « son organisation institutionnelle, sa gouvernance, la répartition des compétences, les relations entre la Métropole et les communes qui la composent, les mécanismes financiers… »
Le ministère ne manque pas de pointer l’éléphant dans la pièce : les attributions de compensation, au cœur des négociations en cours entre les maires pour le budget 2026.
Elles représentent près de 640 millions d’euros que la Métropole redistribue aux communes. Mais leur justification est aujourd’hui peu compréhensible pour la CRC comme pour le préfet qui estiment que « 178 M€ sont indus ».
« Renforcer l’efficacité de l’action publique »
La mission gouvernementale devra émettre des propositions afin de « garantir un équilibre équitable entre les collectivités du territoire et consolider une gouvernance locale stable et apaisée », insiste le ministère.
Ce dernier n’évoque pas, pour l’heure, l’hypothèse d’un redécoupage territorial de la Métropole. Pour rappel, son périmètre équivaut presque à l’ensemble des Bouches-du-Rhône, et déborde dans le Var et le Vaucluse.
Le gouvernement espère que l’issue de ces travaux permettra « à la Métropole d’exercer pleinement ses compétences. Notamment en matière de mobilités, de transition écologique et de développement économique, au service de la qualité de vie des habitants et de la cohésion territoriale ». Il s’agit de « renforcer l’efficacité de l’action publique », qu’il juge, en creux, déficiente.
Sollicitée, la Métropole Aix-Marseille-Provence n’a pas pu nous répondre dans les délais impartis à la publication de cet article.

