Lancée à la rentrée 2024 dans deux collèges des Bouches-du-Rhône, l’expérimentation de la tenue unique s’arrête après deux années. Le Département explique cette décision par le retrait du financement de l’État et l’augmentation du coût du dispositif.
Tee-shirts, polos ou sweats floqués au nom de l’établissement… Depuis la rentrée 2024, les élèves de deux collèges, Château-Forbin à Marseille (11e) et Mont-Sauvy à Orgon, devaient enfiler une tenue unique chaque matin.
Inscrite dans le règlement intérieur des établissements, cette expérimentation lancée par Gabriel Attal, ex-ministre de l’Éducation nationale, devait s’étendre sur deux années scolaires. Mais après deux années de test, le Département a annoncé le 25 juin à nos confrères de La Provence, ne pas reconduire la mesure à la rentrée prochaine.
Une décision confirmée à Made in Marseille par Béatrice Bonfillon-Chiavassa (DVC), conseillère départementale déléguée aux collèges. Selon l’élue, l’État a décidé, courant juin, de mettre fin à son soutien financier.
Un coût de 131 000 euros pour 760 élèves
L’expérimentation de la tenue unique reposait sur un cofinancement de l’État à hauteur de 50% du coût des trousseaux, soit douze pièces d’une valeur de 127 euros par élève. Le Département avait répondu à l’appel à projets en équipant ces deux collèges volontaires. Son enveloppe était de 210 000 euros par an pour ce dispositif.
Pour la majorité départementale emmenée par Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, cette mesure devait notamment permettre de limiter les différences visibles liées aux vêtements portés par les élèves dans les 137 collèges publics du territoire.
L’expérimentation devait initialement faire l’objet d’une évaluation avant une éventuelle généralisation à partir de 2026. « Durant l’année scolaire 2025-2026, la mesure a généré un coût pour le Département de 131 000 euros pour 760 élèves, ce qui incluait la dotation et le réassort durant l’année », souligne Béatrice Bonfillon-Chiavassa.
Le Département en incapacité de financer seul
Mais la collectivité n’est pas en mesure de supporter seule les coûts du dispositif. « Il y a également un facteur important à prendre en compte, c’est la hausse des prix du fournisseur [la Quincaillerie aixoise, Ndlr] qui avait été désigné sur le marché », tient à souligner Béatrice Bonfillon-Chiavassa.
Au-delà de ces facteurs, le Département ne pouvait pas imposer la poursuite de l’expérimentation à un collège. Chaque établissement devait se prononcer via son conseil d’administration, finalement l’organe décisionnel de l’établissement.
« Le 30 mars, le collège Château-Forbin à Marseille a voté l’arrêt de l’expérimentation lors de son conseil d’administration. Sur le plan pédagogique, la mesure avait été très bien accueillie par les élèves et leurs parents, bien que tous ne respectaient pas le port de la tenue unique. Ça devenait une charge de travail supplémentaire pour les assistants d’éducation, en charge de vérifier le port de la tenue à l’entrée de l’établissement, sous la responsabilité du CPE et/ou du chef d’établissement », rapporte Béatrice Bonfillon-Chiavassa.
À l’inverse, le collège Mont-Sauvy à Orgon a voté pour, mais la poursuite de l’expérimentation reste conditionnée à l’existence du financement. Le Département doit désormais rédiger et transmettre son bilan au ministère de l’Éducation nationale. Mais la collectivité reste ouverte à une éventuelle poursuite du dispositif si les conditions financières sont réunies.