François de Canson est pressenti pour succéder à Renaud Muselier à la tête de la Région Sud. Le vice-président au tourisme met en avant sa connaissance de l’institution, son esprit rassembleur et son bilan pour le tourisme.
Évidemment, pour l’heure, François de Canson reste prudent. « Le président reste maître du calendrier », nous répond-il lorsque l’on évoque son nom pour succéder à Renaud Muselier à la tête de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’actuel président a annoncé vouloir quitter son poste pour rejoindre les bancs du Sénat lors des élections de septembre.
Et il ne fait de secret autour de celui qu’il espère voir prendre son fauteuil : le vice-président au tourisme François de Canson. En espérant que les conseillers régionaux valident ce choix le moment venu. Pour l’heure, le potentiel héritier assure qu’il s’en réfèrera au « choix de [ses] collègues. S’ils sont d’accord, je ne me déroberai pas ».
Et s’il fallait défendre sa candidature, il rappelle son « expérience des grands dossiers de la Région », dont il est 3e vice-président délégué aux risques majeurs et au tourisme, enjeu économique central du territoire. « On ne gère pas cette institution au doigt mouillé. Je connais ses enjeux, ses contraintes, les attentes des habitants du territoire que je sillonne de long en large ».
Et alors que le nom de David Gehant, vice-président et maire LR de Forcalquier circule également comme potentiel candidat, François de Canson rappelle que « c’est la démocratie. Et à un moment, il faut trancher ». En insistant sur un enjeu majeur : « maintenir l’unité dans la majorité ».
« Le passage de relais pousse la majorité à se préparer pour 2028 »
« Je suis dans l’hémicycle depuis 10 ans. Je n’ai cessé de rassembler, dans un esprit collectif », estime François de Canson. Et s’il en devient le président, « je serai bien évidemment dans l’action continue de Renaud Muselier, sans être dans l’immobilisme. Chacun sa personnalité », affirme le vice-président.
Mais l’éléphant dans la pièce reste l’élection régionale de 2028, alors que le Rassemblement national a le vent en poupe sur le territoire. « C’est vraiment tôt pour parler de cette échéance », nous recadre François de Canson. « Mais c’est une évidence, le passage de relais de Muselier pousse la majorité à se préparer pour 2028 ».
Et pour lui, « la logique est simple : rassemblés on gagne, divisés on perd. Un exemple en est la preuve : Toulon a résisté au RN », aux municipales. L’extrême droite dominait pourtant le premier tour, avant le retrait du sénateur LR Michel Bonnus (LR) ayant conduit à la victoire de Josée Massi, sans étiquette, classée divers droite.
« L’étanchéité est claire chez moi. J’ai eu le RN face à moi », aux dernières municipales qu’il a remporté à La Londe-les-Maures, dont il est maire depuis 18 ans. « Je représente la droite républicaine profondément ancrée dans les territoires ».
Un bilan à défendre sur le tourisme régional
Le vice-président ne manque pas non plus de mettre en avant son bilan à la tête du tourisme. « On a parcouru du chemin depuis 10 ans. Le chiffre d’affaires du tourisme est passé de 18 à 21 milliards d’euros ». Bons chiffres de l’hôtellerie, hausse de la clientèle internationale, fréquentation globale en augmentation de 11%… François de Canson égrène les indicateurs améliorés sous son mandat. Le budget de la Région alloué au tourisme est passé « de 15 à 31 millions ».
Notamment pour soutenir un tourisme « durable », avec une meilleure répartition des flux sur les quatre saisons, et la part de voyageurs empruntant le train, « passée de 4% à 14% ».
Et alors que l’on sort d’un hiver décrit comme « une saison de référence avec +2,2% de fréquentation dans les Alpes du Sud », par rapport à l’année précédente, le vice-président au tourisme se projette sur un été aussi prometteur.
« Le démarrage de la saison est très encourageant. Le taux d’occupation était autour de 70 à 95% le week-end pascal sur la Côte d’Azur. Pour le mois de mai, les réservations sont en hausse de 5% sur l’année dernière. Mais il faut rester vigilant aux impacts de la situation internationale », prévient-il. Notamment concernant les prix des carburants.
Un bilan positif de la saison estivale serait-il un atout de plus pour sa candidature à la présidence régionale qui s’annonce à la rentrée ?
