Élu ce lundi président de l’UPE 13, Jean-Christophe Amarantinis succède à Philippe Korcia à la tête du syndicat patronal. Il nous dévoile les priorités de son début de mandat dans un contexte difficile. Interview.
Ce lundi 18 mai au soir, l’assemblée permanente des chefs d’entreprises de l’UPE 13 a élu Jean-Christophe Amarantinis, seul candidat, pour prendre la présidence du syndicat patronal des Bouches-du-Rhône. Il succède à Philippe Korcia qui présidait l’Union pour les entreprises depuis près de sept ans.
Adhérent de l’UPE 13 depuis 35 ans, Jean-Christophe Amarantinis dirige l’entreprise familiale JCM Santé, spécialisée dans l’aide et les soins aux seniors. Il prend ses fonctions dans un contexte économique complexe et incertain, et un paysage politique local renouvelé suite aux municipales.
Quelles sont ses priorités et la feuille de route pour son début de mandat à la tête des chefs d’entreprises du territoire ? Interview.
Comment s’est déroulée votre élection à la tête de l’UPE 13 ?
Sans grande surprise, j’étais le seul candidat. Mais l’assemblée permanente de l’UPE 13 qui réunit les grands électeurs des adhérents, était très nombreuse. La passation avec Philipe Korcia était très émouvante, lui qui a prolongé son mandat de deux ans dans un contexte difficile et beaucoup œuvré pour le monde de l’entreprise.
Les adhérents se rassembleront en assemblée générale le 15 juin au parc Chanot, pour la passation avec le président sortant, qui présentera un rapport moral, et la présentation du nouveau président.
Dans quel contexte pour le monde de l’entreprise prenez-vous vos fonctions ?
Le contexte actuel, localement, est similaire au contexte national. L’ensemble des entreprises sont inquiètes. L’inflation généralisée, le contexte international, l’explosion des prix des carburants et des matières premières… Toutes les filières sont impactées. À cela s’ajoute une inquiétude sur l’évolution du SMIC prévue en juillet, avec des charges supplémentaires pour les entreprises.
Politiquement, l’instabilité est permanente. Localement aussi, la situation financière de la Métropole Aix-Marseille-Provence est alarmante, et fait craindre de nouvelles mesures fiscales, donc il y a un certain pessimisme des chefs d’entreprises. Je vais rencontrer rapidement le président de la Métropole pour éviter de pénaliser financièrement les entreprises. Quand on conjugue tout ça, combiné à la baisse du pouvoir d’achat, c’est inquiétant pour l’ensemble des filières.
Comment abordez-vous votre nouveau rôle dans ce contexte ?
Je suis courageux, optimiste et un gros travailleur. Je suis là pour trouver des solutions avec l’UPE 13. J’ai choisi Catherine Vales pour prendre la direction générale du syndicat et je compte beaucoup m’appuyer sur sa force. Elle a une grande expérience locale et est rompue à l’exercice économique comme politique. On a une très bonne équipe qui permet de se projeter au mieux sur le mandat et défendre les entreprises avec force.
Justement, quel sera le premier chantier de votre mandat ?
Le premier axe de travail, c’est d’améliorer le service rendu aux adhérents. Leur cotisation au syndicat est un investissement. Ils attendent un retour sur investissement. Pour améliorer l’efficacité de l’UPE 13, nous allons auditer tous les services pour déterminer lesquels sont efficaces, performants, et lesquels le sont moins, ou sont redondants. Et ceux qui manquent : nous n’avons pas encore pris pleinement le virage de l’IA et de la tech. Nous envisageons donc de restructurer l’organisation en fonction de l’audit pour que l’UPE 13 devienne plus lisible, performante et efficace pour les chefs d’entreprises que l’on accompagne.
J’envisage aussi de créer un nouveau service pour les petites entreprises, les nouveaux entrepreneurs, les indépendants pour élargir le spectre de nos adhérents, au-delà des grandes entreprises. Il s’agit aussi de toucher plus largement, se développer sur le territoire. Nous sommes par exemple peu représentés au nord et à l’ouest du département, où nous prévoyons d’être plus présents et actifs.
Quels sont les autres axes de développement de l’UPE 13 ?
Le deuxième enjeu concerne la visibilité du syndicat. Nous devons intensifier le lobbying, la communication, notre présence dans les médias. Organiser des portes ouvertes, mettre en lumière les filières, les partenaires. Pour montrer au grand public et aux médias ce que nos entreprises font de bien et d’innovant. Lancer tout un process d’influence.
Le troisième axe du mandat qui s’ouvre concerne la représentation féminine dans l’UPE 13. Les femmes sont trop peu représentées. Il y a déjà un signal fort avec l’assemblée permanente, où elles était 25% contre 4% lors du dernier mandat. Et la nomination d’une femme à la direction générale. La présence de cheffes d’entreprises doit participer à développer notre tissu et attirer encore des femmes cadres.
Le dernier axe concerne la jeunesse. Les jeunes d’aujourd’hui sont les élus et chefs d’entreprises de demain. Il faut leur donner plus de place, les accueillir et montrer en quoi le syndicat est essentiel pour un entrepreneur. La jeunesse, c’est aussi une réponse au sujet des Ressources humaines, en tension dans toutes les filières. C’est un vivier de talents, d’adhérents, et un pont avec les filières de formation.
Métropole, Ville de Marseille, quel est votre regard sur le paysage politique local suite aux municipales ?
Il m’appartient en tant que nouveau président de créer des ponts et de l’efficacité entre toutes les forces en présence, et d’expliquer ce que les entreprises apportent au territoire. Peut-être que nous n’avons pas été assez proches avec la mairie de Marseille jusqu’à présent, mais ce qui m’importe, c’est le futur. Je cherche toujours le dialogue et l’efficacité.
La semaine prochaine, je vais à la rencontre des élus, voir le responsable de l’économie, et présenter mon projet. Nous allons voir ce que l’on peut faire ensemble. Je suis persuadé que l’on va avancer main dans la main.
