La liste de Sébastien Delogu (LFI) aux municipales, Marseille fière et populaire, souhaite reprendre la main sur le plan Écoles en municipalisant la société publique. Pareil pour les cantines et le périscolaire.
Plus que 15 jours avant les élections municipales 2026 à Marseille. Dans cette dernière ligne droite de la campagne électorale, la liste du candidat LFI Sébastien Delogu a décidé de mettre l’accent sur la question des écoles. Une question politique brûlante dans la deuxième ville de France, alors que le Printemps marseillais a été élu en 2020 sur la promesse de s’attaquer à la « honte de la République ».
Six ans plus tard, « neuf dixièmes de la honte restent honteux », estime le professeur Axel Bruneau, neuvième sur la liste de Sébastien Delogu et artisan du programme de Marseille fière et populaire sur le volet éducatif. Et ce, malgré le lancement du Plan écoles à 1,5 milliard soutenu par l’État, l’ouverture de 27 nouvelles écoles depuis 2020, ou encore les nombreuses rénovations que défend la majorité municipale actuelle.
Manque de transparence, de concertation, d’ambition écologique, trop grande délégation au privé, erreurs de conception, lenteurs… Les critiques ne manquent pas. « Le plan écoles est globalement mal préparé, mal inséré dans le tissu urbain et mal planifié », résume Axel Bruneau.
Remunicipaliser la société publique des écoles de Marseille
Avant d’annoncer le programme, et pas des moindres : « lancer un nouveau Plan écoles, plus efficace ». Et mettre ainsi fin au plan actuel ? Pas totalement, veut rassurer le professeur. Il s’agit de poursuivre les vagues de chantiers déjà engagés. « À partir de la quatrième vague, on change de méthode et on accélère ».
Un changement de méthode qui passe par « la remunicipalisation de la société publique des écoles », détenue à 50% par l’État, en récupérant notamment les personnels, déjà formés et spécialisés. Pareil pour l’entretien et la maintenance, dont la délégation à la SPEM a fait débat. La liste insoumise souhaite aussi intégrer les comités de citoyens et de parents d’élèves dans la conception des projets et faire valider les étapes du plan par le conseil municipal.
Les objectifs concrets : faire plus que les 188 écoles prévues, « parfois plus petites, de proximité, avec un meilleur maillage territorial ». Dans la conception, il s’agit de « standardiser des équipements (stores, fenêtres, matériel) pour des réfections plus rapides ».
« Il convient aussi d’intégrer tous les impensés du premier plan » poursuit Axel Bruneau. Comme « intégrer un plan ombre et fraîcheur, piétonniser et végétaliser tous les abords des écoles, et les fermer à la circulation aux heures d’entrées et sorties », par exemple.
Des cantines gratuites avec des cuisines municipales
Les cantines scolaires font aussi partie des points noirs de la municipalité sortante, selon la liste insoumise. « Un des vrais renoncements, c’est question de la sortie de la Sodexo », estime l’actuel adjoint écologiste au maire, Sébastien Barles, parti sur la liste de Sébastien Delogu. Le Printemps marseillais a toutefois mis fin au monopole de Sodexo, en passant d’une délégation de service public à plusieurs marchés publics, et a changé le cahier des charges vers plus de bio et de local.
Mais le géant de la restauration collective reste encore aux manettes de la grande majorité des repas des écoliers marseillais. « On propose de sortir de la Sodexo et du surgelé, en remunicipalisant la production avec des petites cuisines par secteur. Afin de conserver une liaison chaude des repas », décrit Aurélien Bourneuf, candidat sur la liste Marseille fière et populaire et assistant parlementaire de Sébastien Delogu.
Vaste programme, qu’il souhaite déployer en créant des unités de production dans des chantiers du Plan écoles. Mais aussi en s’appuyant des centre sociaux, le MIN des Arnavaux ou des cuisines solidaires associatives pour produire des repas. Le tout en proposant la gratuité de la cantine à tous les écoliers, sans condition. « L’école est gratuite pour tous, la cantine aussi doit l’être. Cette mesure se chiffre à 18 millions d’euros par an », précise Aurélien Bourneuf.
On l’a compris, la liste Marseille fière et populaire mise sur la remunicipalisation pour améliorer la situation des écoles. Et ce, au-delà des cantines et du bâti scolaire. Elle promet également l’embauche d’Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) et d’animateurs pour un meilleur encadrement des enfants.