Huit sièges seront à pourvoir dans les Bouches-du-Rhône lors des élections sénatoriales cette année. Les partis politiques ont dévoilé leurs têtes de liste pour ce scrutin où chaque camp apparaît divisé.
Les élections sénatoriales auront lieu le 27 septembre prochain et les candidats sur la ligne de départ dans les Bouches-du-Rhône sont désormais connus à droite, comme à gauche.
Si se scrutin ne passionne généralement pas les Français, il pourrait susciter un regain d’intérêt cette année alors que l’échéance présidentielle de 2027 se rapproche et que les équilibres politiques continuent d’évoluer.
Huit postes à pourvoir dans les Bouches-du-Rhône
178 sièges sont remis en jeu sur les 348 sièges qui composent le Sénat. Élus pour six ans, les sénateurs en poste depuis 2020 repartent en campagne. Les Bouches-du-Rhône font partie des départements concernés par ce renouvellement, avec huit sièges à pourvoir, soit le plus gros contingent.
Mais contrairement à l’élection présidentielle, aux législatives ou aux municipales, les sénateurs ne vont pas être élus directement par les citoyens. Ils vont être désignés au suffrage universel indirect par environ 80 000 grands électeurs. Il s’agit principalement des conseillers municipaux, auxquels s’ajoutent les députés, les sénateurs, les conseillers départementaux, régionaux et métropolitains.
Le mode de scrutin varie selon le nombre de sièges à pourvoir dans chaque département. L’élection se déroule au scrutin majoritaire quand un ou deux sièges sont en jeu. À partir de trois, elle se fait à la représentation proportionnelle.
Bataille de listes dans chaque camp
À gauche, c’est le trio sortant, élu en 2020, qui retourne à la bataille, avec un mot d’ordre : « l’union ». On retrouve donc Jérémy Bacchi (PC), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (Les Ecologistes). Ils seront concurrencés par la liste divers gauche du maire du Puy-Sainte-Réparade, Jean-David Ciot, qui a décidé de se lancer. Enfin, la France insoumise a annoncé déposer également une liste qui sera portée par Michelle Blanchard Svoboda, élue à La Bouilladisse.
À droite et au centre, c’est le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance), qui part à la conquête du Sénat, en deuxième position sur la liste menée par la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI). On retrouve en troisième position Véronique Miquelly (DVD), maire d’Auriol et Michel Pécout (DVD), maire de Graveson, en quatrième place.
Cette liste devra faire face à deux candidats sortants à droite. La sénatrice Valérie Boyer (LR), qui était promise à la troisième place sur la liste de Brigitte Devésa, fera campagne de son côté, tout comme Stéphane Le Rudulier, lui aussi candidat (LR) à sa réélection, mais lâché par son parti.
Le match devrait également être très disputé du côté de l’extrême-droite. Le RN espère remporter un ou deux sièges cette année en s’appuyant notamment sur ses 34 conseillers municipaux élus à Marseille. La liste sera conduite par deux élus ex-LR, Marie-Pierre Callet, ancienne vice-présidente de Martine Vassal au Département, et Fabien Bravi ancien attaché parlementaire de Renaud Muselier. Ils devront faire face au sénateur sortant Stéphane Ravier, ex-RN et Reconquête, qui souhaite briguer un nouveau mandat.
Les affaires qui émaillent la campagne des sénatoriales
- Le sénateur sortant Stéphane Le Rudulier fait face à plusieurs affaires judiciaires. Une enquête est en cours concernant des possibles faits de détournement de fonds publics sous son mandat de maire de Rognac. Il est également accusé de violences volontaires par sa successeure, Sylvie Miceli-Houdais.
- De son côté, le sénateur sortant Stéphane Ravier conteste en justice deux condamnations prononcées en 2026 : l’une pour prise illégale d’intérêts dans l’embauche de son fils à la mairie des 13/14, l’autre pour favoritisme dans un marché public.
- Depuis quelques jours, Renaud Muselier est également au coeur d’une tempête médiatique. Selon l’AFP, une enquête préliminaire a été ouverte pour prise illégale d’intérêts après un signalement visant le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur suite à des révélations de Nice-matin. Renaud Muselier, qui se défend, a porté plainte pour diffamation contre le quotidien, réclamant deux millions d’euros de dommages et intérêts. « Les accusations anonymes relayées par la presse portent injustement et gravement atteinte à l’institution régionale ainsi qu’à l’ensemble de ses agents », avait commenté la collectivité il y a quelques jours dans un communiqué.