C’est ici que se trouve le point de référence à partir duquel sont calculées les altitudes de la France continentale. Installé sur la Corniche depuis 1884, le marégraphe de Marseille mesure toujours les variations du niveau de la mer. 200 personnes pourront visiter ce lieu unique à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.
Le « point zéro » des altitudes françaises se trouve sur la Corniche. Depuis la fin du XIXe siècle, le marégraphe abrite un dispositif qui permet de mesurer le niveau de la Méditerranée. Dans un puits relié à la mer, un flotteur suit les mouvements de l’eau. Il monte et descend en fonction des variations du niveau marin et transmet ces mouvements à l’appareil situé à l’étage supérieur, par l’intermédiaire d’un câble métallique.
Le site est aussi exceptionnel par son histoire. Trois marégraphes « totalisateurs » de ce type auraient été installés dans le monde, en Allemagne, en Espagne et à Marseille. Les deux premiers ayant disparu, celui de la cité phocéenne est désormais le seul conservé et encore en activité.
Suivre les mouvements de la mer
« On a aujourd’hui une pièce unique au monde », souligne Alain Coulomb, président des Amis du marégraphe, qui s’occupe de l’ouverture du site au public. « À l’origine, les mouvements du flotteur étaient retranscrits sur un rouleau de papier afin de conserver une courbe des variations de la mer », reprend ce dernier.
Son intérêt est à la fois patrimonial et scientifique. Classé au titre des Monuments historiques en 2022, il sert aujourd’hui d’observatoire scientifique pour enregistrer et surveiller l’élévation du niveau de la mer. Une « double casquette » à l’utilité « en lien avec l’un des problèmes majeurs de notre temps », explique Alain Coulomb. Mais ceux qui ont eu l’opportunité de le voir de leurs propres yeux sont peu nombreux.
Bientôt accessible au grand public ?
Appartenant à l’État, le marégraphe n’est habituellement pas accessible au public. Il ouvrira exceptionnellement les 19 et 20 septembre pour les Journées européennes du patrimoine. Les 200 réservations, ouvertes le 5 septembre, se sont écoulées en seulement 40 secondes. « On a fait mieux que Céline Dion ! », plaisante Alain Coulomb, qui a comptabilisé près de 35 000 demandes de visites.
Pour multiplier les ouvertures, le principal enjeu reste le classement du site en établissement recevant du public, qui permettrait d’accueillir des visiteurs plusieurs dizaines de jours par an. « Nous sommes prêts à l’ouvrir, nous avons juste besoin des clés, estime son président. Il y a un intérêt scientifique, sociétal, planétaire du marégraphe de Marseille. Ça dépasse très largement la ville ».