Pour la rentrée des classes à Marseille, la municipalité défend sa politique scolaire. Rénovation du bâti, matériel et repas gratuits… Pour les cantines, elle lance les travaux d’une première cuisine de proximité.

« C’est vous le président de la République ? » « C’est quelles études pour être maire ? » « Vous avez des enfants ? » Les écoliers marseillais sont sans filtre. Et comme chaque année, le maire de la ville, Benoît Payan (divers gauche), se prête au jeu des questions-réponses pour la traditionnelle rentrée des classes.

Ce mardi matin, il accueille les élèves à l’école Clair Soleil, face à la cité des Rosiers, dans le 14arrondissement. Un secteur ravi à la droite par le Printemps marseillais aux dernières municipales.

Brasseurs d’air modernes, écrans tactiles, pelouse synthétique dans la cour… L’établissement a bénéficié d’une rénovation avoisinant les 100 000 euros en 2024. Mais il n’a pas été choisi pour illustrer l’avancée du Plan écoles à 1,5 milliard d’euros, qui entre dans sa quatrième phase de constructions ou réhabilitations lourdes pour 188 écoles.

Avec « 81 chantiers lancés ou à l’étude cette année », le maire vante « un plan unique en France ». Et si ce dernier a fait l’objet de critiques et enquête, « les chiens aboient mais la caravane passe », balaie l’édile. La municipalité annonce la livraison de « 100 écoles sur le prochain mandat ».

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Benoît Payan était accompagné de la nouvelle maire des 13-14, Tina Biard-Sansonetti, avec l’adjointe à l’Éducation Pascaline Lecorché (Place publique) et celle au bâti scolaire, Nassera Benmarnia (DVG), ainsi que le recteur Benoît Delaunay et le directeur académique Jean-Yves Bessol.

90 000 kits scolaires et 15 000 repas gratuits

Autre ambiance à 700 mètres de là. Les enseignants de l’école élémentaire Sinoncelli sont en grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail, le manque de personnel et de place. Ils demandaient notamment un préfabriqué pour cette rentrée.

« Ils ont fait la demande en fin d’année dernière », répond Benoît Payan. « Il ne suffit pas d’aller au supermarché pour en acheter un ». L’élu relativise la situation en se remémorant « les rentrées chaotiques » sous la gestion de ses prédécesseurs.

Le maire défend sa politique en faveur de la scolarité, premier budget de la municipalité. « On a quasiment quintuplé les moyens, en plus du plan Écoles », avec un budget annuel annoncé à « 326 millions d’euros ».

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Trousses, règles, stylos, colle, surligneurs… Benoît Payan distribue quelques-uns des 92 000 kits scolaires offerts aux écoliers du privé et du public de Marseille. Valeur : 110 euros « économisés pour les familles ». C’est 25 euros de plus qu’en 2025.

La municipalité a également élargi les petits-déjeuners gratuits à six nouvelles écoles des quartiers prioritaires, soit 1 500 enfants. Comme il nous le confiait durant les municipales, le maire souhaite atteindre 15 000 enfants d’ici la fin du mandat. 15 000, c’est aussi le nombre d’écoliers qui bénéficient, depuis cette rentrée, de repas gratuits à la cantine. Soit 5 000 de plus qu’en 2025.

Une première cuisine de proximité d’ici 2028

La cantine : nerf de la guerre de la politique scolaire à Marseille. C’est parmi les principaux arguments qui ont conduit à la victoire du Printemps marseillais en 2020 en annonçant la fin du monopole de Sodexo. La société fournissait alors le plus de « 50 000 repas par jour » aux écoles. « Le plus grand marché de restauration collective en Europe », insiste Benoît Payan.

Le monopole a été brisé juridiquement en 2025, en passant d’une délégation de service public unique à un marché par lots. Une première étape, mais le géant de la restauration collective continue de fournir 85% des repas des cantines marseillaises.

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Comme ici, dans l’école primaire Château-Sec (9e), où le maire est venu partager le déjeuner des écoliers. « La Sodexo nous livre tous les matins et on réchauffe à midi », explique une cantinière. La municipalité souhaite « à terme, proposer des repas préparés et servis chauds sans interruption », explique Benoît Payan.

Comment ? En créant des « cuisines de proximité », de petites unités de production réparties dans la ville, pour fournir les écoles proches. « La première cuisine pilote va entrer en travaux à Saint-Antoine (15e) d’ici quelques mois », confirme le conseiller municipal délégué aux cantines, Lucas Langomazino. « D’ici 2028, elle pourra fournir environ 3 000 repas chauds par jour aux écoles alentour. En favorisant une alimentation fraîche et locale ».

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Lucas Langomazino, conseiller municipal délégué aux cantines.
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