La Fédération française de football a officialisé ce mardi 28 juillet la nomination de Zinédine Zidane comme sélectionneur de l’équipe de France. Une première historique : jamais un entraîneur né à Marseille n’avait pris les commandes des Bleus.

Il y a des trajectoires qui semblent écrites à l’avance. Et puis il y a celle de Zinédine Zidane. Comment imaginer, au début des années 1970, que le petit dernier d’une famille de cinq enfants installée à La Castellane deviendrait champion du monde, Ballon d’Or, vainqueur de la Ligue des champions comme joueur, puis trois fois en tant qu’entraîneur, avant de prendre les rênes de l’équipe de France officiellement ce mardi 28 juillet ?

Pour Marseille, cette nomination a une saveur particulière. Des internationaux français nés dans la cité phocéenne, il y en a eu beaucoup. Des joueurs passés par l’OM aussi. Mais un sélectionneur de l’équipe de France, c’est une première.

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Tout commence sur la place Tartane à La Castellane

Avant les stades pleins, les finales de Coupe du monde et les soirées européennes, il y a une esplanade. À La Castellane, dans le 16e arrondissement, le jeune « Yaz », comme l’appellent ses proches, passe des heures ballon au pied sur la place Tartane, au pied des immeubles. Le terrain n’a rien d’un centre de formation. Quelques cages improvisées, des copains, des parties qui s’enchaînent jusqu’à la tombée de la nuit.

Son père, Smaïl, arrivé d’Algérie quelques années plus tôt, travaille comme magasinier puis agent de sécurité. Sa mère, Malika, veille sur la fratrie. À la maison, la règle est simple : le respect avant tout. Zidane dira souvent que cette éducation, exigeante mais discrète, a façonné l’homme autant que le joueur. Le football, lui, devient rapidement une évidence.

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En 2016, nous avions visité l’appartement où a grandi Zidane, avant sa démolition

Des clubs de quartier avant les projecteurs

Comme beaucoup de jeunes Marseillais, Zidane fait ses premières licences dans les clubs du nord de la ville. Il débute à l’AS Foresta, rejoint ensuite l’US Saint-Henri, puis le SO Septèmes-les-Vallons. Ceux qui l’entraînent à l’époque racontent un garçon calme, peu bavard, déjà capable de gestes techniques que les autres n’osaient même pas tenter.

En 1984, il vit un moment qui le marque. Au stade Vélodrome, il est ramasseur de balles lors de la demi-finale de l’Euro entre la France et le Portugal. Quelques années plus tard, c’est lui qui fera lever les foules sous le maillot bleu. À 14 ans, il quitte Marseille pour intégrer le centre de formation de Cannes. Le premier grand départ.

Le monde entier l’adopte, Marseille continue de l’appeler « Zizou »

Bordeaux, Turin, Madrid… Le reste appartient à l’histoire du football. Mais malgré une carrière menée loin de sa ville natale, Zidane n’a jamais coupé le fil avec Marseille.

Il y revient régulièrement, loin des caméras. Pour voir sa famille, retrouver des proches ou soutenir des initiatives locales. Ses trois plus jeunes enfants sont d’ailleurs nés à Marseille, preuve que la ville est restée un point d’ancrage dans sa vie familiale.

Il n’a jamais cultivé une image de « Marseillais de carte postale ». Peu de déclarations grandiloquentes, peu de démonstrations. Son attachement s’exprime autrement : par sa fidélité à ses racines, à son quartier et à ceux qui l’ont connu avant que le monde entier ne découvre son nom.

Une ville qui se reconnaît dans son parcours

À Marseille, Zidane occupe une place à part. Parce qu’il est sans doute le sportif le plus célèbre que la ville ait vu naître. Mais aussi parce que son histoire raconte une autre image de Marseille : celle des clubs amateurs, des éducateurs bénévoles, des terrains de quartier où des milliers d’enfants tapent encore dans un ballon chaque semaine.

La Castellane est souvent évoquée pour ses difficultés sociales. Avec Zidane, elle est aussi devenue l’un des lieux d’où est parti un des plus grands joueurs de l’histoire du football.

En prenant aujourd’hui les commandes des Bleus, Zinédine Zidane ne succède pas seulement à Didier Deschamps après quatorze années de mandat. Il devient le premier Marseillais à diriger l’équipe de France.

Un symbole. Car si Marseille revendique depuis toujours sa passion pour le football, elle n’avait encore jamais vu l’un de ses enfants s’asseoir sur le banc des Bleus. Du béton de La Castellane aux plus grandes enceintes du football mondial, le chemin parcouru est immense.

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