À 30 ans, Marie Reinaud-Lerey, une ingénieure formée aux écoles Polytech et Kedge de Marseille, a lancé une marque de soins pour cheveux à base d’algues.
Derrière le comptoir de la pharmacie de la Corniche, dans le 7e arrondissement de Marseille, Marie Reinaud-Lerey présente ses soins capillaires dans des pots bleu pastel. Pour la fondatrice, ces journées de démonstration sont aussi importantes que les ventes.
À 30 ans, cette ingénieure en biotechnologie a choisi Marseille pour y développer Algaée, une jeune marque de soins capillaires formulés à partir d’actifs issus des algues de Saint-Malo, en Bretagne.
Situé sur l’un des axes les plus fréquentés de Marseille, la pharmacie de la Corniche, ouverte 7 jours sur 7, lui permet de toucher aussi bien une clientèle locale que des touristes de passage. « Pour comprendre la démarche derrière ma marque, je dois faire beaucoup de pédagogie, ce qui exige de beaucoup échanger vers les clients », précise Marie Reinaud-Lerey.
Une formation 100 % marseillaise
L’idée d’Algaée est justement née d’une expérience personnelle. Adolescente, Marie Reinaud-Lerey peinait à trouver des produits adaptés à ses cheveux. Pour l’entrepreneuse née à La Seyne-sur-Mer et basée à Toulon, les cheveux font partie de l’identité féminine. « Une femme qui vit quelque chose d’important dans sa vie change de coupe de cheveux », dit-elle en souriant.
Elle décide alors de concevoir les soins qu’elle aurait aimé trouver sur le marché. Diplômée de Polytech Marseille, elle poursuit ensuite une spécialisation en management de l’innovation à Kedge business school.
Son année d’alternance au sein du site historique de L’Occitane en Provence, à Manosque, lui permet de se spécialiser dans le développement de produits capillaires. Et son passage par la start-up française Le Rouge Français, dont le laboratoire R&D est basé à Marseille, confirme son envie de créer sa propre entreprise.
Protéger la fibre capillaire
Pour créer Algaée, Marie Reinaud-Lerey ne voulait pas simplement imaginer un nouveau shampoing. Elle a alors développé ses propres formules à partir d’un actif original, en s’appuyant sur ses connaissances en biotechnologie.
Son choix s’est porté sur Pelvetia canaliculata, une algue récoltée sur les côtes bretonnes. « Cette algue pousse tout en haut de l’estran [la partie du littoral située entre les marées hautes et les marées basses, N.D.L.R.] Lorsque la mer se retire, elle reste exposée au vent, au soleil et à la sécheresse, ce qui fait qu’elle développe des mécanismes naturels de protection contre la déshydratation », développe-t-elle.
Le laboratoire extrait des molécules afin de les intégrer aux soins. L’objectif n’est pas d’hydrater le cheveu, qui est « une fibre naturellement morte », précise Marie, mais de limiter sa déshydratation.
Même les emballages prolongent cette logique d’innovation. Les pots contiennent 30% de matière issue des algues. La gamme se compose aujourd’hui de trois références : un soin avant-shampoing, un shampoing et un après-shampoing.
Deux ans et demi de recherche et développement
Créer une marque de cosmétiques ne s’improvise pas. Entre la formulation, les essais, les tests réglementaires, le choix des fournisseurs et la fabrication, près de deux ans et demi ont été nécessaires avant une commercialisation lancée en février 2026.
Pour construire son plan de financement, Marie Reinaud Lerey s’est fait accompagner par l’antenne aixoise de l’incubateur Premières Sud. La jeune femme a également fait appel à plusieurs financeurs publics, dont Bpifrance, Initiative Var, l’Adie, Créa-Sol et un prêt bancaire, réunissant près de 160 000 euros pour lancer l’entreprise.
2024 a été une année noire. L’un de ses premiers partenaires marseillais a été placé en liquidation judiciaire, obligeant la jeune dirigeante à reconstruire une partie de sa chaîne de production. « Ça m’a appris à toujours vérifier la solidité financière de mes partenaires avant de signer », confie-t-elle.
Marie a alors parcouru la Bretagne durant dix jours pour rencontrer de nouveaux fabricants, spécialistes du conditionnement ou de l’étiquetage.
Une légitimité en parapharmacie
Si les premiers points de vente se situent dans le Var, Marseille reste au cœur du réacteur. Les animations organisées à la pharmacie de la Corniche représentent une part importante du chiffre d’affaires qui atteindra les 20 000 euros en 2026. « Les ventes directes ont représenté 7 000 euros sur les mois de mai et de juin », ajoute-t-elle.
C’est dans la cité phocéenne notamment qu’elle transmet son expérience en intervenant auprès des étudiants de Kedge Business School et qu’elle développe son réseau professionnel. L’école lui a d’ailleurs récemment décerné le premier prix de son concours Coup de Pouce, assorti d’une dotation de 10 000 euros.
La logistique est quant à elle assurée à Toulon. À son domicile, plus de 1 000 boîtes de soins attendent d’être expédiées.
Les soins capillaires Algaée sont à retrouver sur le site ou dans les points de vente suivants :
- La pharmacie de la Corniche au 69 avenue de la Corse, 13007 Marseille
- La pharmacie Vedel au 14 place Pierre Puget, 83000 Toulon
- Le centre commercial Printemps Grand Var à l’Avenue de l’Université, RN 98, 83160 La Valette-du-Var
- Le centre d’épilation laser Bel Institut au 18 Allée André Gide, 83400 Hyères