Face au retour des moustiques, la marque marseillaise Cacatoès lance une sandale dont la semelle diffuse un répulsif. Développée avec une entreprise locale de microencapsulation, cette innovation a nécessité deux années de recherche.
À Marseille, et plus largement dans la région Paca, le retour de la chaleur aux beaux jours favorise la prolifération des moustiques. Sprays, lotions, bracelets… À chacun son moyen de protection pour limiter les piqûres.
Cacatoès, la marque marseillaise de sandales parfumées en PVC, déjà connue du grand public, propose une nouvelle gamme baptisée Mosquitoes. Sa particularité : une semelle intégrant un répulsif anti-moustiques.
À l’origine du projet, Jordane Assouline. Après avoir lancé sa marque de sandales il y a onze ans, la cheffe d’entreprise marseillaise imagine un produit capable de diffuser un répulsif directement depuis la chaussure.
Avant leur commercialisation au printemps 2026, les sandales ont été évaluées par le laboratoire suisse Microbe Investigations AG. Les essais, menés sur des moustiques tropicaux selon un protocole inspiré des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont montré une réduction des atterrissages et piqûres.
11 ans d’expertise entre Marseille et le Brésil
Après une première carrière dans le prêt-à-porter à Marseille, Jordane Assouline s’installe au Brésil. Elle y distribue d’abord des marques françaises avant de lancer sa marque Cacatoès, aujourd’hui distribuée dans une quarantaine de pays.
Revenue à Marseille en 2018, elle y installe le siège de l’entreprise, l’entrepôt et le showroom, tandis que la fabrication reste au Brésil. Depuis quatre ans, les locaux sont implantés dans le 14e arrondissement, où travaillent une vingtaine de salariés. « Le design se fait depuis Marseille », tient à préciser Jordane Assouline.
Une innovation 100 % marseillaise
Pour mettre au point la gamme de sandales anti-moustiques, Cacatoès s’est rapprochée de Proneem, société marseillaise spécialisée dans la microencapsulation d’actifs. Sa technologie permet d’intégrer un répulsif directement dans le PVC afin qu’il soit diffusé progressivement au fil de l’utilisation.
« Nous n’avons pas breveté la sandale, car chacun des éléments qui la composent existait déjà. L’innovation réside dans leur association », explique-t-elle.
Le répulsif est incorporé à la matière première lors de la fabrication au Brésil. Selon la marque, il agit dans un rayon d’une vingtaine de centimètres autour des pieds et constitue un complément aux répulsifs appliqués sur le reste du corps.
La sandale est commercialisée comme un produit de parapharmacie. Elle contient notamment de l’IR3535, un actif répulsif utilisé dans plusieurs produits anti-moustiques, ainsi qu’un extrait d’eucalyptus citronné.
Distribuée dans 9 pharmacies de Marseille
« Quand le consommateur cherche des produits anti-moustiques, il se rend en grande surface, mais aussi en pharmacie et en parapharmacie, donc la collection Mosquitoes a toute sa place. Je dirais même que ça m’a apporté plus de crédibilité », estime Jordane Assouline.
La gamme Mosquitoes est aujourd’hui référencée dans neuf pharmacies indépendantes à Marseille, mais aussi en ligne et dans un pop-up store à Saint-Tropez.
« Nous avons favorisé la nouveauté », précise Valérie Attias, gérante de la pharmacienne de la Corse (7e) qui vend les sandales. « Nous précisons aux clients que les répulsifs antimoustiques ne sont pas des produits médicaux. Pour la plupart, ce sont des produits utilisés comme des moyens de prévention ». Le produit sera commercialisé jusqu’en septembre dans son établissement.
La sandale anti-moustiques se décline aujourd’hui en deux coloris pour hommes, femmes et enfants, à partir de la pointure 25/26 jusqu’au 46. Sa fondatrice entend désormais décliner cette technologie sur d’autres accessoires de la marque, qui commercialise déjà des sacs, des pochettes et des casquettes.
Si Cacatoès ne communique pas son chiffre d’affaires, la marque indique réaliser l’essentiel de ses ventes dans le Sud-Est de la France.
