Dans le cadre de la Slow Fashion Week, cinq créateurs ont présenté au Frac Sud leurs collections imaginées à partir de vêtements transformés. L’expression artistique d’une création marseillaise engagée.

Le soleil n’a pas encore quitté la terrasse de la Cité de l’art contemporain. Au Frac Sud, une légère brise soulève les étoffes ce 10 juin, alors que les premiers mannequins s’élancent sur le parquet, transformé en véritable podium. Shorts de boxe thaï convertis en jupes bohèmes, corsets assemblés de textiles récupérés, denim peint et tulle éclatant défilent.

Tranchant avec le bois sombre du sol et le gris des murs entourants, les vives couleurs s’agitent sur le runway. Les cinq créateurs réunis pour le défilé “V Visions” affichent des identités propres, mais un point commun : la revendication d’une mode responsable, conçue à partir de matériaux recyclés.

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Une mode bien plus qu’écologique

Point de départ de nombreuses pièces présentées, l’upcycling se transforme davantage en moyen de création que pure démarche environnementale. Denim, dentelle, textiles sportifs ou tissus synthétiques chinés mélangent les silhouettes. La composition finale, des oeuvres d’art à part entière.

« Toutes les pièces sont uniques, même quand elles utilisent le même patronage ». Livio Indiani a créé Need Less dans ses ateliers niçois. Matières premières de ses créations, les tissus récupérés proviennent autant de vide-greniers, que d’invendus de marques ou stocks de friperies.

Formé trois ans au design de mode à l’École de Condé, sa pratique fusionne habits et peintures pour « redorer l’image d’un tissu qui a déjà vécu ». « Le vêtement, c’est de l’art. Et le mien peut être porté, alors pourquoi ne pas combiner les deux ? », explique le designer.

mode, Vidéo | Cinq créateurs marseillais réunis au Frac Sud pour un défilé de mode responsable, Made in Marseille Une scène marseillaise portée par le collectif BAGA

Depuis six mois, Livio participe à plusieurs évènements avec le collectif BAGA. Son intégration lui a permis de fuir la logique de compétition qu’il dit avoir connu « à Nice. La mode s’exprime par des concours et des jurys. Je n’aime pas cet aspect compétitif. Pour moi, elle doit être partagée ».

Dans les jeans de Need Less, les compositions en crochets et volumes colorés de Tata Christiane, comme dans les dentelles et shortys audacieux de Kiss Die, les harnais « pepetche » de Mamuz ou encore les discrets bijoux d’Atalaya, les visions se rejoignent autour d’une mode marseillaise responsable.

Passages terminés, le public se dirige vers un showroom. Installés au fond de la terrasse, les détails s’échangent et les matières se touchent. Loin des grandes maisons, des podiums traditionnels, le « manifeste urbain » transforme la mode locale, plus qu’il ne la produit.

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