Dix ans après sa création, le JIM Marseille Métropole a célébré cet anniversaire symbolique lors d’une soirée réunissant partenaires, adhérents et acteurs économiques du territoire. Pour son président, Christopher Nobili, ce cap marque moins l’âge du réseau que son entrée dans une phase de maturité.
Créé en 2015, le JIM fédère aujourd’hui des dizaines de métiers liés à l’immobilier et à son environnement économique. À l’occasion de son dixième anniversaire, son président Christopher Nobili revient sur l’évolution du réseau, sa stratégie d’ouverture et les défis à venir.
Made in Marseille : Quel bilan tirez-vous de cette soirée anniversaire ?
Christopher Nobili : Nous sommes très heureux. Cette soirée a réuni nos partenaires, nos adhérents et tout l’écosystème qui nous accompagne depuis des années. C’était un moment fort, mais surtout un point d’étape. Ces dix ans ne sont pas seulement un marqueur chronologique. Ils symbolisent une forme de maturité. Aujourd’hui, le JIM peut regarder dans le rétroviseur et constater qu’il a su rester utile, pertinent et efficace pour ses partenaires. Surtout, il est devenu un acteur à part entière de l’écosystème métropolitain.
Dix ans après sa création, quelle est votre ambition pour la suite ?
La force du JIM repose sur ce que j’appelle le « maillage ». On parle souvent de réseau ou de cercle, mais ces notions peuvent renvoyer à quelque chose de fermé. Nous sommes à l’inverse dans une logique ouverte, évolutive, capable de s’adapter en permanence. Ce maillage nous permet aujourd’hui de réunir près de 70 métiers différents. C’est une richesse considérable. Cela nous donne une vision transversale des enjeux immobiliers et économiques, tout en favorisant des rencontres qui n’auraient parfois jamais eu lieu naturellement.
Cette ouverture au-delà du seul secteur immobilier était-elle une demande des adhérents ?
Oui, c’était une volonté forte. Nous aurions pu rester dans notre zone de confort et nous limiter à l’écosystème immobilier. Mais nous sommes convaincus que le territoire a besoin de passerelles entre les différents acteurs économiques. Dans les périodes difficiles, les entreprises ont davantage besoin de dialoguer et de coopérer. Notre rôle est précisément de faciliter ces connexions.
Concrètement, qu’apporte cette transversalité ?
Elle crée de la fluidité. Le JIM n’a pas vocation à être uniquement un lieu d’échanges conviviaux. Derrière la dimension humaine, il y a aussi une volonté de favoriser les opportunités, les collaborations et la création de valeur. Lorsque deux structures aux compétences complémentaires se rencontrent, cela produit souvent quelque chose de vertueux. Les bénéfices reviennent ensuite aux entreprises concernées, mais aussi au territoire dans son ensemble.
Ces dernières années, le JIM a multiplié les partenariats. Quelle logique guide ces rapprochements ?
Nous ne recherchons pas des partenariats pour les partenariats. Ce qui nous intéresse, c’est la complémentarité. Lorsque des structures comme la Soleam, Medinsoft ou l’Apex viennent vers nous, nous regardons avant tout leur capacité à enrichir le maillage existant. Medinsoft apporte une expertise sur les enjeux numériques, la Soleam représente un acteur incontournable de l’aménagement urbain, tandis que l’Apex ouvre des perspectives sur les problématiques internationales auxquelles certains de nos adhérents sont confrontés. L’objectif reste toujours le même : créer des passerelles entre des compétences qui ont intérêt à travailler ensemble.
Le JIM prend-il progressivement une dimension institutionnelle ?
Nous avons une limite très claire : nous ne sommes ni une fédération, ni un lobby. Notre vocation est de rester un espace de rencontres et de dialogue entre professionnels. Nous voulons faciliter les échanges, créer des connexions et contribuer à rendre le territoire plus attractif. Tant que Marseille et sa métropole auront besoin de ce rôle de facilitateur, nous continuerons de le jouer.
Quels seront les grands chantiers des prochaines années ?
Le principal défi est sans doute celui de la transmission. Une génération a construit le JIM pendant dix ans. Nous lui avons donné une identité, une crédibilité et une place dans l’écosystème local. Mais si nous ne préparons pas la relève, tout cela perdra de sa valeur. Nous avons déjà commencé à intégrer de nouveaux profils pour préparer l’avenir. L’objectif est qu’une nouvelle génération prenne progressivement les commandes dans les trois prochaines années.
Vous envisagez donc de quitter la présidence ?
Oui, comme une grande partie de l’équipe actuelle. Une organisation qui ne prépare pas sa succession prend le risque de s’essouffler. Le JIM ne nous appartient pas. Il appartient à un collectif et, plus largement, au territoire. Notre responsabilité est de transmettre un outil solide à ceux qui prendront le relais.
Malgré les difficultés du secteur immobilier, vous restez optimiste ?
Je reste profondément positif. Les périodes de crise obligent à réinventer les modèles et à innover. Marseille conserve des atouts considérables. Nous sommes la deuxième ville de France et l’une des rares grandes métropoles à afficher encore des niveaux de prix inférieurs à ceux observés dans des villes comme Lyon, Bordeaux, Nice ou Toulouse. Cela signifie qu’il existe encore un potentiel de développement économique et d’investissement. Je crois que Marseille n’a pas encore atteint son point d’équilibre. C’est ce qui me rend optimiste pour les années à venir.