Malgré les turbulences économiques, le marché immobilier provençal reste porteur. Et dans le sillage d’Aix-en-Provence et Marseille, de nouvelles destinations immobilières émergent.
Baisse des ventes, recul des prix, accès au crédit plus difficile… Après trois années de fort ralentissement, le marché de l’immobilier est reparti à la hausse en France. Le volume des transactions a progressé de 12% depuis un an. Mais le regain des tensions internationales pourrait compromettre l’accalmie observée et fragiliser la reprise. Qu’en est-il en Provence ?
« On constate une grande stabilité dans les Bouches-du-Rhône », témoigne Laurence Pont, présidente de la Fédération Nationale de l’Immobilier Aix-Marseille-Provence (FNAIM AMP).
L’art de vivre provençal continue d’attirer acheteurs et investisseurs mais les acquéreurs prennent aujourd’hui davantage le temps de comparer. « La bulle post-Covid est clairement terminée, estime la directrice d’agence. Désormais, il faut environ sept ans pour amortir une acquisition. Résultat : il y a moins d’investisseurs opportunistes et plus de gens qui cherchent à se loger. La demande est devenue plus exigeante ».
Marseille attire en bord de mer
Dans ce contexte, Marseille poursuit son rattrapage et se démarque par son dynamisme. Les prix moyens de vente au mètre carré y ont en effet augmenté de 1,2% au cours du dernier trimestre (3 380 euros), alors que toutes les villes françaises de plus de 200 000 habitants, à l’exception de Nice (+0,7%), enregistrent un recul.
« Globalement, le marché marseillais reste assez calme, nuance Laurence Pont. Il n’y a pas un raz-de-marée d’acquéreurs extérieurs. Mais il y a effectivement des quartiers prisés en bord de mer qui ne connaissent pas la crise ».
Gregory Apelroit confirme « l’attrait des 6e, 7e et 8e arrondissements » auprès de sa clientèle haut de gamme. Le directeur général associé de Concilio Immobilier, société spécialisée dans la défiscalisation et réhabilitation d’immeubles anciens dans les grandes villes de France, s’attend à ce que les prix continuent de flamber le long du littoral.
Aix-en-Provence, une valeur sûre
Un peu plus au nord du département, Aix-en-Provence résiste aussi aux turbulences. Ses atouts culturels, économiques et patrimoniaux, combinés à sa qualité de vie, en font une valeur sûre dans les Bouches- du-Rhône.
La cité aux mille fontaines continue d’afficher des prix au mètre carré (5 500 euros) environ 30% plus élevés que sur le reste du territoire (3 850 euros). La ville du Roi René a néanmoins connu une baisse importante de 5,5% au cours de la dernière année.
Une correction logique après une période de très forte hausse post- Covid. « On constate une belle dynamique des transactions sur la fin 2025 et sur début 2026 », observe la présidente de la FNAIM AMP, qui se montre optimiste sur la santé du marché immobilier aixois.
La Ciotat, « un marché explosif »
Mais Aix-en-Provence a désormais une concurrente. Nichée en bordure du parc des Calanques, La Ciotat séduit de plus en plus les acquéreurs pour son cadre balnéaire, son dynamisme économique et son accessibilité en train et par l’A50 qui permettent de rejoindre facilement Marseille et Toulon.
« C’est un marché explosif qui a pris presque 20% en seulement cinq ans, atteste Gregory Apelroit. Il y a de moins en moins de biens disponibles et ils sont de plus en plus chers ».
Après une légère phase de correction au cours de l’année écoulée, les prix de la commune provençale se stabilisent désormais autour de 5 300 euros le mètre carré, 200 euros seulement en dessous d’Aix-en-Provence.
« Salon a le vent en poupe »
Les regards se tournent également du côté de Salon-de-Provence. La cité de Nostradamus a elle aussi vu ses prix au mètre carré grimper de près de 20% au cours des cinq années écoulées. Si ces derniers mois ont été marqués par une légère baisse, son attractivité n’est plus à démontrer.
« En ce moment, c’est Salon qui a le vent en poupe, corrobore Laurence Pont. C’est une ville où il fait bon vivre. Il y a eu une belle rénovation du centre-ville et le commerce est dynamique. C’est un choix idéal pour ceux qui vivent dans le secteur ».
Avec ses prix aux alentours de 3 500 euros du mètre carré, et son charme provençal, la ville est devenue une véritable alternative à Aix-en-Provence pour les acquéreurs. Elle tire son épingle du jeu face à Arles qui affiche des prix plus modestes (2 800 euros).
Un marché hétéroclite à Aubagne
Aubagne, autre commune incontournable des Bouches-du-Rhône, affiche quant à elle 3 800 euros en moyenne du mètre carré. « C’est un marché intéressant, note la présidente de la FNAIM AMP, car il est très hétéroclite. Il y a une grande variété de biens pour tous les budgets. Et là aussi, on constate une relative stabilité des prix ».
Si l’experte se dit globalement “optimiste” concernant l’évolution du marché de l’immobilier dans le département, la prudence reste cependant de mise. En toile de fond : les incertitudes géopolitiques et les risques d’une nouvelle inflation.
Après deux années de correction, le redémarrage du secteur reste fragile et largement dépendant des conditions de financement des acquéreurs. Tout le monde est donc attentif au moindre signal économique susceptible de rebattre les cartes.