Les travaux ont repris à la Villa Valmer pour y créer un hôtel haut de gamme d’ici 2028. Ils marquent la fin d’une longue bataille juridique et politique entre la Ville de Marseille et le promoteur privé.
Une grue dépasse de la bastide iconique de Marseille, au sommet du splendide parc qui surplombe la Corniche Kennedy et la Méditerranée. « On a repris depuis trois semaines le gros de nos travaux. L’ouverture de l’hôtel est prévue début 2028* », confirme Pierre Mozziconacci, associé à la tête de la SAS Villa Valmer.
La société, titulaire d’un bail emphytéotique de 60 ans pour ce monument marseillais, y construit un « hôtel de gamme très supérieure » selon les mots du maire de Marseille, Benoît Payan (divers gauche). Mais l’hôtelier préfère le qualifier de « Culture Hôtel. Ce n’est pas un coup de com, mais une vraie réflexion, menée avec la Ville et une société d’ingénierie culturelle ».
Dans les faits, « il y aura des résidences d’artistes plusieurs fois dans l’année, qui seront accueillis dans l’hôtel. Des peintres peut-être, mais pas que. Des ferronniers, des cuisiniers ? Ce sera large ». Échanges avec les écoliers, avec le grand public, « l’idée derrière la présence d’un artiste, ce sera : ‘qu’est-ce qu’il peut apporter au projet dans l’ouverture aux marseillais ?’ ».
Un élément de langage loin d’être anodin après une bataille administrative, juridique et politique avec la mairie de Marseille.
* : Mise à jour à 12h : une première version de l’article annonçait par erreur une ouverture en 2027.
Vers l’issue de « la saga Valmer » ?
Mais « la saga Valmer » semble avoir pris fin. Lors du dernier conseil municipal en avril, les élus ont adopté un rapport « technique » autorisant le promoteur de l’hôtel de luxe, titulaire d’un bail emphytéotique de 60 ans, à constituer trois hypothèques pour un total de près de 15 millions d’euros. De quoi lui permettre de sécuriser les banques et le financement de son projet, pour le faire aboutir.
Cette délibération municipale a sonné comme la fin d’un conflit qui trainait depuis des années. L’ancien maire Jean-Claude Gaudin (LR) avait cédé ce bijou patrimonial à l’investisseur privé « à quatre jours de la fin d’un mandat de 25 ans », rappelait Benoît Payan en avril.
Ce dernier, devenu maire, en a fait une bataille politique et judiciaire pour « le rendre aux Marseillais ». Après la démolition illégale d’annexes du bâtiment, des épisodes devant les tribunaux, des annulations de permis de construire, la tentative de rupture du bail… Une médiation juridique a finalement abouti à un accord.
Parc public, bar, resto… « Une situation plus favorable aux Marseillais »
Devant les conseillers municipaux, en avril, Benoît Payan se défendait d’avoir obtenu « une situation plus favorable aux Marseillais ». Notamment via une « condition sine qua non » : la restitution complète de l’espace vert de 1,6 hectare qui s’étend entre la Villa Valmer et la mer.
« Il sera toujours loisible pour les habitants de se promener dans un de plus beaux parcs qui existent », se réjouissait le maire. La société privée a par ailleurs investi 75 000 euros dans la restauration végétale de l’espace vert.
La municipalité a également orienté ce futur « hôtel de gamme très supérieure » dans une logique d’ouverture au grand public. Le restaurant « bistronomique, ainsi que le bar-café, seront accessibles à tous les Marseillais », notamment en termes de tarifs, affirme Pierre Mozziconacci.
Ce dernier explique qu’il a justement retiré une des deux piscines du projet « pour créer à la place, le bar ouvert à tous ». Concernant la programmation culturelle et les résidences d’artistes, la société privée devrait y investir entre 40 à 45 000 euros par an. Rendez-vous en 2027 pour découvrir la nouvelle vie de la Villa Valmer.
