Un studio marseillais de jeux vidéo s’inspire de l’archipel du Frioul pour son premier opus : AZUR. Un travail de longue haleine porté par une petite équipe de passionnés.
L’idée du jeu naît dans une piscine en Thaïlande en 2019. Lors de leur première rencontre « IRL » (dans la vie réelle, ndlr) au championnat du monde d’e-sport, les deux co-fondateurs, Bryan Destailleur et Houssein Kali, évoquent une première fois la création d’un jeu vidéo de survie.
Quelques années plus tard, déçus par le jeu The Day Before, qui leur paraissait pourtant prometteur, les deux amis se remémorent leur conversation. AZUR naît alors, avec comme terrain de jeu une île fortement inspiré de l’archipel du Frioul. Localisation « actée dès le départ » pour ces amoureux de Marseille où l’un des cofondateurs vit depuis plus de 20 ans.
« Le passé militaire du Frioul, le pavillon Hoche qui a servi de lieu de quarantaine, le terrain avec deux îles et une digue centrale est parfait pour un jeu vidéo » explique Bryan Destailleur. Un emplacement inédit pour un jeu vidéo de survie, où l’action se déroule très souvent dans les grands espaces gris et sombres de Russie ou verts et vides des Etats-Unis. « Ici, tout est beau, saturé, la roche est blanche, l’eau turquoise », abonde le co-fondateur du jeu.
Un décor idyllique qui en ferait presque oublier que des humains infestés par un virus essaient de vous tuer. En effet, le scénario du jeu de survie reprend les grands thèmes du genre : le joueur apparait sur une zone de la carte avec très peu de ressources dans un environnement hostile. Il a pour mission d’explorer, collecter des objets ou armes et lutter contre des humains – zombies afin de survivre le plus longtemps possible.
Une équipe réduite
Lorsque les créateurs démarrent l’aventure en 2024, aucun n’a de revenu à consacrer au projet, autre que son temps. Depuis, chacun dédie entre deux à quatre heures par jour au développement du jeu en parallèle de son travail respectif. L’un comme concepteur technique de jeu vidéo et l’autre collabore avec des streamers professionnels, comme chowh1, Skyrroz.
Pour les épauler, Bryan et Houssein s’entourent de quatre bénévoles et d’un free-lance, en charge de la modélisation des armes, payé grâce aux salaires d’un des co-fondateurs. Une équipe réduite qui explique le temps de conception du jeu vidéo.
« Un jeu vidéo AAA, soit bénéficiant d’un gros budget de développement et d’une équipe de 150 personnes, sort en deux ans », explique Bryan Destailleur, justifiant les trois ans et demi de création pour le jeu développé par KADES, leur société d’édition de jeu vidéo.

Un terrain de jeu complexe à développer
D’autant plus que les ambitions techniques du projet sont élevées. Les créateurs ont choisi d’intégrer des fonctionnalités particulièrement complexes à développer : un mode multi-joueur, qui permet à plusieurs personnes de jouer simultanément à une même partie et de nombreux objets inédits à modéliser dans l’univers des jeux vidéos, comme les bougainvilliers de l’île, les toits provençaux couverts de tuiles rouges, les boîtes postales jaunes…
Que des éléments de décor qui n’existent pas sur le marché du jeu vidéo et que l’équipe doit construire elle-même. A titre d’exemple « un pack de 30 cartons sales, comme on peut voir dans beaucoup de jeu vidéo, coûte 15 dollars (si on veut l’intégrer dans un jeu vidéo comme décor, ndlr) et met 4 à 6 heures pour être modélisé », explique Bryan Destailleur, pédagogue.
Un travail de longue haleine pour cette petite équipe ambitieuse dont les afficionados pourront découvrir le résultat fin 2027. Encore un peu de patience donc avant de pouvoir survivre dans les répliques virtuelles du pavillon Hoche ou de la calanque de Sormiou.