Alors que les élus doivent trouver ce 21 avril comment combler le déficit de 123 millions de la Métropole Aix-Marseille-Provence, les organisations patronales demandent à l’État de « prendre ses responsabilités » et réaffirment leur volonté de construire une gouvernance partagée avec les collectivités locales.

Le couperet est tombé lors du dernier conseil de la Métropole Aix-Marseille du 16 avril : le nouveau président et maire de Salon-de-Provence a découvert un état des comptes financiers inquiétant avec un trou de 123 millions d’euros à combler dans le budget 2026, qui doit être voté le 28 avril.

Les maires métropolitains se réunissent donc en urgence ce 21 avril à 15 heures au palais du Pharo pour tenter de trouver une solution, alors que les dotations de l’État ont réduit drastiquement selon les élus de la Métropole.

Plusieurs pistes sont envisagées : « soit l’augmentation des impôts soit des économies drastiques soit un mixte des deux », affirmait Nicolas Isnard au pupitre la semaine dernière. Les élus évoquent également une quatrième option : demander à l’État de décider lui-même. « Que ceux qui nous imposent la situation l’assument », avait lâché l’édile.

Vers une révision du fonctionnement financier des transports ?

Concrètement, les transports pourraient être la principale variable d’ajustement comme la révision de la gratuité pour les enfants et les seniors. La probable modification ou annulation de certains des projets inscrits dans le plan Marseille en Grand est également une option.

La Métropole mise également sur un autre moyen de faire rentrer de l’argent dans les caisses pour les transports : le versement mobilité assuré par les entreprises de plus de 11 salariés. Actuellement, cette taxe s’élève à 2% de la masse salariale.

Cependant, augmenter cet impôt de 1 point (passer donc à 3%) pourrait permettre de « récupérer 220 millions », assure David Ytier, vice-président de la Métropole. Mais cette solution ne pourra se concrétiser en 2026, car il faut attendre son inscription dans la prochaine loi de finance de 2027.

Le patronat monte au créneau

Ces alternatives suscitent l’attention des syndicats patronaux locaux. L’U2P 13, l’UPE13 et la CPME13 ont réagi par communiqué de presse. Dans une communication commune, Catherine Vales, présidente U2P 13 et Philippe Korcia, président de l’UPE 13, préviennent les élus d’une « ligne rouge » à ne pas franchir envers les habitants et les entreprises. À comprendre : ne pas augmenter les impôts locaux.

L’UPE et l’U2P appellent donc « l’État à prendre pleinement ses responsabilités ». Selon eux, les baisses de dotations « doivent être compensées dans une logique de cohérence des politiques publiques nationales ».

Sur la même ligne, la CPME 13 refuse la pression fiscale. Mais la présidente, Corinne Innesti demande aussi de « s’appuyer sur les solutions de terrain portées notamment par le collectif Tous acteurs pour éviter une mise sous tutelle de l’État ».

« L’expertise de terrain des chefs d’entreprise doit devenir le moteur de cette nouvelle efficacité budgétaire »

Elle se réfère aux 42 propositions portées par le collectif « Tous Acteurs » avant les élections municipales. Comme une mutualisation réelle des services à l’échelle des bassins de vie, une optimisation du foncier public et une simplification drastique des processus de décision.

« L’expertise de terrain des chefs d’entreprise doit devenir le moteur de cette nouvelle efficacité budgétaire », avance la CPME 13. En ce sens, la patronne réaffirme cette volonté de construire une gouvernance partagée avec les élus.

Une réorganisation donc, plutôt que d’un levier financier rapide. Pas sûr que ces alternatives coïncident avec l’urgence financière des élus métropolitains. C’est ce que nous verrons au sortir de la conférence des maires ce mardi après-midi.

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