Le maire sortant Gaby Charroux (PCF) est parvenu à conserver son fauteuil à l’issue du second tour des élections municipales, marqué par une triangulaire disputée face au candidat du Rassemblement national Emmanuel Fouquart et au divers droite Jean-Luc Di Maria.
Arrivé en tête au premier tour avec 35,7% des voix, l’édile martégal a confirmé son avantage, sans toutefois retrouver les niveaux très élevés qui avaient marqué ses précédentes réélections. Dans une configuration incertaine, il a réussi à mobiliser suffisamment pour contenir la progression du RN et résister à la concurrence à droite.
Les résultats du second tour
- Gaby CHARROUX (PCF) : 44,14%
- Emmanuel FOUQUART (RN) : 35,05%
- Jean Luc DI MARIA (Divers droite) : 20,81%
Une triangulaire indécise jusqu’au bout
Le second tour s’annonçait ouvert. Avec trois candidats maintenus et des écarts relativement resserrés, l’issue dépendait largement de la participation et du comportement des électeurs du premier tour.
Dans ce contexte, la stratégie de Gaby Charroux reposait sur un double objectif : consolider son socle historique et élargir au-delà de la gauche traditionnelle. Le maintien de Jean-Luc Di Maria a contribué à fragmenter l’électorat opposé au maire sortant, tout en empêchant une dynamique unifiée contre lui.
De son côté, Emmanuel Fouquart espérait capitaliser sur la dynamique nationale du RN. Mais malgré une progression de score entre les deux tours, il échoue à transformer l’essai dans une ville historiquement ancrée à gauche.
Le « bouclier martégal » a tenu
Tout au long de l’entre-deux tours, Gaby Charroux a martelé la nécessité de défendre ce qu’il a qualifié de « bouclier martégal », une formule visant à incarner la protection sociale et les politiques locales mises en place depuis trois mandats.
Lors de son dernier meeting au Gymnase des Salins, le maire sortant avait appelé à « ne rien lâcher », dans une ambiance militante marquée par la présence de soutiens nationaux. Les interventions de François Ruffin, Fabien Roussel et Clémentine Autain ont donné une résonance nationale à un scrutin local devenu symbolique.
Le message a trouvé un écho suffisant dans l’électorat, notamment dans les quartiers populaires et parmi les agents du service public, fortement mobilisés.
Une droite divisée, un RN contenu
La campagne de Jean-Luc Di Maria, qui refusait toute alliance avec le RN, a pesé dans l’équation finale. En maintenant sa candidature, il a empêché la constitution d’un bloc unique face à Gaby Charroux, tout en captant une partie de l’électorat de droite.
Sa stratégie, fondée sur l’ancrage local et la critique du « parachutage » du candidat RN, ne lui permet toutefois pas de s’imposer. Pour Emmanuel Fouquart, ce scrutin confirme une implantation en progression mais encore insuffisante pour conquérir une ville de cette taille dans un contexte de triangulaire.
La réélection de Gaby Charroux confirme la résistance des bastions communistes dans certaines villes moyennes, tout en illustrant une recomposition politique plus large : montée du RN, fragmentation de la droite, et nécessité pour la gauche locale de maintenir des équilibres fragiles.