Salon-de-Provence, ville de 44 000 habitants, se prépare à élire son maire lors des élections municipales les 15 et 22 mars 2026. Qui sont les candidats déclarés ? Quels sont les enjeux et le contexte politique ?
Salon-de-Provence se prépare à élire son maire lors des élections municipales prévues les 15 et 22 mars prochains. À un peu moins d’un mois du scrutin, quatre candidats sont officiellement en lice : le maire sortant Nicolas Isnard (LR), Patrick Chini (PS), Anaïs Giner (LFI) et Cédric Vaccarezza (RN).
Dans la 7e ville des Bouches-du-Rhône, le scrutin dépasse la seule gestion locale : il pèsera aussi dans les équilibres de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Lors des dernières élections législatives, en juillet 2024, Jean-Marc Zulesi (Ensemble !) était arrivé en tête du second tour avec 53,57% des voix, devant Romain Tonussi (Rassemblement national) avec 46,43% des voix exprimées.
Nicolas Isnard (LR) vise un nouveau mandat
Maire depuis 2014, Nicolas Isnard (Les Républicains) est candidat à sa succession. Il a récemment dévoilé les 45 noms de sa liste « Réussir Salon ». Lors des municipales de 2020, il avait été réélu dès le premier tour avec près de 70% des voix, un score qui le place aujourd’hui en position favorable.
Son bilan met en avant plusieurs projets structurants, dont le doublement de l’échangeur Salon Nord ou le futur Hôpital du Pays Salonais, implanté sur 6,5 hectares dans la zone des Gabins. Le chantier, estimé à 172 millions d’euros, dont 98 millions financés par l’État, doit aboutir à une livraison annoncée pour fin 2029.
Parmi ses engagements de campagne figurent également la création d’un parc urbain de 4 000 m2 sur le site de l’ancienne Vitrerie salonaise, l’installation de nouvelles caméras de surveillance et la mise en place d’une mutuelle municipale.
Par ailleurs vice-président du Conseil régional et vice-président de la Métropole délégué aux formations professionnelles et aux CFA, l’édile est pressenti pour briguer la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence.
Deux listes s’affrontent à gauche
Une union des gauches avec « Demain Salon »
Face au maire sortant, une liste d’union de la gauche et de citoyens s’est structurée sous la bannière « Demain Salon », menée par Patrick Chini (PS), ingénieur retraité. Elle rassemble le PS, le PCF, Génération.s, Les Écologistes, Génération Écologie, Place Publique, la Gauche républicaine et socialiste et Debout, et bénéficie du soutien de l’ancien maire Michel Tonon.
Le programme, élaboré à partir de réunions publiques dans les quartiers, met l’accent sur la transition écologique et la limitation de l’urbanisation. La liste propose notamment la création de micro-jardins de proximité, la mise en place de conseils de quartier dotés d’un budget participatif et une réorientation des priorités d’aménagement.
Une liste LFI menée par Anaïs Giner
Citoyens engagés et militants politiques et associatifs se sont regroupés au sein de « Salon en commun », deuxième liste de gauche en lice à Salon-de-Provence, soutenue par la France Insoumise et le Nouveau Parti Anticapitaliste.
Celle-ci sera conduite par Anaïs Giner (LFI), jeune Salonaise de retour dans sa ville natale après des études en informatique à Marseille. Désormais vendeuse, elle a rencontré nombre de ses colistiers à l’occasion des élections législatives de 2024.
Si elle est élue, son mandat s’appuiera sur trois grands piliers : la démocratie locale directe, la justice sociale et l’écologie populaire, avec des projets décidés à la mobilité et à l’accessibilité : la gratuité de certaines navettes, le développement des pistes cyclables, un renforcement des moyens alloués aux écoles et un soutien accru à l’agriculture locale.
Cédric Vaccarezza (RN), l’opposition d’extrême droite
À l’autre extrémité de l’échiquier politique, la liste « Agir pour Salon » est menée par Cédric Vaccarezza (Rassemblement national). Ancien officier de la marine marchande, entrepreneur et maître de conférences à l’École nationale supérieure maritime de Marseille, il vit à Salon-de-Provence depuis vingt ans.
Le candidat de 45 ans place la sécurité au cœur de son programme, suivie par les questions de mobilité et de soutien à la vie associative. Il annonce vouloir renégocier le PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal) ainsi que le PLH (Programme local de l’habitat). L’un de ses colistiers, Daniel Captier, a récemment été épinglé pour des propos racistes tenus sur ses réseaux sociaux.
Le contexte politique est marqué par la dynamique locale du RN, qui a remporté la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône lors des dernières législatives. Le député Romain Tonussi occupe une permanence en plein centre-ville de Salon-de-Provence.