L’ex-Dock des Suds s’est mué en campus éphémère avec l’installation de La Plateforme. Le lieu, actuellement investi par les étudiants de l’école du numérique, va continuer d’accueillir les Marseillais cette année à travers une série d’événements culturels.
« C’est un formidable terrain de jeu pour expérimenter ! ». Cyril Zimmermann, président de l’école du numérique La Plateforme, a transformé depuis quelques mois l’ancien Dock des Suds en un grand campus transitoire où fourmillent chaque jour un millier d’étudiants.
Depuis le 31 mars dernier, la mythique salle de concert du quartier d’Arenc (2e) a en effet tourné une page importante de son histoire avec le départ de son gestionnaire, l’association Latinissimo, fondatrice de la Fiesta des Suds.
En attendant de rejoindre en janvier 2027 son futur campus géant, actuellement en construction dans le secteur de Cazemajou, La Plateforme est mandatée par Euroméditerranée, propriétaire des lieux, pour animer l’ancien hangar à sucre de 8 000 m2, avant la mise en place d’un projet au long cours.
« Une école, c’est plus qu’un cursus »
« Qu’est-ce qui fait qu’on donne envie à des élèves d’étudier, qu’on crée de l’adhésion, de la stimulation ? Une école, c’est plus qu’un cursus. Il faut proposer un environnement culturel excitant », lance Cyril Zimmermann, au cœur de ce que lui et ses équipes appellent « un village apprenant ».
Cette approche, défendue par le directeur de La Plateforme, se traduira sur le futur campus de 25 000 m2 par la présence d’équipements culturels intégrés, ouverts au public, à l’instar de la nouvelle antenne de la Cinémathèque française, appelée à dialoguer avec les formations.
Mais, pour l’instant, c’est l’immense hangar mis à disposition par Euroméditerranée qui sert de laboratoire d’expérimentation pour faire cohabiter salles de classes, installées dans des conteneurs, et programmation culturelle.
« Ce site est une préfiguration. Il nous permet de tester des choses qu’on va ensuite amplifier à Cazemajou », promet l’entrepreneur.
Un festival de cinéma
Une série de grands rendez-vous ont été dévoilés pour 2026 ce 12 février. Ils devraient permettre de « brasser tous les publics » et de créer du lien avec les étudiants sur place. À commencer par les rencontres « Marseille fait son cinéma », organisées les 27 et 28 mars prochains.
Le festival valorisera les innovations, investissements et installations sur le territoire, à l’heure de l’IA et des profondes mutations en cours dans les métiers de l’image.
« Jamais les planètes n’avaient autant été alignées à Marseille pour le 7e art, s’enthousiasme William Benedetto, directeur du cinéma l’Alhambra, partenaire de l’initiative. Il faut célébrer ça, fédérer tout le monde et inventer le cinéma de demain ».
Au programme, conférences, tables rondes, masterclass, ateliers et projections de courts et de longs-métrages. L’événement s’adressera aux professionnels, mais aussi aux jeunes publics et aux curieux.
Un événement dédié aux courts-métrages réalisés avec l’IA
Le 10 avril, place à « La Grande Démo », une journée consacrée au « numérique sous toutes ses formes », avec un programme qui s’adressera à tous les niveaux. « Le but, c’est d’ouvrir le numérique au plus grand nombre, explique Stéphane Gérard, directeur marketing de La Plateforme. Il y aura également des choses ludiques pour les enfants ». Un afterwork pour les entreprises et une soirée festive clôtureront l’événement.
Lancé l’année dernière, le Forum Méditerranéen de la Cybersécurité reviendra ensuite le 11 juin pour une deuxième édition. Il fera dialoguer acteurs publics, entreprises, chercheurs et étudiants, dans un contexte de tensions numériques croissantes. Les 19 et 20 juin, ce sera au tour du Festival Marseille AI de poser ses valises dans le hangar. Il s’agira du « premier festival marseillais dédié aux courts-métrages d’une minute réalisés avec l’IA ».
Et enfin, à l’automne, le Forum Méditerranéen de l’Intelligence Artificielle prendra lui aussi ses quartiers avec l’ambition de faire du numérique « un sujet de compréhension collective et de débat public ».
Et après ? Forte de son expérience, La Plateforme se verrait bien jouer les prolongations dans l’ex-Dock des Suds, même après son déménagement à Cazemajou, nous confie Bertrand Brême, responsable de La Plateforme Events. Mais la décision reviendra au propriétaire des lieux.