Transformation de la Joliette, mutation de Cazemajou, rénovation des Crottes… de nombreux projets d’Euroméditerranée vont être livrés ou entrer en chantier en 2026. Tour d’horizon.
« Nous allons passer d’une logique de projets à une ville opérationnelle sur Euromed 2 ». Isabelle Campagnola-Savon, nouvelle présidente d’Euroméditerranée, promet en 2026 une accélération tangible de la transformation de l’arrière-port marseillais.
Ce 11 février, l’établissement public d’aménagement avait convié la presse pour son traditionnel bilan de l’année écoulée et sa présentation des perspectives.
« On veut construire une ville équilibrée où chacun trouve sa place. Et on a la chance d’avoir ici le métro, le tramway et le train qui nous connectent à l’ensemble du territoire », lance en préambule celle qui préside l’opération d’intérêt national et qui souhaite un « Euromed bleu et vert ». C’est à dire tourné vers la mer et la transition écologique, « une de [ses] priorités ».
Création d’une foncière commerciale
La directrice d’Euroméditerranée, Aurélie Cousi, rappelle toutefois que le contexte politique, économique et international a été compliqué en 2025. Elle attire l’attention sur le fait que « seulement 100 logements ont été livrés. La conjoncture immobilière était tendue mais les taux d’intérêt sont à la baisse. La commercialisation des programmes avancent de nouveau à un rythme soutenable et les perspectives de mise en chantier sont mieux orientées ».
À terme, ce sont 40 000 habitants qui pourraient vivre sur le périmètre aménagé par l’établissement public. « C’est quand même l’équivalent d’une ville comme La Ciotat sur seulement 3% du territoire marseillais », tient à souligner la directrice.
L’implantation de commerces au pied des immeubles est également présentée comme « un enjeu majeur » pour insuffler de la vie dans le secteur. « Mais ce sont des choses qui sont complexes, concède Aurélie Cousi. Ça prend du temps. Au début vous avez deux habitants et à la fin vous en avez 20 000 ». Pour accompagner la dynamique, elle annonce la création d’une foncière qui va cibler environ 30 000 m2 de locaux commerciaux.
« Une transformation spectaculaire » à la Joliette
Au sud de l’opération d’intérêt national, la métamorphose n’est pas terminée. « On va avoir une transformation aussi spectaculaire que celle qu’on a connue autour du J4, promet la directrice d’Euroméditerranée. La place de la Joliette va s’ouvrir vers la mer avec la mise en chantier de deux grands projets du Port ».
La reconversion du hangar du J1, longtemps repoussée, devrait en effet démarrer au premier semestre 2026 pour accueillir d’ici 2029 un jardin public, des espaces de restauration, un complexe hôtelier, un centre culturel et scientifique de la mer et des bureaux.
Juste à côté, le J0 doit également entrer en travaux en juin 2026 pour accueillir d’ici 2030 le nouveau siège du Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM). La démolition de la gare pour les traversées vers la Corse, déplacée au nord des Terrasses du Port, va permettre de libérer la vue sur la mer.
Le secteur Saint-Charles va aussi poursuivre sa mue en réunissant plus de 7 000 étudiants après la livraison à la rentrée 2026 du campus Omnes Éducation. D’autres projets sont annoncés sur Euromed 1, à l’instar de la cité judiciaire, dont l’implantation à Arenc a été confirmée par le gouvernement et « dont les études programmatiques sont en cours ». Mais aussi la reconversion de l’église d’Arenc qui devrait échapper à la destruction.
Rénovation de l’habitat aux Crottes
L’aménagement du périmètre d’Euromed 2 va également s’intensifier cette année autour de la ligne de tramway T3, « sa nouvelle colonne vertébrale ». La seconde phase de la création du parc de Bougainville a été enclenchée et la renaturation du ruisseau devrait être visible « dès cette fin d’année ».
Le secteur de Cazemajou va connaître un nouveau coup d’accélérateur, après la livraison en 2025 du collège Loyola, avec l’inauguration mi-2026 du Phocéa, qui accueillera la Maison départementale des personnes handicapées, et l’ouverture à 3 000 étudiants du campus du numérique La Plateforme, fin 2026. La résidence CAP M’ est également attendue.
Le périmètre de l’ancien siège de La Provence, rue de Lyon, est quant à lui « en phase d’étude active ». Les premiers permis de construire doivent être déposés cette année. Un peu plus haut, c’est le noyau villageois des Crottes qui opère sa mue. La place Emmanuelli rénovée sera livrée cette année. La SPLA-IN va aussi intervenir pour l’amélioration de l’habitat. « Les quartiers historiques ne doivent pas être mis de côté, insiste Aurélie Cousi. Ils ont subi les travaux pendant des années. Eux aussi doivent bénéficier d’une rénovation de qualité ».
Une extension d’Euromed à Félix-Pyat
Au nord d’Euromed 2, après plusieurs années d’expérimentations avec les habitants, le nouveau Jardin des Fabriques sera inauguré dans sa version définitive au cours de l’été. Du côté de la station de métro, les travaux de couverture partielle du ruisseau des Aygalades se poursuivent dans le prolongement de l’avenue Cap Pinède requalifiée, avant la création d’une grande place piétonne qui sera livrée en 2030.
Un peu plus à l’est, « les études de conception sont en cours » en vue de la création du parc des Aygalades qui doit être lancée en 2027 pour une ouverture partielle en 2031. « Un hommage sera rendu au passé ferroviaire du site, indique Euroméditerranée. Certains vestiges de l’ancienne gare du Canet seront conservés pour garder une trace ».
Enfin, l’établissement public rappelle que, dans le cadre de l’extension de son périmètre acté en 2025, il a été mandaté par la Métropole pour la réalisation d’espaces publics dans le périmètre de Félix Pyat-Bellevue. « L’urbanisme, ça rend humble car on doit se frotter à des choses complexes, parfois à des échecs, confie la directrice. Il ne faut pas oublier qu’il y a du narcotrafic sur ce territoire. Mais on a foi dans ce secteur et on tient la dynamique ».