Une ancienne chaise, une caisse à vin… Dans le quartier de Saint-Loup, ces vieux objets abandonnés dans la rue trouvent une seconde vie à la Casse aux Trésors. Cette boutique de surcyclage vient interroger notre rapport à la consommation et à l’environnement.
Entre deux grandes enseignes de la galerie marchande d’Auchan Saint-Loup, la boutique éco-friendly Meanwhile héberge des dizaines de petits créateurs, promoteurs d’une consommation responsable.
Parmi eux, on retrouve La Casse aux Trésors. Cette petite fabrique marseillaise, fondée par Mélanie Sergent en 2022, fonctionne sur un système de récup’ aussi simple que vertueux. Elle donne une seconde vie aux meubles et objets qu’elle déniche sur le trottoir. Elle les répare, les transforme et les personnalise.
« Un déchet n’en est pas un tant qu’on peut en faire quelque chose »
Son aventure est parti d’un constat : de nombreux objets sont jetés dans la rue à Marseille. Elle s’est alors formée au travail du bois chez Make Ici Marseille, aux Arnavaux.
C’est dans cet atelier partagé du nord de la ville qu’elle a initié une « chutothèque » : une bibliothèque de chutes de bois et de métal récupérées auprès des artisans, devenues la base de ses créations.
Sa démarche éco-responsable est loin d’être cosmétique. Mélanie souhaite que ses créations soient utiles. « Tout a une fonction. Je privilégie les matières naturelles (bois, métal, verre) qui durent. Car le plastique, même recyclé, ça reste polluant », affirme l’artisane.
Créer et transmettre, les mots d’ordre de la Casse aux Trésors
Depuis le lancement de son activité, elle a déjà revalorisé plus d’une centaine de meubles et sensibilisé près de 10 000 personnes. Mais Mélanie ne se contente pas de créer, elle aime transmettre. Elle a en effet travaillé dans l’éducation à la biologie marine pendant 12 ans, ce qui lui a donné envie de travailler avec les enfants.
Aujourd’hui, elle intervient dans les écoles marseillaises pour animer des ateliers ludiques sur le recyclage et le surcyclage. « Les enfants ont encore cet émerveillement de la nature. Ils veulent la préserver. Ce sont eux qui, souvent, font changer les comportements des parents », partage-t-elle.
Des obstacles majeurs
Pourtant, les freins sont nombreux. « L’écologie, ça fait beau sur le papier, mais sur le terrain, les aides ne suivent pas », assure Mélanie. Les écoles manquent souvent de budget pour financer ses ateliers. La Casse aux Trésors doit donc composer avec un modèle économique fragile.
Malgré les difficultés, son engagement porte ses fruits. Mélanie a été distinguée par le label Fabriqué à Marseille et a remporté le premier prix de l’économie circulaire de la Région Sud.
Elle ne compte pas s’arrêter là. Elle se lance dans l’écriture d’un livre, une sorte de guide pédagogique pour transmettre sa vision d’une écologie « concrète, positive et accessible ».
