Ce mercredi soir, l’État, la Métropole et la Ville ont tenu à affirmer leur volonté commune de passer à la vitesse supérieure dans la lutte contre l’habitat indigne. Un directeur général devrait être nommé avant Noël à la tête de la société publique locale d’aménagement d’intérêt national. La place des habitants dans la gouvernance a également été évoquée.

Ce mercredi 25 novembre au soir, s’est tenu le deuxième comité de pilotage du Projet partenarial d’aménagement (PPA) du centre-ville de Marseille. Ce dispositif est né à la suite du drame de la rue d’Aubagne, le 5 novembre 2018, pour associer les pouvoirs publics nationaux et locaux dans une opération de rénovation et de lutte contre l’habitat indigne dans le cœur de Marseille. La plus grande de ce type en France.

La ministre en charge du Logement, Emmanuelle Wargon, a tenu à être présente aux côtés de la présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal, et de la maire de Marseille, Michèle Rubirola. « C’est un comité de pilotage important, au lendemain du deuxième anniversaire du drame, a-t-elle déclaré à la sortie de la réunion en préfecture des Bouches-du-Rhône. Il marque la volonté commune de réhabiliter de façon coordonnée le centre-ville contre l’habitat indigne et dégradé ».


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Métropole et Ville de Marseille, co-pilotes du projet partenarial d’aménagement

Martine Vassal (LR) et l’écologiste Michèle Rubirola, toutes deux candidates aux élections municipales de Marseille, ont vécu une campagne rugueuse, parfois même violente. Avec une Métropole et sa majorité à droite, et la gauche aux manettes de la deuxième ville de France, les rivalités entre les deux formations politiques se sont reportées ces dernières semaines dans les hémicycles des deux collectivités. Pourtant, ce mercredi, les deux cheffes de file ont affiché fermement leur conciliation sur le terrain de la lutte contre l’habitat indigne.

En particulier sur la question de la gouvernance du Projet partenarial d’aménagement. Son pilotage politique était jusqu’alors « animé par la Métropole » seule, en raison des compétences de la collectivité dans la politique locale de l’habitat et la politique de la ville. Il sera désormais partagé : « J’ai proposé à la maire [Michèle Rubirola] d’être co-pilote avec la Métropole, aux côtés de l’État toujours présent, affirme Martine Vassal. Pour que les actions soient menées dans la continuité de ce partenariat ».

« Je ne peux que me satisfaire de cette journée, a réagi la maire de Marseille. C’est un nouveau départ, grâce à la proposition de la présidente de co-piloter le PPA, qui nous permettra de reprendre notre centre-ville en main. Parce que la Ville n’a pas les compétences pour le faire. Maintenant on est associées. On est ensemble dans le même bateau ».

Nomination d’un directeur général pour la société publique d’aménagement « avant Noël »

Pour autant, la participation de la Ville de Marseille dans la société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in), qui doit piloter plus concrètement les opérations d’aménagement, ne sera pas revue à la hausse.

La municipalité détient 6 % de son capital, quand la Métropole en détient 59 %, et l’État (via l’Etablissement public Euroméditerranée) 35 %. « S’il y a la volonté de faire ensemble, ça dépasse les parts et les pourcentages », a tenu à préciser Emmanuelle Wargon.

Par ailleurs, deux ans après la création du PPA, la Spla-in n’est toujours pas en action. Son directeur général « d’amorçage », Didier Kruger, n’est plus en fonction depuis le 1er novembre 2020. « C’est pour cela que j’ai tenu à venir à ce comité de pilotage, explique la ministre du Logement. « Pour passer des déclarations d’intention à un calendrier précis, qui sera décliné dans les semaines qui viennent ».

Elle a tout de même tenu à faire quelques annonces plus significatives : « Très concrètement, on va avancer vite sur la mise en œuvre de la Spa-in avec un jury qui va se réunir très prochainement pour trouver le prochain directeur général avant Noël ». La mise en place du conseil d’administration de la société devrait suivre de près selon Emmanuelle Wargon, qui compte également « avancer vite sur la concertation et l’association des habitants ».

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Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, à Marseille

Quelle place pour les habitants dans la gouvernance ?

Michèle Rubirola a appuyé le propos de la ministre en assurant que l’objectif est de « faire ensemble un centre-ville qui ressemble aux Marseillaises et aux Marseillais, qui seront associés à ce projet ». La Ville prendra d’ailleurs en main le pilotage de cette « co-construction, avec des réunions mais aussi des actions innovantes : des ateliers, des balades urbaines… De nouveaux outils pour travailler avec la population ».

Cette question est brûlante, et la réponse réponse est en deçà des attentes du Collectif du 5 novembre, né de la mobilisation citoyenne au lendemain du drame. Il a exigé en début de mois « la présence de représentants de la société civile » dans les comités de pilotage et dans les instances de gouvernance, notamment de la Spla-in. Le collectif avait d’ailleurs, à ce titre, interpellé Martine Vassal en lui adressant un courrier il y a une quinzaine de jours.


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La ministre du Logement n’a pas fermé la porte à l’idée d’une implication plus forte dans la prise de décisions, affirmant qu’il s’agit d’une « question légitime, pas seulement de consultation et concertation, mais de place dans la gouvernance, sur laquelle on va apporter des réponses rapides. Plusieurs idées ont été évoquées, affirme-t-elle. Il faut qu’on expertise la bonne manière de faire. Mais je crois pouvoir dire en notre nom à toutes les trois [avec Michèle Rubirola et Martine Vassal] que la participation à la gouvernance elle-même, sur le principe, nous paraît intéressante ».

Peut-être s’est-elle avancée en parlant au nom des deux élues locales ? Martine Vassal a notamment tenu à préciser qu’« il y a des problèmes légaux. De responsabilité légale », qui pourraiet bloquer une participation citoyenne à la gouvernance.

Le chemin est encore long et complexe pour la réhabilitation du centre-ville de Marseille. Mais ce mercredi soir, les représentantes de l’État, de la Métropole et de la Ville ont tenu à affirmer ensemble, que ce grand projet allait passer à la vitesse supérieure.

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