Au travers de sa page « Marseille à la loupe », Mathieu Grapeloup suit et partage les évolutions des grands et des petits projets de Marseille. Il fait le point avec Made in Marseille sur la situation actuelle de la ville et ses métamorphoses.

Arrivé à Marseille quelque temps avant l’année de Capitale Européenne de 2013, lorsque le MuCEM, la Villa Méditerranée, le Frac, les Terrasses du Port, les Docks ou encore la Joliette étaient pour certains encore dans les tuyaux, Mathieu Grapeloup s’est passionné pour la métamorphose de la deuxième ville de France. Armé de son appareil photo, il a suivi les différents chantiers afin de partager via Facebook et sa page « Marseille à la loupe » les évolutions au jour le jour et les actualités de ces grands projets.


mathieu grapeloup, Rencontre avec le fondateur de « Marseille à la loupe » qui suit de près les grands projets marseillais, Made in MarseilleMade in Marseille – Bonjour Mathieu. Dans la description de votre page, vous dites que Marseille a pris du retard dans de nombreux domaines (transports en commun, propreté, espaces verts et piétons, etc). Une idée qui ressort d’ailleurs souvent. Est-ce si choquant que ça ?

Mathieu Grapeloup – C’est quelque chose qui saute aux yeux car j’ai vécu à Lyon et dans de grandes villes internationales comme Madrid, Toronto et Boston. Quand on a voyagé un petit peu et qu’on s’est habitué à ce que les choses fonctionnent normalement et qu’on arrive à Marseille où on voit tant de choses dysfonctionner, ça interpelle. Mais je pense que ça interpelle les néo-marseillais qui ont vécu ailleurs plus que les Marseillais qui ont vécu toute leur vie ici et qui se sont habitués ou résignés.

MIM – D’où l’idée de votre page pour dénoncer ces dysfonctionnement ?  

MG – Il y a plein de raisons historiques, culturelles et politiques qui font qu’aujourd’hui on en est arrivé là, mais ce n’est pas une raison pour ne pas bousculer un peu le système et les élus ! Pour autant, sur Marseille à la loupe, je ne suis pas que dans la critique. J’essaye de trouver un juste milieu entre la critique et les choses positives. Je suis aussi là pour pousser les projets qui me semblent aller dans le bon sens.

MIM – Avec Marseille Capitale Européenne de la Culture en 2013, beaucoup disent que cela a donné à la ville un coup d’accélérateur. Partagez-vous cette opinion ?

MG – Marseille en 2013 a découvert qu’elle avait un potentiel touristique. C’était un deuxième rebond après l’année 1998 et le mondial de football où il y avait déjà eu une prise de conscience. 2013 a vraiment été un deuxième souffle qui a encouragé les élus à mettre le paquet sur le tourisme et ils ont bossé sur la vitrine de la ville notamment avec Euroméditerranée, la Joliette, le J4, le Vieux-Port.

mathieu grapeloup, Rencontre avec le fondateur de « Marseille à la loupe » qui suit de près les grands projets marseillais, Made in Marseille
L’Esplanade du J4 et du MuCEM, deux grands projets hérités de MP2013.

MIM – Sur le centre-ville donc principalement…

MG – Oui et je trouve que les élus ne sont pas à la hauteur de leurs ambitions. Si vraiment ils veulent miser sur la vitrine pour plaire aux touristes, pourquoi ne mettent-ils pas le paquet sur la Canebière pour que le centre-ville soit propre ? On se dirige vers un renouveau touristique mais il y a encore un gros travail à faire pour que le centre-ville soit agréable pour les gens qui le découvrent. En plus, si on met tout le paquet sur le centre-ville, il va y avoir un sentiment d’abandon dans les quartiers en périphérie.

MIM – Ce n’est pas justement ce qui est arrivé avec MP2013 et de façon plus générale ?

GP – Clairement et je pense qu’avec MP2013 on a raté un coche. Il aurait fallu faire davantage de choses avec les quartiers nord pour les inclure. Cela aurait évité je pense le désintérêt de certains habitants pour l’événement. D’un point de vue global, il y a des tout de même des grands projets qui ont été mis en œuvre ces dernières années dans les quartiers nord et sud avec les travaux de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) ou l’allée des Calanques par exemple.

MIM – Parmi les grands projets dans les quartiers en périphérie du centre-ville, il y a aussi la L2 qui voit enfin le jour après presque un siècle de réflexion !

MG – Le problème de la L2 est qu’elle sort tellement tard qu’elle est presque « périmée » avant de sortir. Ce qui est positif tout de même c’est qu’une fois qu’elle sera terminée, puisque normalement les axes du centre-ville comme le cours Lieutaud et le Jarret seront désengorgés, leurs travaux de requalification devraient être lancés. C’est une bonne chose car ces axes sont devenus presque des autoroutes en plein centre-ville.

MIM – De nombreux projets ont été promis par Jean-Claude Gaudin lors de sa campagne électorale de 2014 comme un téléphérique pour rejoindre Notre-Dame de la Garde, un aquarium à la Joliette, un Casino, la remise en valeur sur Fort Saint-Nicolas et une nouvelle manière de traverser le Vieux-Port… Peuvent-ils tous être réalisés ?

MG – Le téléphérique est aux oubliettes pour l’instant et l’aquarium et le casino ne sortiront pas forcément pendant cette mandature d’après moi. Quant à la remise en valeur du Fort Saint-Nicolas, ce sera peut-être fait d’ici à 2020 et la traversée du Vieux-Port a été évoquée au dernier Conseil municipal donc ça avance. Si un de ces grands projets emblématiques sort de terre durant cette mandature, ça sera déjà bien.

MIM – Tous ces grands projets et l’évolution de la ville intéressent-ils davantage les Marseillais aujourd’hui comparé à avant ?

MG – Je ne sais pas s’ils sont plus intéressés ou si j’y ai contribué, par contre j’ai mobilisé un certain nombre de Marseillais en leur montrant qu’il y a des habitants qui s’intéressent à l’amélioration de leur cadre de vie, qu’il est possible de le revendiquer et de se faire entendre des élus. Beaucoup pensaient qu’ils étaient seuls alors qu’ils sont quelques centaines ou des milliers qui ont la rage que cette ville soit mise à la hauteur de ce qu’elle mérite.

MIM – Les élus justement, interviennent-ils aussi dans les discussions ?

MG – Oui, c’est arrivé sur certains posts que le débat s’emballe tellement que le maire de secteur en personne ou quelqu’un qui gère sa page Facebook intervienne. Par exemple quand une terrasse de café traversait la piste cyclable du boulevard Chave et que des barrières avaient été installées pour empêcher les vélos de passer. Ce post a fait beaucoup réagir et le soir même, Bruno Gilles le maire de secteur, est intervenu pour expliquer le pourquoi du comment. Et ce n’est pas l’unique fois qu’un élu est intervenu !

MIM – Beaucoup de pétitions circulent d’ailleurs depuis quelque temps, comme celle revendiquant la semi-piétonnisation du quartier Noailles ou celle pour sauver la Tour des Catalans…

MG – C’est grâce au phénomène internet et aussi au fait que les réseaux sociaux permettent de relayer facilement ce genre de pétitions. Puisque certaines ont abouti, cela motive les gens à tenter. Avec Marseille à la loupe, les gens ont ce sentiment que si tous ensemble on se mobilise, même sur un réseau social comme Facebook, on peut faire poids pour un meilleur vivre ensemble auprès des élus.

Par Agathe Perrier

2 commentaires

  1. J’apprecie beaucoup les nouveaux sites d’infos marsfillais (Marseille a la loupe, madeinmarseille, marseille live, gomet, marsactu,…), qui regenerent un peu l’information locale, peu interessante.

    Marseille a la loupe est tres equilibree, ni dithyrambique ni systematiquement critique et Mathieu Grapeloup est un vrai amoureux de la ville. J’avoue que connaissant bien l’histoire de notre cite, il me fait par contre decouvrir des endroits que je ne connais pas.

  2. J’apprecie les nouveaux medias internet qui couvrent Marseille (Gomet, Marsactu, Marseile Live, Mars news, Mase in Marseille, Marseille a la loupe, …..). Ils sont plus interesants que les journaux traditionnels.

    Marseille a la loupe n’est ni dans la critique systematique ni dans le dithyeambique. C’est fondamentalement un site constructif, qui peut faire evoluer les mentalites.

    Les marseillais sont trop fiers sans comprendre ni etre exigeants envers eux, leurs elus et pour leur ville. Ils ne sont sans doute pas assez alle voir ailleurs pour comparer. Leur formation scolaire est de plus assez faible.

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