Pour valoriser ses déchets, le centre commercial des Terrasses du Port va installer une micro-station de méthanisation sur son toit : la BioBeeBox. Un emplacement original et unique en France. Mise en service prévue au printemps 2022.

Une station de biométhanisation sur les toits d’un centre commercial. Ce n’est pas chose courante. C’est même une première en France. En 2022, les Terrasses du Port exploiteront ce nouvel équipement, installé à la place des groupes froids devenus obsolètes, depuis que le bâtiment est alimenté en énergie par la boucle d’eau de mer Thassalia. 5 000 m² de panneaux photovoltaiques permettent au site d’être « autonome » en énergie.

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Un financement conséquent de plus d’un million d’euros vient d’être validé en interne. Il marque le coup d’envoi de ce projet imaginé il y a deux ans, en partenariat avec Véolia et Bee&Co. Cette start-up bordelaise a élaboré une solution de transformation des déchets organiques en produits d’intérêt par une application concrète de l’économie circulaire : la BioBeeBox.

Pour l’entreprise, tous les déchets organiques des municipalités, de la restauration collective, de l’industrie agroalimentaire, de la grande distribution ou des ménages peuvent être traités et valorisés dans la BioBeeBox. « Notre produit permet la gestion des bio-déchets en contenaires pour en assurer l’extraction des matières valorisables, l’eau, le compost et l’énergie », nous explique Véronique Perez, présidente de Bee&Co.

« Nous sommes complètement dans une démarche vertueuse »

Le dispositif va s’appuyer sur la collecte des déchets déjà organisée auprès des 23 restaurants des Terrasses du Port, à raison de 3 à 4 fois par jour. En effet, dans le cadre de la démarche « nette positive », engagée en 2017 par le groupe Hammerson, les Terrasses du Port, en partenariat avec Véolia, valorisent déjà 80 % de ses déchets, via son centre de tri internalisé, situé au sein de son quai de livraisons.

« La BioBeeBox est un projet vraiment innovant, nous confie Marie Canton, directrice des Terrasses du Port. Il va nous permettre de valoriser directement les bio-déchets qui sortent de nos restaurants ou de Monoprix. Ils vont rester en interne, monter sur la station de biométhanisation et nous permettre de produire du gaz qui va se transformer en énergie, du compost et on va récupérer de l’eau que l’on va réinjecter, là aussi, dans nos systèmes et réinternaliser. Nous sommes complètement dans une démarche vertueuse ».

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Comment les déchets sont transformés en ressources avec la BioBeeBox ?

Mais comment fonctionne concrètement la BioBeeBox ? « Les biodéchets sont amenés par une trémie jusqu’au broyeur qui les découpe jusqu’à l’obtention d’une soupe homogène. Elle est chauffée pendant 1 heure à 70°C pour la pasteuriser », explique le fondateur Philippe Brousse. Destruction des bactéries et virus garantie. Le cocktail est ensuite transférée dans ce qu’on appelle un digesteur hermétique. « En l’absence d’oxygène, la matière organique va fermenter et ainsi produire du biogaz. On récupère alors un sous-produit appelé le digestat ».

Le biogaz, riche en méthane, est brûlé pour obtenir de la chaleur et de l’électricité par turbinage. Le digestat, lui, est ensuite séparé entre une phase liquide et une phase solide. « Il est envoyé dans un process de compostage par aération forcée pour obtenir un compost normé. Réutilisé comme amendement organique, le compost restitue au sol le carbone qu’il contient, assurant ainsi le retour à la terre de la matière organique », poursuit le directeur.

Pour la phase liquide, « le digestat est transféré dans un procédé de traitement d’effluent qui permet la production d’eau industrielle ou d’eau déminéralisée selon les besoins identifiés aux alentours sur la ressource eau ».

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Jusqu’à 500 tonnes de bio-déchets traités par an

La gamme des BioBeeBox propose des solutions de productions des déchets compris entre 30 et 2 000 tonnes par an. Aux Terrasses du Port, la structure aura une capacité de 500 tonnes pour un centre qui en produit 250 par an. Dans une démarche d’économie circulaire, les 250 tonnes restantes seront récupérées à l’extérieur.

Des restaurateurs de la rue de la République par exemple, des Docks ou à proximité pourront directement venir déposer leurs bio-déchets. « On réduit, là encore, le nombre de camions, la congestion de la circulation, on massifie et on pourra, pourquoi pas, revendre l’énergie produite », poursuit Marie Canton. La directrice envisage d’ailleurs de solliciter « d’autres institutions pour soutenir ce projet », qui a reçu un financement de l’Agence de la transition écologique (Ademe).

« Une première mondiale »

Une BioBeeBox a été installée en plein cœur de ville de Vitry-sur-Seine, sur un site viabilisé en eau et électricité, en moins de 24 heures. Elle traite et valorise les biodéchets des 40 écoles de la ville. Les biodéchets sont collectés 2 fois par semaine dans les cantines et directement déchargés dans la trémie de la BioBeeBox. Ce sont ainsi plus de 300 tonnes par an de biodéchets qui seront traités et valorisés.

À Marseille, une phase test devrait débuter après l’obtention des autorisations administratives d’ici à la fin de l’année, pour un démarrage prévu au deuxième semestre 2022. Pour Philippe Brousse, l’installation d’une station de bio-méthanisation sur le toit d’un centre commercial est certes, une première française, mais c’est même d’après ses informations, « une première mondiale ». 

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Véronique Pérez et Philippe Brousse fondateurs de Bee&Co. La start-up a, par ailleurs, participé au Smart Port Challenge avec pour défi : comment valoriser les déchets organiques produits par les armateurs et les plaisanciers sur les bassins Est du GPMM. © N.K.
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