Interview – Un Marseillais raconte son expérience après un mois sans voiture

Yannick Devolder a accepté de livrer son expérience à Made in Marseille
Au cours du mois de novembre, 100 volontaires marseillais ont fait l’expérience de passer un mois sans voiture et d’utiliser les autres moyens de transports à Marseille : bus, tramway, métro, vélo, voiture électrique, TER… Rencontre avec Yannick Devolder, l’un de ces volontaires, qui dresse son bilan pour Made in Marseille.

L’objectif de cette opération baptisée « Mobile sans ma voiture » lancée par la Ville de Marseille, et qui s’est déroulée entre le 18 novembre et le 16 décembre 2017, était d’apprendre aux habitants à se déplacer sans avoir à utiliser leur véhicule personnel. Pendant toute la durée de l’expérience, ils ont ainsi pu profiter des autres moyens de transport gratuitement.

100 volontaires se sont ainsi prêtés au jeu. Parmi eux, Yannick Devolder, un Marseillais de 44 ans, cadre dans la grande distribution. Habitant le 8e arrondissement, il travaille toutefois dans le 13e arrondissement. Un trajet qu’il a l’habitude de faire tous les jours en deux roues. Dans le cadre de l’opération « Mobile sans ma voiture », il a troqué son scooter contre les transports en commun et plus précisément le métro.

Voyage à bord du métro marseillais

Made in Marseille – Bonjour Yannick, qu’est ce que vous retenez en premier lieu de cette expérience ?

Yannick Devolder – D’abord, la saison choisie pour cette expérience n’était pas la bonne… En effet, nous avons du marcher beaucoup plus que d’habitude. Et comme, j’ai deux enfants de 4 ans et 6 ans, le froid n’était pas vraiment pratique.

Quelles sont les différences qui vont ont le plus sauté aux yeux entre vos trajets habituels en scooter en ceux en transports en commun ?

En deux roues, qu’il y ait du monde ou non, je mets 20 minutes maximum pour arriver sur mon lieu de travail, en partant de chez moi. En transports en commun, de porte à porte et en prenant le métro entre les stations rond-point du Prado (ligne 2) et Frais Vallon (ligne 1), j’ai mis 50 minutes ! Outre le temps plus long, notamment avec quelques soucis de timing en métro sans être graves, j’ai noté surtout un climat d’insécurité tard le soir.

Et concernant vos trajets personnels et en famille, est-ce qu’il a été difficile d’être « mobile sans sa voiture » ?

Pour nos sorties personnelles, avec ma famille, nous avons utilisé à la fois métro, bus et tramway, ce qui nous a largement suffit pour faire les navettes de chez nous jusqu’au centre-ville. Concernant les bus, je trouve qu’ils ne sont pas assez nombreux car il y a parfois beaucoup d’attente entre deux passages. Hors centre-ville, hélas, la voiture est indispensable.

Et, est ce que vous avez profité pour utiliser les autres moyens de transport qui étaient à votre disposition : voiture électrique, vélo en libre-service, TER ?

J’ai eu l’occasion d’essayer les voitures électriques en autopartage TOTEM Mobi. Elles sont très fun à l’utilisation, mais en centre-ville, car l’arrondissement où j’habite par exemple n’est pas en zone verte et il n’y a donc pas de voiture disponible près de chez moi. Toutefois, cela reste un service idéal pour circuler en centre-ville et pour se garer (ndlr : le stationnement en surface est gratuit pour l’utilisation des voitures électriques TOTEM Mobi).


La carte des zones vertes TOTEM Mobi, zone où l’on peut trouver des voitures électriques en libre-service.

Est-ce que cette expérience vous a donné envie de vous séparer de votre scooter pour passer aux transports en commun, définitivement ? 

Non, je ne suis hélas pas encore prêt à lâcher mon deux roues pour les transports en commun, mais je suis prêt à faire des efforts pour les utiliser plus… L’utilisation plus intensive des transports en commun est envisageable pour les allers/retours au travail, et bien évident pour les sorties en ville, ce que nous faisons déjà.

Une pratique que je vais utiliser plus souvent, c’est le vélo en libre-service. C’est un moyen de transport que je trouve super agréable quand il fait beau, même si cela reste parfois dangereux sur Marseille à cause de la circulation.

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3 COMMENTAIRES

  1. Marrant. Moi ça fait 15 ans que je fais ça dans Marseille… 15 ans que je me débrouille pour aller travailler à pieds, en vélo ou encore en transports en commun. Et je suis loin d’être le seul. Mais personne n’en parle. Cela dit, c’est vraiment pas évident tous les jours. Pour les sorties le soir, quand on habite dans le 8eme, il faut oublier les transports en commun.
    On m’a déjà volé mon vélo tout neuf en plein après midi, devant le centre bourse, avec caméra de surveillance et policiers dans la rue. On a essayé de me voler un 2eme vélo sur le Prado en plein midi. Mais avec un U ils n’ont pas pu et on essayer d’enlever mes roues.
    Bref, il y a encore des progrès à faire notamment en matière de transports en communs, de sécurité des personnes et des biens, et de respect du code de la route dans Marseille. Respect qui s’applique aussi bien aux motorisés qu’aux non motorisés. Les piétons à leur place, et les 2 roues et voitures à la leur.
    Une expérience intéressante, mais marginale. Un coup de buzz en somme.

  2. Un gros coup de buzz, mais qui ne fait pas de mal … A condition que ces gens soient écoutés, que leur retour soit pris en compte. Je ne prends pas beaucoup la voiture, vélo, transports en commun et marche permettant de faire pas mal de choses et les véhicules Totem complétant bien l’offre, mais j’habite et travaille en centre ville … Trop facile. En dehors de ce tout petit périmètre c’est le désert, il ne reste que les bus, irréguliers, sujets aux embouteillages, et les TER aux horaires parfois contraignants, qui collectionnent retards et les annulations … Même le Vélo et Totem sont cantonnés à un centre ville un tout petit peu élargis. Dès qu’on va un peu trop au sud, à l’est et surtout au nord, à part si on peut se permettre 3h de transport par jour, il faut un véhicule perso motorisé.

  3. Une opération qui a au moins le mérite d exister !! Cela m’a permis d essayer d autres modes de locomotion que mes habituels.
    Cette opération m’a fait prendre conscience aussi qu il y avait des moyens alternatifs pour se déplacer en ville et grâce à elle j utilise moins ma voiture à ce jour

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