Le projet Imertium, porté par des citoyens depuis 2020, vise à créer un lieu unique et pédagogique pour préserver le patrimoine maritime en Méditerranée. Il a finalement atterri au J1 avec l’ambition d’être un pôle culturel, scientifique et immersif.

Sur le papier, les projets de lieux culturels dédiés au monde maritime ne manquent pas à Marseille, depuis la fermeture du musée de la Marine en 2018. En décembre dernier, la Ville a même acté le principe de rachat des anciennes Galeries Lafayette au Centre Bourse pour les transformer, en partie, « en pôle de culture scientifique et maritime à destination notamment des enfants ».

Pourtant, un projet citoyen similaire et ambitieux est dans les cartons depuis 2020. Porté par Bruno Terrin, président de l’association La Navale, ancrée au bassin du Radoub (2e), le projet Imertium veut faire revivre le patrimoine maritime en Méditerranée à travers un centre culturel, scientifique et immersif autour de la mer.

Soutenu depuis le départ par la communauté portuaire, dont le Grand port maritime de Marseille (GPMM), ce projet a mis du temps à trouver son point de chute. À l’époque, le port lui avait proposé de s’installer dans l’ancienne base sous-marine Martha, au nord de Marseille.

Mais, au regard des investissements colossaux sur le site, c’est finalement Interxion, leader des data centers américains, qui y a fait construire son troisième centre de données.

Le J1 comme point de chute

Bruno Terrin n’a toutefois pas baissé les bras. Cet amoureux de la mer garantit que « ce projet se fera » pour « remettre Marseille à l’honneur » dans le paysage maritime. Ce dernier a néanmoins changé de stratégie afin de se rapprocher du centre-ville pour que son projet soit « économiquement viable ».

Le projet immobilier sur le J1, remporté par le groupement porté par Adim Provence (Vinci Immobilier) en 2019, lui est donc apparu comme un écrin accessible et symbolique. Imertium s’est associé avec le gestionnaire d’espaces culturels, Edeis Culture, pour répondre à l’appel à projets.

Combo gagnant : le duo a remporté l’occupation de 5 000 m2 exploitables de la friche industrielle du port. Leur espace sera scindé en deux parties distinctes. D’un côté, un pôle de recherche avec un auditorium de 200 places assises et des salles pour les professionnels sur 1 400 m2. Et de l’autre, un centre culturel de 3 600 m2 avec 500 m2 d’exposition et des ateliers pour les enfants, voulu comme un parcours immersif.

imertium, En images | Découvrez le projet de grand centre culturel et scientifique dédié à la mer au J1, Made in Marseille
Visite immersive d’un sous-marin (Le Griffon)

Un comité scientifique

Ce parcours en huit étapes a déjà été imaginé par le scénographe François Confino, associé au studio LLTT de Turin. Ce spécialiste de la confection d’expositions a notamment travaillé sur le Chaplin’s world en Suisse, musée immersif qui reconstitue des scènes grandeur nature des films du cinéaste.

Les 350 000 visiteurs attendus lors de l’ouverture du J1 pourront ainsi découvrir les épopées des grands explorateurs de la Méditerranée, les métiers hors-normes du monde maritime, ou l’évolution de l’industrie navale. Ils pourront aussi découvrir les espèces inconnues des profondeurs abyssales de la grande bleue.

« On ne veut pas que les gens viennent voir un spectacle, ils doivent repartir en ayant appris des choses », assure Géraldine, chargée de projets. Pour offrir une connaissance à la pointe, Imertium s’est ainsi entouré d’un comité scientifique, composé de figures comme l’architecte océanographe, Jacques Rougerie, des historiens, mais aussi les Musées de Marseille et le musée océanographique de Monaco.

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La salle des explorations en Méditerranée.

Un financement participatif

Restent cependant encore deux inconnues. D’abord, la date d’ouverture du J1 réhabilité qui devait ouvrir avant les Jeux olympiques 2024, et dont les travaux devraient finalement démarrer cet été. Ce n’est qu’une fois le premier coup de pioche donné que l’amarrage du projet sera entériné.

Par ailleurs, le projet recherche 16 millions d’euros de fonds pour investir. La société Imertium devrait apporter 5,5 millions d’euros sur la table, en plus des subventions demandées à la Région Sud, la Métropole Aix-Marseille-Provence et à l’Europe, et des dons de mécènes. « On aura le financement », assure Bruno Terrin.

Imertium a également transformé ses statuts en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) afin de permettre aux citoyens de participer. Car in fine « c’est le patrimoine des Marseillais que l’on veut sauver », rappelle Bruno Terrin, notamment une partie des réserves de musée de la Marine.

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