En marge de sa visite à Marseille pour l’inauguration de l’extension du tramway, le ministre des Transports Philippe Tabarot précise qu’il souhaite présenter « une grande loi sur les transports en conseil des ministres, à la suite des travaux qu’on avait lancés à Marseille ».

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, est à Marseille aujourd’hui pour l’inauguration de l’extension de la ligne T3 du tramway. Il en a profité pour détailler les contours d’une future loi-cadre destinée à renforcer durablement le financement des infrastructures de transport. Entretien.

« Dans quelques semaines, je présenterai une grande loi sur les transports en conseil des ministres, à la suite des travaux qu’on avait lancés à Marseille », annonce-t-il. Selon le ministre, ce texte devrait être présenté « au mois de février » et prendre la forme d’« une loi-cadre qui va nous permettre de traduire concrètement la conférence de financement qu’on avait lancée ici à Marseille ».

Philippe Tabarot, Philippe Tabarot : « Je veux une loi pour financer durablement les transports », Made in Marseille
Philippe Tabarot : “Je tenais à être présent aujourd’hui car Marseille est une ville chère à mon cœur et parce qu’il s’agit d’un projet important, ambitieux, au service des Marseillais. C’est la concrétisation d’une promesse qu’il leur a été faite pour rejoindre plus facilement leur travail et leurs proches. Marseille en grand, ça avance et ça marche ! C’est une révolution de tous les transports”.

« Le transport doit financer le transport » : les autoroutes dans le viseur

Au cœur du projet, la volonté de dégager de nouvelles ressources dédiées aux infrastructures. « L’idée, c’est d’avoir plus de recettes pour les transports, que le transport finance le transport », insiste Philippe Tabarot. Il vise en particulier « les recettes des péages et des autoroutes », afin qu’elles soient « réfléchées sur les infrastructures de transport, notamment le ferroviaire, les routes nationales, les routes départementales, les ponts ».

Le ministre assume un changement d’échelle budgétaire. « En gros, c’est de se dire qu’on doit monter le niveau d’investissement. C’est 3 milliards aujourd’hui, il faut le monter à 4,5 milliards », affirme-t-il. Selon lui, « le transport peut le financer lui-même, mais il faut le fléchage », reconnaissant au passage que « certains ne le souhaitent pas forcément ».

Inscrire le financement « dans le marbre de la loi »

Pour éviter les à-coups et les reports successifs, Philippe Tabarot souhaite sanctuariser ces principes. « Je veux pouvoir l’inscrire dans le marbre de la loi pour que systématiquement, on puisse ensuite aller vers des lois de programmation qui fassent que chaque année on soit sur un bon niveau d’investissement », explique-t-il.

Un choix justifié par l’état du réseau. « Parce que si vous ne le faites pas et si vous repoussez, après on a le problème des infrastructures qui se pose, et on crée une dette grise qui fait que ça va coûter beaucoup plus cher », alerte le ministre, qui dit viser « un niveau d’investissement plus important ». « Cette loi-cadre va le permettre », assure-t-il.

Priorité à la régénération des réseaux

Interrogé sur l’utilisation concrète de ces financements, Philippe Tabarot indique que la priorité ira d’abord à l’existant. « Ça part principalement de la régénération et de la modernisation de réseaux ». Si le texte pourra « à terme bien sûr permettre la création d’infrastructures supplémentaires », « la priorité quand même va aller sur la régénération des infrastructures qui en ont besoin ».

« En France, on a des infrastructures ferroviaires qui sont vieillissantes, des routes nationales qui ont besoin d’investissements, comme les routes départementales ». Les autoroutes, en revanche, « sont en très bon état », mais doivent poursuivre leur adaptation : « il faut continuer à les décarboner par rapport à la transition qui est opérée aujourd’hui avec les véhicules électriques ».

Accompagner les projets locaux

Pour le ministre, l’objectif est clair : « le plus important, c’est qu’il y ait du financement sur les transports et sur les infrastructures existantes ». Et lorsque des projets structurants émergent localement, l’État entend répondre présent. « Quand il y a de beaux projets comme ici à Marseille et dans la métropole, être au rendez-vous pour les accompagner financièrement », conclut-il.

À Marseille, cette annonce donne une portée nationale à une visite initialement consacrée à l’extension du tramway, en inscrivant les projets locaux dans une stratégie plus large de refondation du financement des transports.

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