Dans ses ateliers marseillais, l’entreprise textile Fil Rouge continue de produire, malgré une situation financière devenue critique.
Placée en redressement judiciaire depuis le 1er décembre 2025, la société annonce travailler à la mise en place d’un financement participatif, présenté comme l’un des leviers possibles pour maintenir l’activité et préserver les emplois.
Une entreprise fragilisée, placée sous procédure judiciaire
Fondée en 2014, Fil Rouge s’est développée autour d’un modèle associant confection textile Made in France et insertion professionnelle. Mais comme d’autres acteurs industriels, l’entreprise fait face à de fortes tensions de trésorerie. Dans un communiqué adressé hier aux journalistes, la direction confirme que ces difficultés ont entraîné des retards de salaires et conduit à l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire.
En interne, des réunions d’information sont organisées afin de tenir les salariés informés de l’évolution de la situation. La priorité affichée reste la continuité de l’activité et la sauvegarde des postes existants.
« Si nous ne faisons rien, ce n’est pas seulement une usine qui risque de fermer : c’est une part de l’âme sociale et industrielle de Marseille qui pourrait disparaître. Fil Rouge lance aujourd’hui un appel responsable et bienveillant à toutes celles et ceux qui croient à la relocalisation industrielle », précise l’équipe dans son communiqué.
55 salariés et des parcours d’insertion
Aujourd’hui, Fil Rouge emploie 55 salariés, dont une part importante est issue de parcours d’insertion. L’entreprise travaille également avec le chantier d’insertion Insermode, partenaire historique, qui accompagne plus d’une centaine de personnes vers le retour à l’emploi.
Dans les ateliers, la production textile s’accompagne d’un travail de formation et de transmission des compétences. Au fil des années, plusieurs centaines de personnes ont été formées, certaines poursuivant ensuite leur parcours professionnel en dehors de l’entreprise, d’autres évoluant en interne.
Un savoir-faire local confronté au gel de marchés
Fil Rouge s’est fait connaître lors de la crise sanitaire de 2020, lorsque ses équipes avaient participé à la fabrication de masques en réponse à la pénurie nationale. Depuis, l’entreprise a travaillé pour différents acteurs du secteur sportif et industriel comme Puma et l’OM, et pris part à des projets d’ampleur nationale comme la confection des maillots des bénévoles pour les Jeux olympiques de Paris 2024 avec Decathlon.
Mais après une première période de fragilisation en 2024, le gel de certains marchés majeurs a de nouveau pesé sur son équilibre économique. Une situation qui limite aujourd’hui sa capacité à se positionner sur de nouveaux appels d’offres, malgré un outil de production toujours opérationnel.
Un soutien participatif en préparation
Sans avancer de montant ni de calendrier précis, Fil Rouge indique préparer un dispositif de soutien participatif. Celui-ci viserait à associer citoyens, partenaires économiques et institutions à la poursuite de l’activité.
« Nous ne demandons pas l’aumône. Nous demandons simplement le droit de continuer à travailler, à produire, à former et à transmettre », indique Fil Rouge.
Pour l’entreprise, il s’agit moins de rechercher une aide ponctuelle que de gagner du temps et de la visibilité afin de continuer à produire, former et maintenir un savoir-faire industriel local, dans un contexte où les fermetures d’ateliers textiles se multiplient.

