Regroupées dans le collectif Tous Acteurs, 180 structures économiques de la métropole publient 42 propositions pour redynamiser les centres-villes, attirer des entreprises et la jeunesse.
Le collectif Tous Acteurs, regroupant 180 structures économiques de la métropole depuis 2018, veut agir en vue des élections municipales de mars prochain. Soixante acteurs ont travaillé sur 42 propositions pour « booster l’économie » locale sur le foncier économique et le logement, la mobilité, les centres-villes, la jeunesse, l’attractivité et les grands projets.
« On a proposé un mode opératoire, un contrat de gouvernance partagée pour les aider à mettre en place les propositions », affirme Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille Provence (CCIAMP) à l’initiative du collectif en 2018. Cette méthode reprend une idée similaire de Philippe Korcia, président du syndicat patronal de l’UPE 13, formulée lors de ses vœux le 19 janvier.
Ces propositions seront soumises, dès ce mercredi à tous les candidats déclarés pour les élections municipales. Parmi elles, certaines se dégagent, notamment sur les centres-villes. La grande étude sur le centre-ville de Marseille en 2025 par la CCIAMP, cofinancée par la Région Sud, la Métropole Aix-Marseille-Provence et la Ville de Marseille, a servi de toile de fond pour élaborer cette feuille de route pour les municipales.
Des propositions pour redynamiser les centres-villes
Comme le spécifiait cette étude, les artisans manquent de locaux pour s’installer. Le collectif propose ainsi de créer des « rues des métiers » afin de développer les ateliers ouverts et les vitrines en façade pour valoriser, entre autres, le label du type « Fabriqué ici ». Des labels existent déjà comme « Fabriqué à Marseille » lancé par la municipalité en 2024 ou « Préférence Provence » par le Département des Bouches-du-Rhône en 2020.
Par ailleurs, le collectif souhaite faciliter l’accès au centre-ville. Aujourd’hui, les parkings, presque tous aux mains d’une poignée de groupes privés (Indigo, Q-Park, Effia) sont onéreux dans les villes de la métropole. C’est pourquoi, « nous voulons réaffecter des parkings de proximité avec des tarifs très incitatifs », affirme Vincent Gaymard, vice-président de l’UMIH13. Par exemple en proposant la première heure gratuite, un forfait pour la soirée, ou des abonnements pour les commerçants.
La création d’un festival annuel chaque hiver, déployé dans toutes les communes de la métropole, fait aussi partie des propositions, à l’image de la Fête du Citron à Menton. Il pourrait s’agir de marchés thématiques, gastronomie, spectacles, parcours autour du patrimoine historique, géographique, culturel, culinaire, immatériel.
Attirer de nouvelles activités en ville
Développer l’économie locale passe aussi par attirer des entreprises nationales et internationales pour les entrepreneurs. Cela consiste notamment à mettre en place des zones avec des incitations fiscales sur les cœurs marchands, en créant « des périmètres d’exonération partielle » comme sur la taxe foncière pour les propriétaires qui rénovent.
Jean-Luc Chauvin a déjà insisté sur cette proposition lors de l’annonce du départ de la cité judiciaire de Marseille du côté d’Arenc, derrière la tour CMA CGM, pour attirer les entreprises et combler le vide laissé en centre-ville.
Sans oublier la jeunesse
À l’instar du syndicat patronal des grandes entreprises de la région, le Medef Sud qui a formulé sa volonté d’investir dans la jeunesse, le collectif Tous Acteurs dévoile une série de propositions, consciente que les jeunes de 18 à 25 ans représentent 46% des nouveaux entrants dans la métropole en 2025.
L’une d’entre elle revient d’abord sur le besoin de développer davantage les écoles supérieures d’ingénieurs dans la région pour atteindre l’objectif de 1 000 ingénieurs supplémentaires diplômés d’ici 2030, avec dans le viseur le développement attendu des industries décarbonées à Fos-sur-Mer. Dans le même temps, Tous Acteurs veut développer un lieu totem pour héberger une école des métiers de la mer pour valoriser la filière maritime entre Marseille et Fos.
Le collectif soutient également l’idée de créer une école hôtelière de qualité, renommée dans le monde, comme celle de Lausanne. Mais aussi accueillir une école dédiée à l’IA et à la cybersécurité, dont un projet colossal est déjà en cours dans le futur campus Théodora de 35 000 m2 à Gèze par l’entrepreneur Kévin Polizzi.
