Une nouvelle mobilisation sociale est attendue ce samedi 31 octobre à Marseille. Cet « acte III » est incertain et toujours sous haute tension. Des impacts sont probables, notamment sur les transports en commun.
Alors que les manifestants nous ont habitués aux déguisements les plus insolites ces dernières semaines, Halloween devrait avoir une teinte sociale cette année. En effet, ce samedi 31 octobre doit se tenir l’acte III de la mobilisation contre la vie chère et pour l’amélioration des conditions d’études et des services publics.
Ces revendications se sont exprimées lors des deux premiers actes. Elles provenaient autant du mouvement des gilets jaunes que de la mobilisation lycéenne lancée en septembre. Mais aussi des organisations syndicales. Ces dernières se concentrent surtout sur la grande journée nationale de grève et de manifestation le jeudi 5 novembre, mais certaines, comme la CGT ou Solidaires, soutiennent la mobilisation de samedi et comptent se joindre aux cortèges.
À Marseille, « à l’heure où on se parle, je n’ai pas de dépôt de déclaration de manifestation » a indiqué le préfet Jacques Witkowski ce jeudi vers 15h. Le représentant de l’État à Marseille n’a pas souhaité répondre aux journalistes concernant les prévisions du mouvement social et les dispositifs de sécurité. « Ayez confiance », a-t-il sobrement rétorqué concernant le maintien de l’ordre.
Emmanuel Macron, en visite à Marseille ce lundi, tablait pour sa part sur une journée qu’il juge « à risque ». Le président de la République souhaite que les manifestations se déroulent « hors des centres-villes » pour protéger les commerces, fortement impactés, pillés et dégradés le 17 octobre.
Cortège aux Réformés, sitting à la mairie et manif d’halloween à la Plaine ?
De nombreuses actions sociales pourraient se tenir dans toute la ville si on se réfère aux réseaux sociaux et au site dédié à la mobilisation du 31 octobre, se revendiquant des gilets jaunes. Cet « acte III, pour nos libertés ! » appelle notamment à des rassemblements ou « sitting », devant « toutes les mairies » de France et l’Assemblée nationale.
La carte interactive de ce site dénombre à cette heure plus de 570 actions dans le pays, dont plusieurs dizaines à Marseille. Un sitting est prévu devant l’hôtel de ville. Deux cortèges sont répertoriés, dont un au bas de la Canebière à 13h30. L’autre est un rassemblement « nocturne Halloween » prévu à 20h à la Plaine (place Jean-Jaurès).
Sur les réseaux sociaux, un appel largement relayé invite à une manifestation au départ des Réformés à 14h. C’est de là qu’est partie le grand cortège samedi 24 octobre, qui avait rejoint la Porte d’Aix en évitant l’hypercentre.
Les transports certainement impactés
Pour l’heure, la Régie des transports métropolitains (RTM) ne communique pas sur les perturbations à prévoir dans le réseau marseillais de transports en commun. Mais, si la mobilisation est intense à Marseille, il est fort à parier que le réseau soit largement impacté. Samedi dernier, deux lignes de tramway sur trois avaient cessé de circuler dans le grand centre-ville.
À noter que, depuis plusieurs semaines déjà, la Métropole a retiré ses vélos en libre-service de son service Levélo qui faisaient l’objet de dégradation ou de projectile. Les opérateurs privés (Lime, Voi, Pony) vont également retirer leur flotte de trottinettes et vélos électriques des rues du centre-ville ce samedi.
Les commerces du centre-ville fermés ?
« Samedi, on se barricade. On espère faire du chiffre le matin », nous indique ce commerçant de la rue Paradis. Un axe lourdement touché par les pillages du 17 octobre. Sa boutique a été épargnée, mais la fréquentation « à chuté de 80%. Presque quatre magasins sur cinq sont fermés, la rue ne vit plus ».
Nicole Richard-Verspieren, présidente de l’association des commerçants du centre-ville, veut toutefois croire à un samedi plus clément pour l’activité des magasins du cœur de Marseille. « Beaucoup se sont décidés à ouvrir quand même. La situation a évolué par rapport au 17 octobre, avec des forces de l’ordre en plus grand nombre et plus actives. On a besoin de travailler. Les commerçants sont des résistants », clame-t-elle.
Le ministre promet un dispositif de sécurité « extrêmement robuste »
À cette heure, le préfet des Bouches-du-Rhône n’a donc formulé aucune interdiction ni restriction. Contrairement à la semaine dernière, où il avait imposé des couvre-feux, interdit les manifestations et suspendu les transports, avant de revenir sur ces deux dernières mesures.
De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’attend « à ce que ce soit à nouveau compliqué, que ce soit de nouveau une grosse journée de mobilisation […] on va déployer un dispositif extrêmement robuste », a-t-il assuré, ajoutant que « la soirée d’Halloween est traditionnellement toujours animée ».