La future piscine de Bougainville alimentera en partie l’arrosage du parc voisin. L’eau des douches et du nettoyage des filtres sera récupérée puis traitée pour limiter le recours à l’eau potable.
À Marseille, l’eau des douches des nageurs ou encore au nettoyage des filtres de la future piscine de Bougainville aura une deuxième vie. Une partie de ces eaux sera récupérée, traitée, puis utilisée pour arroser les espaces verts du parc de Bougainville, dont une première partie a été livrée en 2024.
En intégrant cette installation dès la conception de la piscine, la Ville cherche à éviter de puiser dans le réseau d’eau potable pour arroser le parc.
Nomado, la société marseillaise aux commandes du projet
Derrière cette importante mécanique se trouve justement une entreprise marseillaise, Nomado. Installée dans le 14e arrondissement depuis 2013, la société conçoit et fabrique des installations capables de traiter des eaux usées ou polluées. La société a remporté l’appel d’offres pour concevoir et installer le système de récupération et de traitement des eaux.
Le projet est mené dans le cadre de la construction de la piscine par l’Établissement public d’aménagement Euroméditerranée. « Nous serons en mesure de retenir plus de 99,9 % des bactéries et des virus. Dans une piscine municipale classique, ces eaux sont généralement évacuées dans le réseau d’assainissement après usage. La réutilisation des eaux usées traitées existe, mais elle dépend de la réglementation, de la configuration du site et des usages envisagés », explique Simon Édouard, directeur commercial de Nomado.
Des mini-usines fabriquées à Marseille
Dans son atelier de 3 500 m2, Nomado fabrique de petites unités de traitement de l’eau dans des conteneurs maritimes. Une fois le conteneur aménagé et l’installation testée, elle est transportée directement sur son lieu d’exploitation pour y être raccordée.
À Bougainville, l’installation sera toutefois différente. « Comme elle sera directement intégrée au bâtiment de la piscine, l’unité de traitement sera installée sur châssis, c’est-à-dire sur une structure métallique qui regroupe les différents équipements », précise-t-il.
Les clients de la société marseillaise sont généralement des industriels, des entreprises du BTP, des collectivités ou encore des acteurs portuaires. Moins de 50% sont basés dans la région Paca. Nomado intervient dans de nombreux secteurs, dès lors qu’une activité génère des eaux qui doivent être traitées avant d’être rejetées ou réutilisées.
« Sur un chantier, par exemple, les travaux peuvent générer des eaux chargées en particules ou en différents polluants. Nous pouvons être sollicités pour installer une unité temporaire permettant de traiter ces eaux pendant toute la durée des travaux », illustre-t-il. En moyenne, une unité de traitement a une durée de vie comprise entre 25 et 40 ans.
Mais les règles concernant les rejets d’eau évoluent régulièrement. Les Dreal (Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), dont le siège régional est basé boulevard des Dames à Marseille, jouent un rôle important dans le contrôle et la mise en œuvre de la réglementation environnementale. Les industriels et les collectivités doivent parfois adapter leurs installations pour répondre à de nouvelles exigences.
Des projets 100% localisés
Si Nomado intervient également auprès de clients à l’international, l’entreprise reste bien implantée dans l’écosystème marseillais. Elle travaille notamment aux côtés de l’entreprise de travaux publics NGE sur un vaste projet du côté du Grand port maritime de Marseille (GPMM), où elle termine actuellement de livrer les unités de traitement destinées aux bassins Est.
« Sur ce projet, il s’agit cette fois de récupérer et de traiter les eaux issues des opérations de nettoyage et de carénage des bateaux avant leur rejet dans le milieu marin », explique Simon Édouard.
La société a également travaillé, il y a plus d’un an, sur le traitement des eaux de carénage des bateaux à la Pointe Rouge, avec l’objectif de limiter leur impact sur l’environnement. Ces projets pourraient inciter les collectivités à équiper d’autres bâtiments publics et à élargir progressivement le recours à ces solutions.
