Au siège de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône, à Marseille, la Maison bien-être accueille chaque année plusieurs centaines de personnes touchées par la maladie. Ce lieu est l’un des cinq espaces d’accompagnement proposés par l’association dans le département, dont la fréquentation a progressé de 18% en un an.

« Perte des cils, des sourcils… Comment apprendre à se retrouver soi et devant un miroir ? » Face aux sept participantes réunies autour d’une table, Laure Youinou donne le ton de l’atelier maquillage correcteur.

En cette après-midi de fin de semaine, la socio-esthéticienne invite des femmes à poser un autre regard sur leur apparence, parfois modifiée par les traitements contre le cancer. « Le sourire, c’est le plus beau des maquillages », lance, souriante, l’une des participantes, avant de retirer son foulard de soie.

Implantée au 7 Francis-Davso, dans le 1er arrondissement de Marseille, la Maison bien-être de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône, ouverte depuis 2021, accueille entre 400 et 500 adhérents en moyenne. Installée au siège départemental de l’association, dans un espace de 200 m², elle est le plus important des cinq lieux d’accueil que compte la Ligue dans le département (Aix-en-Provence, Salon-de-Provence, Martigues et La Ciotat).

La fréquentation des structures départementales a progressé de 18% par rapport à 2025, notamment avec l’ouverture de soins de support à La Ciotat. 90% des adhérents sont des femmes. « Elles viennent chercher des réponses aux effets physiques et psychologiques de la maladie », précise Catherine Vernay, responsable de la communication et de l’événementiel de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône.

Coiffure, sport, esthétique… Des activités et soins au quotidien

Ouverte du lundi au vendredi, la Maison Bien-être propose des activités et des soins de support aux personnes atteintes d’un cancer, dès le diagnostic et jusqu’à deux ans de rémission. Soutien psychologique, coiffure, sport adapté, socio-esthétique ou encore ateliers de cuisine, les prestations viennent compléter les traitements médicaux.

Chaque adhérent verse une cotisation annuelle symbolique de 20 euros. Les fonds permettent notamment de rémunérer les intervenants, engagés à l’année avec la Ligue. Pour permettre au plus grand nombre d’accéder aux activités, chaque bénéficiaire dispose d’un forfait de quatre ateliers par an.

Une fois par mois, un coaching au retour à l’emploi aide également les personnes concernées à se repositionner sur le marché du travail, « car la maladie et les traitements peuvent bouleverser leur trajectoire professionnelle », a pu observer Catherine Vernay. Une diététicienne intervient également et des cours de cuisine sont organisés pour sensibiliser les bénéficiaires à l’alimentation.

La Ligue privilégie les soins de support qui s’inscrivent dans son cadre d’accompagnement. « Les coupeurs de feu, la réflexologie, le massage ne sont pas intégrés », précise-t-elle.

Prévenir les effets secondaires

Socio-esthéticienne depuis plus de vingt ans, spécialisée en oncologie et en soins palliatifs, Laure Youinou intervient à la Maison bien-être depuis trois ans. Elle exerce également en milieu hospitalier, notamment au service de chimiothérapie de la clinique de la Casamance, à Aubagne.

« Notre rôle est de pratiquer l’esthétique pour intervenir auprès d’une population en souffrance physique, psychique ou morale », explique-t-elle. Avant chaque atelier, elle fait un tour de table pour connaître les traitements en cours des participantes. Un préalable indispensable pour adapter les conseils à la nature des traitements et à leur stade d’avancement.

La perte des cils et des sourcils, notamment lors d’une chimiothérapie pour un cancer du sein, peut modifier les habitudes de maquillage. Laure Youinou recommande ainsi d’éviter le mascara lorsque les cils commencent à tomber, celui-ci pouvant les alourdir. « Mettre en valeur ce que l’on a encore, c’est ce que je viens vous apprendre », insiste-t-elle.

Les conseils portent aussi sur les soins cutanés, notamment pour faire face à la sécheresse de la peau provoquée par certains traitements. Les participantes apprennent à adapter leurs gestes et à choisir des produits compatibles avec leur situation.

L’accompagnement peut être individuel ou collectif. Mais lorsque les effets secondaires nécessitent une prise en charge médicale, Laure joue un rôle de relais. « Nous faisons le tremplin avec le milieu médical et nous pouvons les renvoyer vers des onco-dermatologues », ajoute-t-elle. L’objectif est de permettre aux patientes de mieux vivre les changements physiques liés à la maladie, sans se substituer aux équipes soignantes.

40-59 ans : la tranche d’âge la plus représentée

Selon l’antenne départementale de la Ligue, les bénéficiaires âgés de 40 à 59 ans représentent 41 % des adhérents. Les 60-74 ans comptent pour 32 % du public accueilli, devant les 74 ans et plus (13 %), les 25-39 ans (12 %) et les 18-24 ans (2 %).

Parmi les personnes actuellement accompagnées, 193 sont identifiées comme atteintes d’un cancer du sein. « De nombreuses fiches d’adhérents ne renseignent pas le type de cancer. Ce chiffre reste donc indicatif et ne permet pas de mesurer précisément la part de cette pathologie parmi les bénéficiaires », tient à souligner Marion Monod, en charge de la coordination et de l’accueil à la Maison bien-être.

Le lieu accompagne les personnes pendant leur parcours de soins, mais aussi dans les mois qui suivent. À l’issue de cette période, la Ligue les oriente vers d’autres structures, comme les maisons sport-santé ou les dispositifs d’appui à la coordination, pour favoriser la poursuite des activités et le maintien d’une hygiène de vie adaptée.

Octobre Rose : sensibiliser au dépistage et financer la recherche

À l’occasion d’Octobre Rose, la Ligue rappelle l’importance du dépistage du cancer du sein. L’objectif étant avant d’inciter les femmes de 50 à 74 ans à participer au dépistage organisé, qui repose sur une mammographie tous les deux ans en l’absence de risque particulier nécessitant un suivi spécifique.

Le cancer du sein touche environ une femme sur huit au cours de sa vie. Détecté tôt, il peut être guéri dans neuf cas sur dix, rappelle la Ligue.

Le 7 octobre, l’association organisera sa traditionnelle soirée de gala au Palais du Pharo, à Marseille, en présence de plus de 160 donateurs. La tombola et les enchères ont permis de récolter 130 000 euros, reversés à un programme de recherche labellisé sur le cancer du sein, porté par l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) et le Centre de recherche en cancérologie de Marseille (CRCM).

De la prévention à la recherche, en passant par les soins de support, la Ligue entend accompagner les malades à chaque étape de leur parcours.

Pour adhérer à La Maison bien-être de Marseille, se rendre sur le site de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône

Comité des Bouches-du-Rhône
7 rue Francis Davso
13001 Marseille

Du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h

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