Placée en redressement judiciaire fin avril, l’enseigne Gibert Joseph, qui exploite une librairie à Marseille, obtient un nouveau délai pour tenter de se relancer.

À Marseille, le feuilleton concernant de la librairie historique Gibert Joseph, placée en redressement judiciaire depuis fin avril, se poursuit.

À l’issue d’une audience organisée le 29 juin devant le tribunal des activités économiques de Paris, les quinze salariés de l’établissement ont appris que la période d’observation avait été prolongée jusqu’à la fin octobre 2026 au lieu du 29 septembre.

Concrètement, le réseau, qui compte 16 points de vente répartis dans 12 villes françaises, est autorisé à poursuivre son activité. Contactée par Made in Marseille, la direction se veut rassurante : « Nous sommes encore à un point d’étape de la période d’observation. L’activité se poursuit normalement ».

Placée en redressement judiciaire depuis fin avril

Pour comprendre cette nouvelle décision, il faut remonter au 28 avril. Le tribunal des activités économiques de Paris a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’égard de la SAS Librairie Joseph Gibert, dont le siège social est situé à Marseille (1er) depuis 1978.

L’enseigne est une filiale de la Financière Palidis, elle-même placée en redressement judiciaire le même jour. C’est pour cela que le dossier de Gibert à Marseille est suivi par le tribunal des activités économiques de Paris.

Dans son jugement, le tribunal estime que l’entreprise « est manifestement dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » et attribue cette situation « à une perte de clientèle, une perte de compétitivité, l’évolution du marché du livre et du disque et un passif trop important ».

Lors de l’ouverture de la procédure, la librairie de Marseille présentait un actif de 1,45 million d’euros pour un passif de plus de 608 000 euros, mais ne disposait que de 28 748 euros de trésorerie immédiatement disponible.

Si le tribunal a estimé qu’un redressement restait envisageable, c’est parce qu’il juge qu’une réorganisation du réseau de librairies peut être étudiée.

Un plan de relance attendu en octobre

D’ici la fin de la période d’observation, le groupe devra présenter un plan de redressement au tribunal.

Et dans un communiqué publié le 27 avril, soit avant son placement en redressement judiciaire, Gibert a déjà fait savoir que le groupe prévoyait de recentrer son modèle sur le livre d’occasion. Un pari puisque ce segment représente moins de 10 % du chiffre d’affaires du marché du livre en France.*

Gibert, En redressement judiciaire, la librairie Gibert poursuit son activité à Marseille jusqu’en octobre 2026, Made in Marseille
Les ventes de livres d’occasion représentent 35 % du chiffre d’affaires de Gibert à Marseille.

Depuis avril, le cas Gibert illustre les difficultés des librairies historiques face à la concurrence du commerce en ligne et à la baisse du prix du neuf. Ces établissements ont amorcé une mutation pour affronter ce bouleversement du marché. Maupetit a notamment élargi son offre en proposant de nouveaux services culturels.

Les nouvelles enseignes, quant à elles, ont déjà misé sur une diversité de l’offre. Souvent hybrides, avec café ou restauration, elles proposent également des segments de littérature spécialisée. C’est le cas par exemple de la Grande Librairie Internationale qui a ouvert à Belsunce en 2024.

*Selon une étude du ministère de la Culture et de la SOFIA publiée en 2024.

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