SOS Méditerranée fête ses dix ans au Mucem ce samedi 20 juin. L’occasion de décrire en chiffres l’action de l’association humanitaire spécialisée dans les sauvetages en haute mer.

« On sauve des vies en mer. Point barre ». C’est par ce slogan que SOS Méditerranée veut échapper aux débats qui agitent la sphère politique locale, nationale et internationale autour des questions migratoires. Certains estiment en effet que l’association humanitaire participe à l’afflux de migrants. Voire, au trafic d’êtres humains qui peut s’opérer sur les rives Sud de « mare nostrum », particulièrement en Lybie.

Mais Sophie Beau, directrice de SOS Méditerranée, se cantonne à défendre une action « d’assistance à personne en danger en mer ». Une « obligation du droit maritime international que n’assument plus les États ». En particulier dans la Méditerranée, « la route migratoire la plus meurtrière du monde. Un cimetière marin où ont disparu plus de 35 000 personnes depuis 2014 ».

Depuis 2016, naissance de SOS Méditerranée, « plus de 33 600 disparitions sont documentées », pose l’association humanitaire. Cette dernière insiste sur la persistance du phénomène : le début de l’année 2026 est « le plus meurtrier depuis 2017 avec plus de 1000 personnes disparues en trois mois ».

SOS Méditerranée, Dix ans de SOS Méditerranée : les chiffres derrière une décennie de secours en mer, Made in Marseille
Sophie Beau.

« 43 418 personnes secourues en mer, dont 10 500 enfants »

Ce vendredi 19 juin au Mucem, partenaire de longue date, SOS Méditerranée égrène les chiffres derrière un autre, plus symbolique : 10. C’est l’anniversaire des premières opérations de l’association, lorsque le navire qu’elle affrétait, l’Aquarius, rattaché au port de Marseille, a réalisé sa première mission de secours le 7 mars 2016.

Une décennie plus tard, alors que l’Ocean Viking a pris le relais, « 43 418 personnes ont été secourues en mer », par SOS Méditerranée, « dont 10 500 enfants » chiffre Soazic Dupuy, directrice des opérations. Mais la structure dégaine encore des chiffres pour pointer l’abandon des États envers les personnes en danger en mer.

« En 2017, les autorités étatiques, en particulier italiennes, étaient à l’origine de 70% des alertes concernant des embarcations en danger. Aujourd’hui, c’est 4% », déplore Sophie Beau.

SOS Méditerranée, Dix ans de SOS Méditerranée : les chiffres derrière une décennie de secours en mer, Made in Marseille
Crédit : Tess Barthes – SOS Méditerranée

Marseille, premier financeur public de SOS Méditerranée

La directrice décrit « un harcèlement juridique et administratif » ainsi qu’une « criminalisation des ONG », qui aurait participé à réduire le nombre d’interventions de l’association. Elle estime toutefois que les navires de marine marchande participent aux sauvetages en mer, poussés notamment par l’obligation du droit maritime, mais peine à dénombrer ces secours.

Sophie Beau pointe également le soutien financier public. « Seules les collectivités locales nous aident, selon la directrice. Elles sont 143 en France à le faire, mais cela ne représente que 7% de notre budget », qui s’élève à 14 millions d’euros en 2025.

La Ville de Marseille reste la collectivité locale qui apporte le plus grand soutien : 130 000 euros. Le vote de la subvention s’accompagne toujours d’un débat acéré en conseil municipal, alors que la droite et l’extrême droite y sont défavorables.

Quoiqu’il en soit, 93% des fonds de SOS Méditerranée proviennent des dons privés. Sur cette somme, un tiers concerne du mécénat, et deux tiers les dons de particuliers. Ces derniers sont donc le premier soutien financier de l’association.

Un grand événement public pour les dix ans au Mucem

C’est pourquoi, cette dernière profite de ses dix ans pour organiser un grand événement public à Marseille, ce samedi 20 juin, au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, à partir de 15h. Au programme : tables rondes, débats et la projection du film documentaire « Mothership ».

Puis une soirée musicale, dansante et festive avec des artistes bien connus du territoire, de Chinese Man, Maryam Kaba, Twerkistan à Sam Karpienia… Les bénéfices seront reversés à SOS Méditerranée. Toute la programmation est à retrouver ici.

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