À quelques jours du défilé du 25 avril, une partie du Carnaval de Marseille prend forme à l’Espace Jeanne Barret, transformé en “Maison du carnaval”. Depuis février, des enfants venus de centres sociaux y conçoivent costumes et décors qui rejoindront une parade de 600 carnavaliers.
Sur les tables de l’Espace Jeanne Barret, le carton, la peinture et les tissus s’empilent, fixés ensemble par des pistolets à colle. Depuis février, ce lieu culturel du 15e arrondissement de Marseille est devenu la « Maison du Carnaval », point de passage pour des enfants venus de centre sociaux de la ville. Ils s’y retrouvent pour fabriquer ce qui composera une partie du défilé prévu samedi 25 avril sur le Vieux-Port, à partir de 14h30.
Dans la salle, les idées prennent forment au fil des essais. Nya et Lina, 9 ans passent d’un atelier à l’autre. Elles montrent leurs réalisations, corrigent, ajoutent des détails. « Là, on a fait un dragon », explique Nya en désignant une structure géante montée à plusieurs, déjà peinte de vert et décorée d’écailles. À coté, Lina décore une couronne de perles et de bouchons en plastique.
« D’habitude, on regarde… là, c’est nous qui participons »
Cette implication change leur rapport à l’évènement. Une opportunité qui ne les laisse pas indifférentes. « D’habitude, on regarde… là, c’est nous qui participons et faisons autant que les autres », résume Lina avec un sourire. Passer du public au défilé rappelle l’essence même du carnaval, un événement avant tout populaire.
Derrière ces ateliers, il faut organiser l’ensemble. André Peri, metteur en scène du carnaval depuis presque 30 ans, coordonne les différents groupes et les propositions qui émergent. « On ne peut pas avoir 450 avis, mais on ne peut pas se résumer à une seule vision », explique-t-il.
Les idées arrivent de partout – animaux, univers fantastique, références royales – et doivent s’inscrire dans une même trame, celle du « Royaume d’Extravaganza ». « Je prends tout ça et j’essaie de créer une histoire », poursuit-il. Pour les préparatifs, qui avaient déjà débuté en juin 2025 avec la visite des structures carnavalesques de la compagnie niçoise Planète Vapeur, un travail de sélection s’impose malgré tout : « Au bout d’un moment, il faut savoir dire non ».
Un carnaval ouvert à tous
Pour Ahmed Heddadi, adjoint au maire de Marseille délégué aux fêtes de quartier, l’enjeu de ces dispositifs participatifs se situe justement dans cette phase de préparation. Les ateliers, organisés depuis février avec une douzaine de structure, dont 10 centres sociaux et deux associations, permettent aux enfants de fabriquer eux-mêmes ce qu’ils présenteront ensuite dans la rue. « C’est quand ils ont une histoire à raconter qu’on peut dire qu’ils ont vraiment participé au carnaval », souligne-t-il.
Une manière, selon lui, de faire du carnaval un évènement auquel les habitants prennent part en amont et pas seulement le jour du défilé. Pour rappel, avant 2020, le carnaval se tenait auparavant au parc Borély. Il se déroule désormais sur le Vieux-Port, dans un format ouvert, sans barrières.
Ce samedi 25 avril, environ 600 carnavaliers sont attendus dans les rues de Marseille. Parmi eux, près de 200 enfants issus de centres défileront avec leurs créations. Le cortège partira du Théâtre de la Criée pour rejoindre l’Hôtel de Ville, où la parade s’achèvera.
Pour Nya et Lina comme pour les autres enfants, ce passage de l’atelier à la rue marque l’aboutissement de plusieurs semaines de travail. Leurs dragons, couronnes et décors quitteront les tables de la Maison du carnaval pour rejoindre le cortège. Cette fois, elles ne seront pas dans le public. Elles feront partie du défilé.