La start-up aixoise Gojob annonce avoir signé un partenariat stratégique pour gérer 70 000 candidatures par an de l’Armée de l’Air et de l’Espace grâce à sa technologie basée sur l’IA.
Après son rachat par le leader du recrutement japonais, la pépite aixoise Gojob poursuit son envol. Fondée par l’entrepreneur Pascal Lorne en 2015, la start-up annonce dans un communiqué avoir décroché un contrat « stratégique » avec l’Armée de l’Air et de l’Espace pour déployer sa technologie de recrutement avec de l’intelligence artificielle.
Après une phase de test menée depuis novembre 2025 dans quatre Centres d’information et de recrutement des Forces armées (CIRFA), sa technologie est déployée à l’échelle nationale depuis le 1er avril pour gérer et préqualifier « environ 70 000 dossiers par an », assure la jeune pousse.
Concrètement, Gojob développe ses propres agents IA capables de vérifier l’intérêt et la disponibilité de 100% des candidats en moins de 24 heures. Puis, des experts de l’entreprise rappellent les candidats sélectionnés pour un entretien téléphonique d’une demi-heure.
« Non seulement, on fait des gains de productivité de l’ordre de fois 50 parce que toute la préqualification est automatisée. Mais en plus, on augmente la qualité de la relation téléphonique », précise Pascal Lorne.
4 000 recrutements par an
Cette méthode permet ensuite aux recruteurs de se concentrer sur les missions à plus forte valeur ajoutée comme l’accompagnement des candidats, l’évaluation approfondie des profils et la fidélisation des talents.
Pour Philippe Hirtzig, directeur des ressources humaines dans l’armée de l’Air et de l’Espace, cette méthode de recrutement permet de répondre au « turnover » classique et aux forts besoins de recrutements. « Tous les ans nous recrutons 4000 personnes dans nos 50 métiers », précise le général.
Gojob accompagnera également son partenaire pour les événements dédiés au recrutement en intégrant automatiquement les CV collectés dans la plateforme de l’Armée et analysera, avec l’IA, les profils les plus pertinents.
À l’heure où le secteur de la défense nécessite un recrutement performant, la méthode de Gojob garantit donc, aux yeux de l’Armée de l’Air et de l’Espace, une efficacité opérationnelle et le traitement de candidats à grande échelle.
Gojob en route pour devenir leader du recrutement
Depuis dix ans, Gojob a acquis une certaine légitimité. La start-up a conduit plus de 80 000 recrutements et traité 10 millions de candidatures. Elle s’est également faite rachetée par Persol, leader de l’intérim en Asie fondée par Yoshiko Shinohara (neuf milliards de chiffre d’affaires) en octobre dernier.
Persol a ainsi injecté 120 millions d’euros dans la start-up aixoise et, a contrario, Pascal Lorne a investi dans le groupe japonais. Les nouveaux partenaires se complètent désormais : Persol est n°1 en Asie et Gojob domine le marché en Europe et aux États-Unis.
Malgré ces ambitions mondiales, les dirigeants souhaitent conserver le siège de l’entreprise française à Aix-en-Provence. La start-up envisage néanmoins d’ouvrir d’autres antennes à Paris, New-York et Atlanta pour atteindre un milliard de chiffre d’affaires d’ici cinq ans.
