Le chantier naval historique Borg, créé en 1956 dans l’anse du Pharo (7e), vient de livrer son premier « fifty », un voilier de plaisance hybride à propulsion électrique, entièrement construit en bois.

Au creux de l’anse du Pharo (7e), le chantier naval Borg vient de franchir un cap symbolique. Alors qu’approche sa 70e année d’existence, cette entreprise marseillaise historique a mis à l’eau L’Olivier, un voilier de plaisance en bois, à moteur électrique, conçu comme un modèle à la fois durable et haut de gamme.

Il aura fallu plus de 18 mois de travail pour donner naissance à ce bateau de 9,20 mètres, entièrement réalisé en bois-époxy. Imaginé par le chantier Borg et le charpentier de marine Daniel Scotto, puis dessiné par les architectes navals Maxime Tombroff, Olivier Taillard et Charles Bertrand, le projet a mobilisé l’ensemble de l’équipe de charpentiers.

Héritage marseillais et techniques modernes

Labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant, l’atelier est spécialisé dans la construction et la rénovation de barquettes marseillaises traditionnelles, et s’est inspiré de ces dernières pour donner vie à ce « fifty » : une coque légère, pointue à l’avant comme à l’arrière, une large assise au maître-bau (3,5 mètres). Le tout en mélangeant techniques de fabrication anciennes et modernes.

Le bateau, construit selon la méthode du bordé latté en essences de red cedar et d’acajou, « combine une ligne classique avec des aménagements yachting et luxe », précise Sonni Martel : une vaste estive avec table en bois d’olivier pouvant accueillir huit personnes, une cuisine, cabine avec lit king size, des toilettes et de nombreux rangements.

Pour autant, « on est très loin du bling-bling et du plastique qui caractérise une certaine forme de plaisance dont nous nous sentons éloignés », affirme Michel Athénour. L’entrepreneur issu de la tech, qui a racheté le chantier à ses propriétaires historiques en 2023, entend repositionner Borg sur la construction de bateaux en bois neufs, plus écologiques que les embarcations en plastique qui dominent le marché depuis une vingtaine d’années.

borg, Vidéo | À l’anse du Pharo, le chantier Borg signe le retour du bateau en bois, Made in Marseille

Vers le développement de la filière bois

Pour Michel Athénour, L’Olivier représente donc « la concrétisation de cette vision. Cela faisait plus de 18 ans qu’un bateau neuf en bois n’était pas sorti du chantier », rappelle-t-il.

Mais ce qui le rend particulièrement unique est sa propulsion mixte, combinant voile et moteur électrique, avec environ 12 heures d’autonomie. Pour Michel Athénour, L’Olivier « n’a pas d’équivalent aujourd’hui », tant par son niveau d’équipement que par son positionnement, de plaisance confortable et haut de gamme.

Depuis son rachat des ateliers Borg, Michel Athénour vante un chiffre d’affaires quadruplé, propulsé par de nouveaux recrutements et le renouvellement des machines. L’acquisition du chantier voisin ouvre également de nouvelles perspectives. « L’objectif est de structurer un « cluster bois », écosystème autour de la construction navale en bois, en réunissant sur le site différents métiers : sellerie, gréement, électricité, peinture, motorisation… », poursuit le propriétaire.

Un projet soutenu par la mairie de secteur. « Nous sommes positionnés clairement pour garder l’anse du Pharo dans le secteur de l’économie de la mer et nous souhaitons que les choses avancent sur ce site, qui est un chantier naval depuis la Révolution française. Ce projet montre qu’il est possible de relancer cette activité », souligne Sophie Camard, présente lors de la livraison du bateau.

borg, Vidéo | À l’anse du Pharo, le chantier Borg signe le retour du bateau en bois, Made in Marseille
L’équipe de charpentiers avec Michel Athénour (à gauche).

Le premier d’une série

Baptisé « Fifty One », ce voilier doit être le premier exemplaire d’une série à l’atelier Borg. Le chantier espère en produire un à deux exemplaires par an, tout en développant d’autres modèles, comme des voiliers plus performants ou des barquettes traditionnelles plus accessibles.

Car ce fifty a un certain coût. Vendu entre 400 000 et 450 000 euros, L’Olivier a été acquis sur plan par ses propriétaires. Le chantier prévoit de le présenter lors de salons et d’organiser des essais en mer dans les prochains mois afin de séduire de futurs acquéreurs.

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