Les organisateurs des Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises ont lancé une plateforme pour inciter les entreprises locales à répondre aux appels d’offres. Objectif : que 50% de petites et moyennes entreprises puissent en bénéficier.

« L’économie doit être aussi la grande gagnante de ces Jeux », lance Fabrice Pannekoucke, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, co-organisatrice des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 avec la Région Sud, dans le hall du Palais de la Bourse plein à craquer ce 25 mars à Marseille.

Le comité organisateur (Cojop) et la société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) se sont réunis pour préparer le tissu économique à répondre aux appels d’offres des Jeux. « L’aventure olympique commence maintenant et pas le 1er février 2030 », assure Damien Robert, directeur de la Solideo.

L’objectif est ainsi que 50% des TPE-PME répondent aux appels d’offres. « Et tant que possible des entreprises locales », glisse Edgar Grospiron, président du Cojop des Alpes Françaises 2030. Le président de la Région Sud, Renaud Muselier, ose même afficher l’ambition de « 80% d’entreprises locales », dont 30% d’entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS).

Alpes 2030, En chiffres | Comment les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes veulent profiter à l’économie locale, Made in Marseille
Les chefs d’entreprise et représentants des fédérations se sont déplacés en nombre ce 25 mars.

Une plateforme de marchés dédiée

Les organisateurs ne peuvent pas, comme l’encadre la loi des marchés publics, donner un avantage aux entreprises locales. « Mais on peut créer les conditions pour que les entreprises prennent l’avantage », nuance l’ancien champion de ski acrobatique français.

Ce dernier annonce d’ailleurs le lancement d’un premier outil concret : la plateforme « marchés 2030 ». Cette interface unique centralise la totalité des marchés publics publiés par le Cojop, la Solideo, mais aussi des autres maîtres d’ouvrages comme les promoteurs ou les collectivités, pour permettre aux entreprises d’y accéder.

Afin de favoriser la constitution de groupements, car les appels à projets sont souvent coûteux en temps, en argent et en ressources humaines, cette plateforme intègre aussi un annuaire d’entreprises. « Les marchés vont être lancés au deuxième semestre 2026 », prévient Damien Robert.

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Edgar Grospiron et Renaud Muselier lors du lancement de la plateforme « marchés 2030 ».

6,6 milliards de retombées attendues

Le but est donc de labourer le terrain pour que les entreprises des deux régions hôtes captent une partie des trois milliards d’euros de marché. Selon une récente étude pour le Comité national olympique et sportif français, les Jeux d’hiver 2030 pourraient rapporter 6,943 milliards d’euros, dont 2,219 milliards en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes.

Plus spécifiquement sur les deux régions, l’accueil des Jeux pourrait générer 1,680 milliard de retombées nettes, c’est-à-dire de plus-value et de création d’emplois. Au total, le Cojop annonce soutenir 26 500 emplois dans les territoires hôtes, dont 56% avant l’organisation de l’événement.

« Les 15 jours d’épreuves à Nice pourraient rapporter 400 millions d’euros », rappelle également Edgar Grospiron. Le projet actuel prévoit de couvrir provisoirement le stade de football de l’Allianz Riviera, qui accueille les matchs de l’OGC Nice, pour les épreuves de hockey et de construire à côté la patinoire et le village olympique avec son centre des médias, dans l’ouest de Nice. Pour un montant total estimé à plus de 200 millions d’euros.

Mais son nouveau maire, Éric Ciotti (UDR) n’y est pas favorable. Le comité d’organisation doit donc trouver un accord d’ici fin avril. À défaut, il devra envisager un plan B, sur lequel planche déjà Renaud Muselier.

Livrer 40 ouvrages d’ici août 2029

Une fois les marchés lancés courant 2026, les entreprises auront jusqu’à début 2027 pour y répondre. Ensuite, la Solideo lancera tous les chantiers en 2027 afin de livrer les 40 ouvrages sur quatre sites différents en août 2029, cinq mois avant les Jeux.

« C’est très rapide 24 mois, il faut aller vite », martèlent les membres de l’organisation soucieux de ne pas sortir des coûts estimés à 2,2 milliards pour le Cojop et 1,4 milliard d’investissements pour la Solideo.

Un premier pas est franchi depuis le 20 mars avec la promulgation de la loi spéciale pour l’organisation des JO 2030 visant à simplifier les procédures d’urbanisme pour livrer les infrastructures dans les temps. La carte des sites olympiques devrait aussi être validée fin juin pour éclairer les entreprises.

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