Lancé sur le toit de la Tour La Marseillaise, Marseille Basketball entend devenir le premier club professionnel de la cité phocéenne pour exister au niveau national comme l’OM et les Spartiates. Reste à trouver des financements et un équipement à la hauteur des ambitions.

Le 29e étage de la Tour La Marseillaise offre une vue imprenable sur la ville : les bassins du port au nord et Notre-Dame de la Garde au sud. Marseille Basketball a choisi cette prise de hauteur pour annoncer son ambitieux projet ce 17 mars : construire une équipe de basket professionnelle à Marseille.

« Marseille est une grande ville de sport, mais il n’y a pas de basket pro, donc la place est libre », affirme d’emblée Charles Assailly, président du SMUC, association de basket centenaire actuellement en Nationale 2, plus haut niveau amateur, qui forme de nombreux joueurs.

Selon l’ancien financier, tous les feux sont au vert dans la cité phocéenne pour atteindre le niveau professionnel dès l’année prochaine et favoriser l’engouement de la ville. « À Marseille il y a des quartiers, la jeunesse avec 35% de la population qui a moins de 30 ans, et la culture urbaine », argumente le président.

Ce dernier a réuni sept premiers actionnaires autour de lui qui ont travaillé d’arrache pied pour structurer la société. Parmi eux, l’ancien joueur professionnel de basket, Mickaël Pietrus, président du conseil du directoire, Sylvain Vachier, consultant dans le sport ou Alexandre Fassi, ancien directeur du réseau d’entreprises Marséa.

Marseille Basketball, Marseille Basketball va ouvrir son capital aux citoyens pour qu’ils « s’emparent de leur club », Made in Marseille

12 millions d’euros de budget en 2031

D’ici quelques semaines, ces actionnaires historiques vont ouvrir le capital à de nouveaux financeurs pour débuter la nouvelle saison avec 300 000 euros de budget et 100 partenaires, dont Eiffage Immobilier et Olympic Location. Le but est de monter en puissance les années suivantes avec 12 millions d’euros de budget en 2031 pour atteindre le plus haut niveau professionnel : la Betclic Elite.

Ce plan stratégique à cinq ans nécessite d’engendrer des recettes propres en sponsoring, mécénat, billetterie, hospitalité, merchandising et droits médias. Mais aussi de lancer des levées de fonds pour lesquels le président est déjà optimiste car « le basket attire les investisseurs » pour sa rentabilité et la médiatisation.

Néanmoins, Charles Assailly fait un appel du pied aux élus présents, Michèle Rubirola, première adjointe de Marseille, ancienne joueuse de basket, et David Galtier, vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence délégué aux sports : « On a besoin des institutionnels pour asseoir ce club » et « obtenir un ratio financier de 30% public et 70% de privé ». 

Également venu en soutien, Jean-Daniel Beurnier, vice-président en charge des Sports à la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence (CCI AMP), affirme que le projet peut alimenter toute une économie locale. Et vante notamment les matchs comme « des machines à cash ».

Lancer un actionnariat populaire

Mais « pour que la mayonnaise prenne », intervient Alexandre Fassi, il faut « construire un projet fédérateur » afin que les Marseillais « s’emparent de leur club ». Le terreau fertile des passionnés pourrait ainsi faire des petits avec une base déjà importante de 3 000 licenciés à Marseille et 13 000 dans les Bouches-du-Rhône.

Inciter leur participation financière pourrait aussi les intégrer au projet. « Un actionnariat populaire et engagé permettra au club de grandir », affirme en ce sens Sylvain Vachier, ancien directeur marketing de l’OM. Le but est de récolter 300 000 euros des citoyens. « Mais ça peut vite aller au-delà », glisse Alexandre Fassi.

« Une première en France », rappelle la nouvelle gouvernance qui a missionné Sport6, branche sport de Source Private Assets, pour mettre en place un véhicule juridique encadré par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Des contreparties, comme du temps avec les joueurs ou des places les jours de matchs, seront affinées dans les prochaines semaines.

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Equipe actuelle du SMUC qui pourrait monter en équipe professionnelle dès l’année prochaine.

À la recherche d’un toit

Faut-il encore bénéficier d’un équipement spacieux et digne d’une équipe professionnelle pour accueillir les fans, curieux, partenaires et joueurs, comme les Spartiates le font au Palais omnisports de la Capelette (10e), doté d’une immense patinoire.

Or, Marseille Basketball est encore en recherche active de cet équipement. « Si on a un toit, le projet va se lancer », affirme le président en soutenant les élus du regard. Une première piste est déjà ouverte : intégrer le Palais des Sports qui offre une capacité de 5 800 places assises.

Comme la compétition de tennis marseillaise l’Open 13 a quitté le navire après 32 ans d’occupation, la voie pourrait se libérer. Le grand équipement accueillera d’ailleurs, le 18 avril, le premier match de l’équipe sous l’étiquette Marseille Basketball, qui symbolisera le top départ de cette nouvelle aventure.

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Des compétitions de basket se sont déroulées au Palais des Sports comme avec le Fos Basket, fin décembre 2025.

10 000 places pour accueillir de grandes compétitions

« Mais 5 000 places ce n’est pas suffisant. C’est avec 6 000 à 10 000 places que l’on pourra accueillir du très haut niveau local, mais qui brille au national et à l’international pour accueillir des compétitions mondiales », lâche néanmoins Frédérique Prud’homme, vice-présidente de la Fédération française de Basket-Ball.

La FFBB, bien implantée localement, veut avoir son mot à dire pour donner de l’envergure au projet. Le président de l’institution, Jean-Pierre Hunckler, a notamment poussé auprès de la Ville de Marseille pour accueillir le premier match de Marseille Basketball au sein du Palais des Sports.

Jean-Pierre Bruyère, président de la Ligue Sud Basket, surenchérit. « Il faut 15 000 places ! Ce ne sont pas des enchères mais pour être éligibles aux compétitions en Europe il faut minimum 10 000 places ». L’ambition est posée. « Il faut être ambitieux quitte à se lancer dans la construction d’une salle », reprend Frédérique Prud’homme. Qui prendra la balle au bond ?

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