Les élections municipales auront lieu les dimanches 15 et 22 mars 2026. Cette année, les règles changent. Les électeurs devront élire leur futur maire de Marseille, mais aussi leurs maires de secteur. Comment ça marche ? Explications.
À Marseille, comme à Lyon et Paris, le mode de scrutin change cette année à la suite de la réforme de la loi PLM adoptée l’été dernier. Mais que cela signifie concrètement pour les électeurs ?
Un vote plus direct du maire de Marseille
Jusqu’à présent, les Marseillais votaient pour une liste dans leur secteur, composé de deux arrondissements. Une partie des conseillers de secteurs arrivés en tête devenaient automatiquement conseillers municipaux à la mairie centrale. C’était à eux d’élire le maire de Marseille lors d’un « 3e tour ».
Mais selon ses opposants, ce système avait ses limites car il n’était pas assez représentatif du vote des habitants. En effet, une liste pouvait arriver en tête en nombre de voix à l’échelle de tout la ville, mais perdre la mairie si elle remportait moins de secteurs que ses adversaires.
En 2026, les règles ont été modifiées. Il y a deux votes différents qui ont lieu en même temps. Le premier pour élire directement les conseillers municipaux de la mairie centrale, lesquels éliront le maire de Marseille. Le second pour pour élire les conseillers d’arrondissements qui choisiront les maires de secteurs.
Deux urnes pour deux élections
Les Marseillais vont donc voter deux fois, le même jour, les dimanches 15 et 22 mars prochains pour les premier et deuxième tours. Les bureaux de votes sont ouverts de 8h à 20h dans la commune.
Les électeurs seront d’abord invités à voter pour les conseillers municipaux de la mairie centrale. Ils devront prendre une enveloppe de couleur beige à l’entrée de leur bureau de vote, passer dans l’isoloir, présenter leur pièce d’identité, glisser l’enveloppe dans l’urne dédiée et enfin signer le cahier d’émargement.
Sans avoir à refaire la queue, ils avanceront ensuite sur la seconde partie du parcours de vote. Ils procèderont alors à l’élection des conseillers de secteur, munis cette fois d’une enveloppe de couleur bleue qu’ils glisseront dans une seconde urne. Les agents de la Ville veilleront à ce qu’il n’y ait pas de croisement de flux.
Un maire central, des maires de secteurs… et la Métropole
À l’issue des élections, 111 conseillers siégeront au conseil municipal central. La liste qui obtiendra la majorité au 1er tour ou qui arrivera en tête au second tour, obtiendra la « prime au vainqueur », soit 25% des sièges. Puis, le reste des sièges sera distribué proportionnellement à chaque liste en fonction de ses résultats. Dans le cadre du « 3e tour », les conseillers municipaux éliront le maire de Marseille.
Les conseillers de secteur éliront également les maires de chacun des huit secteurs de la Ville. Leur nombre, compris entre 25 et 53, est déterminé selon le nombre d’habitants dans chaque secteur. La liste qui obtiendra la majorité au 1er tour ou qui arrivera en tête au second tour remportera 50% des sièges du conseil de secteur. Les autres sièges seront distribués proportionnellement aux résultats obtenus par les différentes listes.
Le scrutin permettra aussi de constituer le futur hémicycle métropolitain. C’est à partir de la liste des nouveaux conseillers municipaux que seront fléchés les 101 conseillers marseillais de la Métropole selon une répartition à la proportionnelle. Le conseil métropolitain, composé de 238 élus représentants 92 communes, élira ensuite son président.
Quelques zones d’ombre
Si l’élection du maire de Marseille a été modifiée pour être plus directe, elle ne garantit pas pour autant une majorité absolue pour la liste qui arriverait en tête. La prime de 25% et la distribution des autres sièges à la proportionnelle pourraient ne pas permettre d’atteindre le seuil des 50% en cas d’éparpillement des voix. Dans ce cas, les négociations seraient âpres pour faire émerger une majorité.
Le poids des mairies de secteur reste aussi à définir. Si ces dernières gèrent actuellement les questions d’état civil, les événements locaux et les équipements de proximité, leurs compétences pourraient évoluer suivant les attributions décidées par le future maire de Marseille. Le Parlement doit également statuer sur le sujet.
Enfin, dernière question : le coût global de ce double scrutin. Les moyens déployés pour assurer le bon déroulement des élections dans les 497 bureaux de votes devront nécessairement être renforcés. En fonction de la mobilisation des bénévoles, le coût de l’opération pourrait cependant avoisiner les 830 000 euros pour chaque tour. La Ville indique que cela représente une augmentation d’environ 25% par rapport au « coût habituel ».
À savoir aussi
Vous ne savez plus où se trouve votre bureau de vote ?
Rendez-vous sur la page dédiée sur service-public.fr. Vous pouvez également contacter Allô Mairie au 3010.
De quels documents a-t-on besoin pour voter ?
Vous aurez seulement besoin d’une pièce d’identité : carte d’identité, passeport, permis de conduire, ou même carte vitale avec photo. La carte d’électeur n’est pas indispensable.
Comment voter par procuration ?
Jusqu’au jour du scrutin, vous pouvez faire une procuration en ligne sur le site dédié ou bien dans un commissariat de police, une gendarmerie ou au tribunal judiciaire.
