Mobilité, foncier, formation… l’UPE 13 a organisé un débat économique, en partenariat avec La Provence, pour mettre les candidats marseillais face aux inquiétudes et aux besoins des chefs d’entreprise.

Lors de ses vœux mi-janvier, le président de l’UPE 13, Philippe Korcia, avait annoncé un débat économique pour les élections municipales dans les locaux de La Provence le 4 mars. À quelques jours du premier tour, seulement trois des quatre principaux prétendants à la Ville de Marseille ont débattu face aux chefs d’entreprise : Martine Vassal (DVD), Benoît Payan (DVG) et Franck Allisio (RN).

Sébastien Delogu, candidat de La France Insoumise (LFI), « a eu un contre-temps ». Ce dernier a en effet demandé à être représenté par un membre de sa liste, mais l’UPE 13 et La Provence ont refusé. « Franchement, c’est pas grave, quand la première chose qu’il m’a dit c’est qu’il voulait supprimer la Métropole », lâche Philippe Korcia, rappelant que l’intercommunalité détient la compétence économique avec la Région.

Néanmoins, le maire peut créer les conditions du développement économique. C’est pourquoi, le patron des patrons, a convié ses adhérents pour « parler de fond » afin de balayer la mobilité, la fiscalité, le foncier économique, la formation, le tourisme, la réindustrialisation… Sans pour autant pouvoir creuser chaque problématique, faute de temps.

chefs d'entreprise, Les priorités des chefs d’entreprise face aux candidats à la mairie de Marseille, Made in Marseille
Martine Vassal, Benoît Payan et Franck Allisio.

Accélérer sur le développement de la mobilité

Le premier axe prioritaire, comme le souligne le « pacte » de l’UPE 13 rédigé grâce aux entreprises adhérentes, est le développement des transports. En effet, 93% des chefs d’entreprise marseillais considèrent que les difficultés de mobilités affectent leur compétitivité, en particulier les liaisons entre Marseille, Aix-en-Provence et le bassin industriel de Fos-Berre.

D’autant que les entreprises estiment pouvoir orienter les décisions puisqu’elles contribuent au versement mobilité. En 2024, elles ont versé 429 millions d’euros de cette taxe à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Auxquels s’ajoutent les 37 millions d’euros du versement mobilité régional depuis 2025. De fait, les patrons expriment le « besoin de stabilité et de lisibilité » sur la fiscalité.

Martine Vassal, présidente de la Métropole, promet « de ne pas augmenter les impôts » tout en travaillant sur un nouveau plan de développement des mobilités en collaboration avec les entreprises, via son comité économique. Franck Allisio assure quant à lui vouloir développer le métro jusqu’à La Valentine, un bassin d’emplois très important.

Mieux former les salariés au long de leur vie

De son côté, Benoît Payan prône la nécessité que « l’État aille plus loin » en termes de transports, créant un outil indépendant du plan Marseille en Grand pour développer les liaisons entre Marseille et l’ouest de la Métropole, zone qui se prépare à accueillir jusqu’à 10 000 emplois dans les prochaines années.

Conscient du défi immense qui attend le territoire, le maire sortant martèle aussi « le besoin de désenclaver le nord de la ville » dont le chômage des jeunes atteint 30%. Selon l’édile, la jeunesse doit pouvoir se déplacer pour décrocher un emploi, notamment pour répondre aux besoins des industries et du numérique.

Qui dit emplois, dit formation. Et sur ce volet, les trois candidats insistent sur la nécessité de mieux former les citoyens à Marseille. Franck Allisio propose ainsi une « maison des entrepreneurs et des talents » quand Martine Vassal propose des « maisons du mérite » afin de permettre aux Marseillais issus des quartiers prioritaires de la ville de s’émanciper.

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Martine Vassal et Benoît Payan.

Dégager du foncier économique

Pour continuer à se développer sur le territoire, il est nécessaire d’attirer les talents et de les former. Mais les chefs d’entreprises formulent une autre inquiétude devant les candidats : celle du manque de foncier économique. Selon l’UPE 13, 76% d’entre eux estiment que son accès restreint est un frein à leur croissance.

S’il est réélu, le maire de Marseille s’engage à mettre à disposition les nombreuses friches industrielles pour « des projets non polluants et innovants ».

Dégager du foncier économique s’accompagne aussi de la création de logements pour attirer les talents. Martine Vassal a ainsi rappelé sa volonté d’étendre la Spla-in (société publique de rénovation de logements insalubres créée au lendemain des effondrements de la rue d’Aubagne) dans le quartier de la Belle de Mai afin de profiter de la métamorphose de la gare Saint-Charles avec le chantier de la Ligne Nouvelle.

Offrir une tranquillité publique aux salariés

La question du logement est donc naturellement intervenue dans le débat, sans propositions concrètes des deux autres candidats. Cependant, les chefs d’entreprises n’ont pas dérogé à la question centrale de cette campagne : celle de la sécurité.

Tous affirment vouloir doubler, voire tripler les effectifs de police municipale, pour assurer la tranquillité publique notamment aux abords des entreprises. Les mésaventures du siège d’Orange à Saint-Mauront ont, en effet, relevé que l’insécurité pouvait encourager une société à déménager et en décourager d’autres à s’installer.

Ce volet sécuritaire ne va pas sans évoquer celui des déchets. Selon l’UPE 13, 87% des patrons estiment être impactés par la propreté et la sécurité.

La droite et l’extrême droite ont signé le pacte

Après deux heures d’échanges, Philippe Korcia revient à la barre pour rappeler aux trois candidats la méthode souhaitée par les chefs d’entreprises de prendre des engagements pour améliorer les conditions des entreprises à Marseille.

« Je vous envoie ce pacte à me retourner signé avant vendredi », affirme le patron, presque à la manière d’un maître d’école avec ses élèves. Ni une ni deux, Martine Vassal et Franck Allisio s’empressent de ratifier le pacte en direct afin de le remettre au président de l’UPE 13.

« Et vous, Benoît Payan ? », demande Philippe Korcia. « Ah, je me fais désirer », plaisante le maire sortant. Que Benoît Payan signe ou non, le président tient à « créer une gouvernance partagée » entre la mairie et le monde économique à l’issue des élections.

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