Selon nos informations, Adim Provence a enfin réussi à sécuriser son opération sur le J1 avec la participation significative du Crédit Agricole Alpes Provence. La Banque des Territoires Provence-Alpes-Côte d’Azur reste également dans le bateau. Les travaux doivent débuter cet été.
Le projet de réaménagement du J1, entre le Mucem et les Terrasses du Port, semblait prendre l’eau depuis l’annonce des lauréats en 2019. Cet ancien hangar de 28 000 m2 posé sur le port de Marseille devait en effet être rénové avant les Jeux olympiques et paralympiques d’été de 2024.
Mais la crise du Covid n’a pas épargné le projet immobilier d’Adim Provence (Vinci Immobilier), de la Banque des territoires et de l’agence d’architecte Carta – Reichen et Robert associés, avec un coût des matériaux qui s’est envolé.
Peu de temps après, un investisseur de premier plan s’était retiré du projet. Pour attirer un autre investisseur, les équipes ont donc « rationalisé » le projet chiffré à 120 millions d’euros pour le rendre viable économiquement.
Le Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM), propriétaire du foncier qui a délivré une convention d’occupation aux porteurs du projet, a accepté la modification du permis de construire en mars dernier, restant en attente d’un acteur pour sécuriser l’opération financière.
Prise en charge de 30% du projet
Selon nos informations, le Crédit agricole Alpes Provence (CAAP) est entré dans les négociations il y a quelques mois. La banque de proximité, financeur historique du port de Marseille, a accepté de soutenir le projet à hauteur de 30%.
À ses côtés, la Banque des Territoires conserve son fort engagement financier de 49%. Elle reste ainsi le principal actionnaire, sans pour autant être majoritaire. Adim Provence assurera pour sa part 21% de l’investissement.
Ce contrat a été définitivement scellé en février dernier. Cependant, les trois actionnaires n’ont pas souhaité communiquer dans la foulée afin de laisser passer les élections municipales.
Une commercialisation bien avancée
L’opération, dont la concrétisation n’était pas gagnée, est donc sécurisée. L’annonce par le GPMM du lancement des travaux cet été lors de ses vœux en janvier dernier est également confirmée. « C’est vraiment une question de semaines », acquiesce Pierrick Foury, directeur régional adjoint.
Ce dernier assure ainsi que « la commercialisation est suffisamment avancée », sans donner plus de détails. « Nous voyons un attrait des entreprises pour ce quartier connecté aux transports et à proximité de la gare Marseille Saint-Charles », assure le spécialiste. Les prix pratiqués « seront en adéquation avec le quartier », précise le banquier.
« Nous sommes convaincus que c’est un projet magnifique, témoigne le directeur régional Alexis Rouque lors de la conférence de presse annuelle des chiffres de 2025 de la Banque des Territoires. Quand il sera ouvert, tout le monde voudra s’y installer ! ».
Rappel du projet
Le grand chantier doit débuter dans les prochains mois et durer au moins deux ans pour une livraison entre 2028 et 2029. À l’extérieur, le projet dévoilera une vaste canopée où un jardin de 3 000 m2 sera aménagé. Les grilles tomberont pour que chacun profite de la rade. Au rez-de-chaussée, un espace muséal de 3 500 m2 dédié à la découverte du monde maritime ouvrira ses portes. Il est porté par la société marseillaise Imertium associée à Edeis Culture.
Un complexe hôtelier haut-de-gamme (4 étoiles) sera réparti sur 8 000 m2 entre le rez-de-chaussée et l’étage avec 196 chambres. Le nouveau projet compte ainsi 50 chambres de plus que l’ancien projet du Marriott.
Au fond du bâtiment, 3 200 m2 seront consacrés à la formation. Une école de commerce et une école de sport investiront les lieux. À l’étage, un auditorium de 1 200 m2 servira pour des formations, mais aussi pour des conférences professionnelles.
Le projet compte aussi plus de 10 000 m2 de bureaux et une enfilade de restaurants de différentes gammes. Parmi eux, on peut citer le food-court Le Populo (actuellement installé sur le quai en face) qui doit y ouvrir une antenne.